‹ Les fables de La FontaineChapitre 76 sur 79 · LA FORÊT ET LE BUCHERON (XII · texte numérisé non relu

LA FORÊT ET LE BUCHERON (XII

Un fievere fesoyt un foiz un hasche bien trenchant ; et pur ceo qe il ne ont poynt manche prest, vynt al boys, si pria les arbrez qe lui feissent la compaignie de un manche. Touz lui dénièrent. Lors respoundy le aubespine; si lui dist que lui preist un braunche de lui. Mes si tost com cel hache fust el manche, meintenant aracea tôt le arbre près de la terre. Dont dit l'espine al hache : « De moi receustez votre honur, e ore me fêtez tiel deshonur ! » Ensynt font moutz des gentz qe tournent en mal vertuez e sens.

(Nicole Bozon, Contes moralises, 115, A. T.j

DK LA FONTAINE 1(55

LE RENARD ET LES POULETS d'iNDE (XII, 18).

V. 10. — Lui, qui n'étoit novice au métier d'assiégeant, Eut recours à son sac de ruses scélérates, Feignit vouloir gravir, se guinda sur ses pattes, Puis contrefit le mort, puis le ressuscité. Arlequin n'eût exécuté Tant de divers personnages, etc., etc.,

Ces ruses du Renard ont été naïvement décrites par le vieux trouvère Guillaume (xiii" s.), auteur du Bestiaire divvii :

Le goupil est moult artillos :

Quant il est auques famellos,

Et il ne set ou trouver proie

Por la faim qui forment l'asproie.

S'en vet a une roge terre,

La se voutre et roolle et merre,

Tant qu'il ressemble tôt senglent;

Puis se vait couchier bellement

En une pièce descouverte,

Qui est a ces oiseaux aperte...

Les euz clôt et les denz rechine ;

En itele manière engigne

Les oiseaux qui gésir le veient.

{Bestiaire divin, p. 233, Hippau).

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