‹ Les fabliauxChapitre 13 sur 257 · D'après les mss. A, C, d'Auberée · texte numérisé non relu

D'après les mss. A, C, d'Auberée

3. M. Pilz (p. 18) appelle fabliaux les lais d'Amours, du Conseil, de VOmhre. C'est obscurcir plutôt qu'éclaircir l'idée de fabliau. V. notre édition du Lai de l Ombre, Fribourg, 1890, p. 8. — M. G. Paris dit fort bien, Romania, VII, 410 : « Le lai d'Amors n'a aucun rapport ni avec les lais ni avec les fabliaux. » On peut en dire autant du Conseil et de l'Ombre, et de bien d'autres pièces encore.

insensibles nous mènent du fabliau au lai, de l'obscène conte de JoiKjlet au noble récit du V air palefroi.

3° Les fabliaux sont des contes à rire en vers.

Le mot désigne toujours les contes, en tant qu'ils sont parvenus à la forme littéraire, rimée par un poète. Par là, ils s'opposent aux mots conte, œuvre, fable, matière^ aventure, qui désignent le sujet brut du conte. Le fabliau est l'œuvre d'art pour laquelle la matière^ Y aventure^ etc., ont fourni les matériaux. Un poète nous le dit, entre \mgi autres : de même qu'on fait des notes les airs de musique, et des draps les chausses et les chaussons, de même

Des fables fait on les fabllaus ^.

On pourrait, dans ce vers, remplacer le mot fable par l'un quelconque des mots conte ~, aventure 2, matière ^.

1. Des fables fait on les fabliaus Et des notes les sons noviaus, Et des materes les chansons, Et des dras cauces et cauchons :

Por ce vos vuel dire et conter Un fabelet por déliter

D'une fable que jou oï...

[Vieille truande, V, 129.)

Ces vers sont reproduits par le ms. D du' fabliau du Chevalier qui faisait parler les muets, t. YI, p. 164. — Cf. ce vers : Qui que face rime ne fable...

2. Conte. De même que dit, œuvre (I, 3; V, 120), exemple (I, 17; I, 18; I, 22 ; II, 30 ; II, 35 ; IV, 102 ; IV, 107 ; V, 112, v. 117), conte est un synonyme non technique de fabliau. II signifie le récit brut :

En cest fablel n'avra plus mis ; Car atant en fine le conte.

(IV, 106.) Cf. I, 24; II, 14; II, 34; IV, 92; IV, 94; etc.. etc..

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