‹ Les fabliauxChapitre 170 sur 257 · Barat et Haimet, IV · texte numérisé non relu

Barat et Haimet, IV

5. Il vient de paraître à ce propos une étude fort curieuse, savante et élégante, de M. Domenico Merlini : Saggio di ricerche sulla satira contro il villano, Turin, 1894.

6. V. le développement de cette idée dans le Dit de gentillece, Jubinal, N. rec, p. 35-6.

7. Bit satirique, p. p. Ed. du Méril dans ses Poésies inédites latines, III, p. 340. Comparez l'Enseignement aux princes de Robert de Blois(P. Meyer, Romania, t. XVI, p. 37) :

Sor totes choses vos g-ardez Que jai en serf ne vos fiez...

Tous les sentiments de la littérature courtoise à leur égard se résument en ce refrain d'une pastourelle :

Ci le me foule, foule, foule, ^ Ci le me foule, le vilain K

Les choses étant ainsi, n'est-il pas curieux que, dans les fabliaux, les vilains soient à peine plus maltraités que les chevaliers? — Allons plus loin : si quelques très rares fabliaux peuvent réellement prétendre à être des satires sociales, si quelques-uns nous montrent — très vaguement — l'antagonisme des classes, n'est-il pas remarquable que le jongleur y prenne précisément parti, pour qui? pour le fort contre le faible, comme le veut l'opinion courante que nous discutons ici? non; pour le serf contre le maître.

Je cite à peine Connebert -, le Vilain au buffet 3. Mais qu'on veuille bien se rappeler Constant du Hamel *. Trois tyranneaux de village, le prévôt, le forestier du seigneur, le prêtre, convoitent la femme du vilain Constant du Hamel. Ysabeau est sage, avenante, courtoise : elle leur résiste. Tous trois complotent, après boire, de la réduire « par besoin, poverte et faim », d'(( amaigroier » la rebelle et son mari :

« Pelez de là, et je de ça !

Ainsi doit on servir vilaine ! »

Le prêtre accuse au prône Constant d'avoir épousé sa commère 5. Il le chasse de l'église et le rançonne à sept livres. — Le prévôt l'accuse d'avoir fracturé la grange du seigneur pour voler son froment; il le met aux ceps, et le rançonne à vingt livres. — Le forestier l'accuse d'avoir coupé les chênes et les hêtres du seigneur; il emmène ses bœufs, et le rançonne à cent sous de

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