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Gesammtabenteuer, II, XXXI

2. On reconnaît ici la scène amusante du fabliau dos Perdrix.

imagination du héron pris par un coq ! » — Une histoire très analogue se retrouve, sous forme indépendante, dans le fabliau des Trois femmes qui trouvèrent Vanneau ', et dans un conte petit-russien - : « Une femme, qui avait parié de jouer un bon tour à son mari, prit à la nasse dix tanches, un jour qu'il était au labourage. A midi, elle lui porta son déjeuner, et en arrivant au champ qu'il labourait, elle jeta les dix tanches à intervalles réguliers dans le sillon qu'il traçait. Le paysan reprit un sillon nouveau et trouva successivement les dix tanches, encore vives, dans le sillon qu'il venait de creuser. Après s'être étonné du prodige, il donna pourtant les poissons à sa femme, pour qu'elle les lui servît au dîner. Le soir venu, elle lui apporta son repas, mais pas de poissons. « Où sont donc mes tanches? — Quelles tanches? — Mais celles que j'ai déterrées en labourant! — Es-tu fou? où prends-tu que les tanches vivent jamais dans les sillons? » Le paysan battit sa femme, qui alla se plaindre au sotsky ^ et lui raconta comment son mari croyait avoir tiré dix tanches de son champ. Le sotsky crut le paysan fou et le fît lier, tandis que la femme allait chercher le pope qui avait coutume d'entendre la confession du bonhomme. Et tout en se confessant celui-ci lui disait : (( Petit père, crois- moi, je les ai bien déterrées! » et comme il entendait les tanches frétiller dans un seau sous le banc : « Vois, petit père, elles sont encore vivantes ! » Le prêtre le tenant de plus en plus pour fou, le malheureux rentra en lui-même et finit par dire : « Après tout, cela m'est peut-être arrivé justement! » — C'est encore ce récit, affaibli et moins intelligemment rapporté, que les Cent nouvelles et un méchant poète du xviii^ siècle associent, comme le poète allemand, au conte des Tresses *. '

Cette étude, outre qu'elle détruit l'hypothèse de l'origine

2. Rudtschenko, Sildrûssische Volksinârchen, Kiew, 1865. p. 165. Etudié parLiebrecht, Germania, t, XXI, 1886, p. 385, ss.

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