‹ Les fabliauxChapitre 112 sur 257 · O CA · texte numérisé non relu

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indienne du fabliau des Tresses, met en relief un phénomène curieux : c'est l'immutabilité des contes, lorsqu'ils passent d'un livre à un autre livre; leur puissance de transformation, au contraire, lorsqu'ils se répètent oralement.

Tout conteur livresque copie son modèle, le modifiant le moins possible, par paresse ou par indifférence. Les invraisemblances ne le choquent pas. La Fontaine, imitant Boccace, s'applique à marquer la physionomie de ses héros, à écrire de jolis vers ; les données du récit lui importent médiocrement. Pour les narrateurs lettrés, ces menues intrigues sont sacrées, comme les livres saints, car personne n'y touche. Mais on ne touche pas aux livres saints, parce qu'on les respecte trop ; on ne touche pas aux contes, parce qu'on ne les prend pas assez au sérieux pour leur faire l'honneur de modifications réfléchies. A travers les versions orales, au contraire, la vie circule : c'est que l'oubli, l'usure des épisodes et Nécessité l'ingénieuse les transforment incessamment.

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