Le Vilain au buffet, M R, III
.. Car qui bien i voudroit entendre, Maint bon essample i porroit prendre \
Il n'y a pas, en effet, de bourde ni de trufe si indifférente qu'on n'en puisse tirer quelque leçon ; écoutons les fabliaux, pour rire d'abord, au besoin pour en profiter :
Vos qui fableaus voles oïr,.., Volentiers les devés aprendre, Les plusors por essample prendre, Et les plusors por les risées Qui de maintes genz sont amées ^.
Mais l'intention morale n'est jamais qu'accessoire. Elle ne vient que par surcroît, et les poètes y tiennent bien moins encore que ne fait La Fontaine, dans ses fables. Pour s'instruire, n'ontils pas les dits moraux, qu'ils distinguent très soigneusement des fabliaux 3? Ici, leurs visées morales sont très humbles ; ils n'ont aucune ambition réformatrice. Le principal, c'est de rire. Les fabliaux ne sont que « risée et gabet ».
Mais les sources du rire sont étrangement diverses, selon les hommes. De quoi riait-on au xm'^ siècle?