V. 2u. — Oh I qui m'arrêtera sous vos sombres asiles
Quand pourront les neuf sœurs, loin des cours et des villes, M'occuper tou' entier, et m'apprendre des cieux Les divers mouvements inconnus à nos yeux, etc.
La Fontaine ne fait que traduire ici un passage de Virgile bien connu, et que les éditeurs ont raison de citer tout entier. Avant La Fontaine Baïf faisaitles mêmes souhaits en s'inspirant aussi du poète latin :
Lors je diroy des cieux Lestournements certains, et qui cache a nos yeux La lune deffaillante et qui la montre entière, Et qui fait apparoir cornue sa lumière, Œuvres de la nature admirable en ses faits De qui j'entreprendroy rechercher les effaits.
(Baïf, Pot'S'. choisies, 200, Becq de Feuquières.)
lofi LES FABLES
LE LOUP Eï LE REXATID (XI, 6).
Dans Nicole Bozon, le récit est à peu près le même, mais non les personnages. L'affabulation diffère aussi de celle de La Fontaine, et est pour le moins aussi juste.
Le gopil dit al moton : « Amez poynt de furmage? — Nanil, » dit l'autre, « il ne me vient point de nature. — Non, » dit le gopil, « Venez od moy, e jeo vous aprendra de amer chose qe unqes ne amastez. — Et loez issint?» ditle nioton — Oyl. » fet l'autre, « en bon fey. — Ou le trouverons? «dit le moton. « Jeo vy un homme porter furmage », dit ^ n^ gopil, « près de ung fontaigne, e le homme cesta^"^ un furmage lui eschapa e chey en le fontaigne. — Et cornent le avérons? » dit le motoun. «Jeo descendray» dit le gopib « en un des boketez ». Quant le gopil fust descenduz jesqes al fond, le motoun demanda : Pur quoy demorrez tant? — Le furmage, fet l'autre est si graund q'i moy covient de aver eyde. Saillez, dit-il, al mouton, en l'autre boket ; si averoms fet •'^"d^méVutè^nt : — Veiez moy ci, fet le moton en descendant en la boket. Et le gopil vynt sus en l'autre boket mountant, e saut à terre et dit al moton en riaunt : « Est le furmage bon e savoree ? — Veire !» fet l'autre, « hony seiez vous de Dampne Dieu!
« Was itnevere my kynd
« Ghese in wellez grond to fynde «.f^)
(1) Ce n"a jamais été ma nature de trouver fromage au fond d'un puits
I)K LA KO.NTAIM-: l.")7
Piirceodit Salomon,P/'ot\ 10: « Si lui inauveis homme te prie de aver ta comi^aigiiie, veietz que vous ne assentez mye.
(Nicole Bozon, Contes mo^^alisés, 150. A. T. )
LE PAYSAN DU DANUBE (Kl, 7).
Dans la Préface des Tragiques, d'Aubigné dit de son livre:
Porte, comme au Sénat Romain L'advis et l'habit du vilain Oui vint du Danube sauvage Et monstre hideux, effronté De la façon, non de langage La malplaisante vérité.