TRAITS ACCESSOIRES
Sindbad.
A uberée.
a) Un joyeux compagnon, qui désirait toute femme dont il entendait louer la beauté, rencontre dans un bourg une jolie femme, et l'envoie prier d'amour. Sa requête est repoussée, et, venu lui-même, il n'a pas plus de succès.
w) Il entre alors chez une voisine, lui fait part de ses désirs, et moyennant promesse d'une bonne récompense, obtient qu'elle s'intéresse à son amour.
b) Elle envoie le jeune homme au marché ; là, il reconnaîtra le mari, à certains traits qu'elle lui décrit. Le mari est marchand :
qu'il lui achète un manteau et le lui apporte, à elle.
c) Une fois qu'elle a le manteau, elle le brûle en trois places.
to Visite de l'entremetteuse à la jeune femme.
Le surcot laissé sous un coussin.
Retour du mari qui trouve le manteau, bat et chasse sa femme.
d) Celle-ci se réfugie chez ses parents. La vieille vient l'y relancer : (( De mauvaises gens ont dû t'enchanter, lui dit-elle; viens chez moi, tu y trouveras un médecin qui te traitera avec intérêt. »
w) Rencontre des amants.
e) Le jeune homme est envoyé le lendemain matin à la boutique du mari. « Il te demandera ce qu'est devenu le manteau. Tu lui diras :
Je me suis approché du feu, des étincelles y ont fait trois trous. Je l'ai donné à raccommoder à une vieille femme ; depuis je n'ai plus revu ni la vieille ni mon manteau.
Alors le mari te dira : Va chercher la femme à (jui tu l'as donné ; je saurai bien ce qu'il faudra répondre, n
1) Long amour d'un valet pour une jeune fille. Son père ne veut pas qu'il l'épouse, parce qu'elle est pauvre. Un bourgeois veuf et riche se montre moins intéressé, et la prend pour femme. Chagrin du jeune homme, qui cherche à se rapprocher de celle qu'il aime.
w) Même scène que dans Sindhad comme le veut w. Auberée est une vieille couturière.
m) Auberée prend simplement le surcot que porte le jeune homme.
n) Auberée pique une aiguillée de fil dans le surcot, et y laisse son dé à coudre.
a>) Visite de l'entremetteuse à la jeune femme. (Les détails de la scène diffèrent de ceux du Sindbad.)
Retour du mari, qui trouve le surcot et chasse sa femme.
o) Auberée recueille la jeune femme dès sa sortie de la maison, et la détermine à prendre asile chez elle, où elle sera cachée, jusqu'à ce que tombe la colère du mari.
(ii) Rencontre des amants.
p) Episode de l'abbaye de Saint- Corneille (v. ci-dessus, p. 355).
1) Ainsi fait; la vieille, appelée, q) Cris que pousse dans la rue
dit au mari : « Sauve-moi de cet Auberée.
homme. Il m'a donné un manteau Le mari accourt au bruit. Elle
à raccommoder. J'ai causé avec ta explique comme elle a perdu un
femme, et je ne sais plus ce que j'en surcot, qu'un jeune homme lui
ai fait. » avait donné pour être réparé. Elle
l'a perdu, avec son dé et son
aiguille.
g) Le mari donne de riches pré- r) Joie du mari qui retrouve en
sents à sa femme, qui est retournée effet l'aiguille et le dé attachés au
chez ses parents et qui ne consent surcot. qu'à grand'peine à une réconciliation.
Ici encore, tous les traits accessoires, tous les épisodes d'explication ou de pur ornement diffèrent. Lesquels sont logiquement les primitifs? Il est impossible de le décider, car ils sont, dans l'une et l'autre version, merveilleusement bien combinés et agencés. Par un détail pourtant, la forme française paraît supérieure : comparez, en effet, l'épisode b du Sindhad à son correspondant m du fabliau. Dans toutes les versions orientales, le mari est un marchand d'étoffes, chez qui le jeune homme a fait emplette de son manteau. Cette invention maladroite frappe tout le conte d'une certaine invraisemblance. Il est inadmissible, en effet, que, quelques heures après, le marchand rentrant chez lui ne reconnaisse pas le vêtement dont il vient de vanter l'excellence à son client; il est étrange que, le lendemain, reconnaissant l'acheteur au marché, il lui demande placidement des nouvelles de son manteau, au lieu de prendre le galant à la gorge. L'entremetteuse a été bien imprudente de mettre ainsi deux fois en présence le mari et l'amant. Si le mari ne s'aperçoit pas que c'est un coup prémédité, s'il ne conçoit aucun soupçon quand il trouve dans sa boutique l'acheteur de la veille, juste à point pour lui raconter l'histoire du manteau brûlé, c'est qu'il n'est pas bien fin. La vieille du conte syriaque est donc moins adroite qu' Auberée, qui emploie un manteau quelconque, que le mari n'a jamais vu, et qui se garde bien de jamais mettre en face l'un de l'autre le jaloux et l'amant. Ainsi, la forme orientale est légèrement défigurée, et si l'une des deux versions peut prétendre au préjudice de l'antériorité logique, c'est le fabliau. Si l'on veut pourtant considérer les deux rédactions
ôômme équivalentes, il reste qu'on ne peut rien savoir de leur rapport, puisqu'elles s'expriment par deux formules non comparables :
La forme orientale par bi -{- a, b, c, d, e, f, g, h
La forme française par w + /, m, ;i, o, p, q, r, s
E. Le lai d'Aristote (V, 137). Pour les divers rapprochements, voyez les notes deVonder Hagen, Gesammiabenteuer, Aristoteles und Phyllis^ t. I, V; Benfey, Pantchatantra, § 187, p. 461-2. Il existe un récit apparenté, qui se trouve dans les Hieronymi Morlini Novellae, etc. Paris, 1855, p. 158, ss., nov. 81. Dans une sorte de roman à tiroirs, où une pierre précieuse doit être départie à la femme qui aura subi au cours de sa vie galante la plus cruelle humiliation, trois femmes racontent chacune une aventure (la Statue, la Femme chevauchée, la Tir/e d^ovjnon). La seconde de ces histoires est une contre-partie du lai d^Aristote. Voyez encore la Ger mania ^ I, 258, ou F. Liebrecht ajoute une variante espagnole. — M. Héron, dans son édition de Henri d'Andeli, a réuni quelques variantes plus modernes, du xviii^ ou du xix^ siècle. — On sait que, dans plusieurs contes du moyen âge, on voit de même Aristote veiller sur les amours d'Alexandre. Voyez les Gesta Bomanorum^ éd. OEsterley, n*^^ 31, 34, 37, etc., et cf. M. Héron, La légende d'Aristote et d'Alexandre^ Rouen, 1892. Pour le plus curieux de ces récits, celui du baiser empoisonné, v. Gesammtab . I, p. LXXX, Landau, Quellen des Dekamerone, p. 228, et le beau mémoire de M. W^ilhelm Hertz, die Sage vom Giftmadchen, Munich, 1893.
Plusieurs écrivains du moyen âge ont fait à notre conte des allusions qui ont été recueillies. Aux rapprochements de mes devanciers, j'ajoute ce jeu-parti d'Adam de la Halle et de Sire Jean Bretel [Adam, éd. Goussemaker, p, 165) : « Aristote a été chevauché par son amie, qui l'en a mal récompensé. Voudriezvous être accoutré comme lui, pourvu que votre dame vous tienne parole ? »
Notre fabliau a eu l'honneur de représentations figurées de toutes sortes, du xiii<^ au xvi^ siècle, au portail de la cathédrale de Rouen, à la façade de l'église primatiale de Saint- Jean à Lyon, sur un chapiteau de l'église Saint-Pierre à Gaen, sur la miséricorde d'une stalle de la cathédrale de Rouen, sur l'un
des pilastres de la chapelle épiscopale du château de Gaillon ; il a été sculpté en bas-relief sur ivoire (Montfaucon, U Antiquité expliquée^ t. III, p. I, pi. GXCIV), en aquamaniles (cf. Gaj Glossaire archéologique^ s. v. aquamanile) ; il a été peint par Spranger et gravé par Sadeler.
Toutes ces œuvres d'art ont été soigneusement étudiées, depuis Daly [Revue gén. d^archit., 1840, col. 393) et de Guilhermy [Annales archéologiques de Didron, t. II, 1847, p. 145) jusqu'aux travaux récents de MM. Gasté (Un chapiteau de V église Saint-Pierre de Caen, Caen, 1887), et A. Héron [Une représentation figurée du lai d^Aristote, Rouen, 1891). M. Gasté me signale encore une peinture sur verre du Musée germanique de Nuremberg, sur laquelle v. une communication de M. Gaidoz dans le Bulletin de la Société des Antiquaires, 1888, p. 230.
Ajoutons à ces remarques que nombre de livres du xvi^ siècle portent au frontispice des gravures représentant le lai d'Aristote. Je signale, par exemple, Henrici Glareali de Geographia liber unus^ imprimé à Fribourg en Brisgau, en 1522, où l'on voit, sur le même bois, à gauche Virgile à la corbeille, à droite une scène que je n'ai pas su identifier, en bas Aristote sellé et chevauché.
F. Les Trois aveugles de Compiègne (I, 4). — Il y a ici contamination de deux contes distincts : pour le premier (les aveugles dupés), voyez Gonnella*, Bouchet*, Imbert [Hist. Litt., t. XXIII, p. 140). — Schimpf und Ernst^ éd. OEsterley, XII hlinden verzarten XII guldin, n^ 646, et les renvois à Pitre, à TUylen- Spiegel, à Hans Sachs, à Sacchetti. — Ajoutez une nouvelle de Girolamo Sozzini, dans les Novelle di autori senesi^ Londres, 1798, t. II, p. 271, et les deux Aveugles àains les Contes en vers Ipar M. Bretin], p. 109.
Pour le second conte (l'aubergiste dupé), voyez, outre V Histoire littéraire [i.WWl, p. 140, Repues franches, Eulenspiegel, d'Ouville), Dunlop-Liebrecht, Geschichte der Prosa-dichtung, p. 284. — L'idée des Repues franches (v. ce texte p. p. A. Longnon, Œuvres complètes de François Villon^ 1892, pp. LIII-LIV) a été reprise dans la Farce du Nouveau Pathelin, p. p. Génin. — Hieronymi Morlini novellae^ éd. de la bibl. elzévirienne^ 1855, nov. XIII, p. 29, De hispano qui decepit rusticum.. — Straparola,
Piacevoli notti, XIII, 2; cf, Giuseppe Rua, Intorno aile « piaccvoli notti », p. 103-4. — Liebrecht, Beitrage zur Novcllenkunde, Germania, I, 269. — Braga, Contas tradicionaes do Povo Portuguez, 11° 179 [a venda das gallinhas) qui donne de nombreux renvois, notamment à Bebelius*, II, 126. — Ajoutez enfin les Nouv. contes à rire ou i^écréations françaises, Amsterdam, 1741, p. 313.
G. Barat et Haimet (IV, 97). — Ce conte, qui rappelle d'une façon générale les bons tours joués à Galandrino par les peintres, ses confrères [Décaméron, Journ. 8, nouv. 3, 6, etc.), paraît avoir eu grand succès au xiii^ siècle, puisque les noms des personnages du fabliau, Barat, Haimet, Travers, étaient devenus ceux de voleurs célèbres, comme Cartouche ou Mandrin. V. le roman à' Eustache le Moine ^ éd. F. Michel, v. 298 :
Travers, ne Baras, ne Haimés Ne sorent onques tant d'abés.
La première partie de notre conte (les œufs de pie volés et les braies enlevées au voleur) se retrouve dans un récit p. p. Eugen Prim et Albert Socin [der neu-aramàische Dialekt^ Gôttingen, 1881, n'' XLII, p. 170), oîi l'on raconte, assez maladroitement d'ailleurs, les exploits du petit Ajif, neveu d'un voleur illustre. Ce récit sert d'introduction à l'histoire du trésor de Rhampsinit. — La deuxième 23artie (visite de deux voleurs à un ancien voleur marié et retiré, et a^oI d'une pièce de lard successivement reconquise et reperdue) est racontée dans les Contes Albanais, recueillis par Aug. Dozon, Paris, Leroux, 1881, n** XXI, Mosko et Tosco, p. 163. — Les deux parties (nid d'épervier, sac d'une maison où l'on pénètre par le toit) se rejoignent, comme dans notre fabliau, mais non sans de nombreuses modifications, dans un conte kabyle [Contes populaires de la Kabylie du Djurdjura, recueillis et traduits par J. Rivière, Paris, 1882, p. 13). Ici encore, ce conte sert de préface k Rhampsinit .
IL Berengier (III, 86, IV, 93). — Comparez die verrâtherische Trompeté, XVI 11"^ Erzahlung des Siddhi-Kûr, dans les Mongolische Màrchen p.p. le D'" B. Jiilg, 1868, p. 23; ou la traduction française du texte de Jiilg dans la Fleur lascive orientale, Oxford, 1882, p. I. Ce conte a été étudié de très près par Liebrecht et
Benfey dans la Revue Orient und Occident^ t. I, p. 11(), ss. J'ajoute à leurs rapprochements que la forme de Bonaventure Despériers se retrouve dans Roger Bontemps en belle humeur^ Cologne, 1708, t. II, p. 63. — La deuxième partie de la nouvelle publiée dans les Rpu-KTaoïa, I, XXIV, reproduit aussi le fabliau de Berengier. Cf. les renvois fournis par les KpuTrxaBia, t. IV, p. 196. — C'est, comme on voit, un des rares fabliaux qui se retrouvent sous forme orientale. Je me permets de renvoyer le lecteur au travail ci-dessus indiqué de Liebrecht et de Benfey : il lui sera facile de constater que le fabliau et le conte mogol, tout comme les autres contes conservés sous forme orientale, n'ont en commun que leurs seuls traits organiques ; ils ne sont donc pas comparables. Je prie le lecteur de tenter lui-même cette comparaison ou de m'en croire sur parole. Il ne sied pas que je donne ici la preuve de mon affirmation ; il ne sied pas qu'il mêla demande.
I. BoiviN DE Provins (V, 116). — Dunlop (v. Dunlop-Liebrecht, p. 223) a imaginé de rapprocher ce fabliau de la nov. 5, journée II du Décaméron. Landau [Quellen^ p. 123) a adopté cette opinion. Il n'y a aucun rapport entre le jongleur Boivin, qui est le dupeur, et le maquignon Andreuccio, qui est le dupé.
J. Les Trois Bossus ménestrels (I, 22). — Voyez notre étude sur ce conte, au chapitre VIL
K. Le Boucher d'Abbeville (III, 84). — On a comparé (du Méril, Hist. de la poésie Scandinave^ p. 335, cf. de Montaiglon et Raynaud, notes de leur édition) ce fabliau avec le conte de La Fontaine « A femme avare, galant escroc », tiré de Boccace, Décam.^ VIII, 1. Bartoli [Litteratura italiana, 584) a montré combien ce rapprochement est vague et vam.
L. La Bourgeoise d'Orléans (I, 17). — Il existe un petit cycle de contes qu'on peut réunir sous ce titre : le Mari trompé^ battu et content. Mais ce groupe est composé d'au moins trois récits distincts, indépendants les uns des autres, qu'on rapproche indûment de la Bourgeoise d'Orléans. Séparons ici ce qui a été si souvent confondu.
I. Le mari prend le costume de l'amant. La Bourgeoise d^ Orléans (MR, I, 17). — Le Chevalier, la dame et un clerc (MR, II, 50). — Le Castia Gilos (Raynouard, Choix de poésies des trou-
BKniK.n. — Les Fabliaux 29
hadours. ni,p. 398). — Gesammtabenteuer ^ II, XXVII, Vrouwen staetikeit.
II. Le mari prend le costume de sa femme; il est rossé par l'amant. — Décaméron^ Journée VII, nov. 7. — La Fontaine a imité Boccace très exactement, sauf pour quelques épisodes invraisemblables qu'il a modifiés (l'amant devient fauconnier;
— la scène de la chambre conjugale est supprimée). — Erzàhlungen aus altdeutscheii Hss.^ gcsammelt diirch Adalhert von Keller^ Stuttgart^ Bibliothek des lifer. Vereins, t. 35, p. 289, von dem Schryber; cf. quelques références de Liebrecht, Germania, I, 261. — Ser Giovanni Fiorentino*, il Pecorone, g, III, nov. 2^ ; — Roger Bontemps en belle humeur^ Cologne, 1708, p. 6i-5 ;
— Nouveaux contes à rire ou récréations françoises, Amsterdam, 1741, p. 184 (copié de Roger Bontemps ou d'un modèle commun). — Contes à rire et aventures plaisantes^ éd. Chassang, Paris, 1881, p. m. — Uhland, Volkslieder, der Schreiber im Garten. — Kp'j7:Taoia, t. I, Contes secrets russes^ 77.
III. Le poulailler. — Retour imprévu d'un mari, à qui sa femme persuade qu'il est poursuivi par des sbires ; elle le cache dans un poulailler, où, disent les Cent nouvelles nouvelles, il passe la nuit à a roucouler avec les coulombs ». — La farce du pigeonnier. — Cent nouvelles nouvelles, 88^. — H. Estienne, Apologie pour Hérodote, éd. Ristelhuber, t. I, p. 27o. — Pogge, Facetiae^ éd. Isidore Liseux, t. I,p. 28, 1878. — Lodovico Domenichi, Detti e fatti di diversi signori e persone private. ..in Fiorenza, 1562, p. 148. L'Italien de Domenichi reproduit exactement le latin de Pogge. — Bandello*^ nov. 25.
Voyez différentes variantes que je n'ai pu contrôler énumérées dans les Gesammt., II, XIV, et dans les KpuTUTdcBia, t. IV, p. 250.
Il a paru récemment sur cette nouvelle une excellente monographie de M. W. Henry Schofîeld, The source and history of the seventh novel of the seventh day in the Decameron, dans les Harvard studies and notes in philology and literature, II, 1893. La liste de références de l'auteur est sensiblement plus riche que celle qui précède ; les plus importantes de ces additions sont un épisode du roman de Baudouin de Sebourg et un trait légendaire de la vie de l'empereur Henri IV rapporté dans le de Bello saxonico, chap. 6-7, et répété postérieurement, non sans modifications curieuses, par différents chroniqueurs.
M. La Bourse pleine de sens (III, 67). — Un trait analogue dans le Comte Lucanor, trad. de Puybusque, exemple XXXVI, p. 376, sqq., où un marchand achète pour un maravédis de prudence. — Comparez à notre conte le Liedersaal de Lassberg, von den freundinnen^ où le mari, qui a deux maîtresses, achète pour « ain pfenning wert witzen » ; voir dans les Gesammtabenteuer (II, XXXV) le poème de Hermann Pressant, Ehefrau und Bulerin^ et les rapprochements divers de von der Hagen. V. aussi Germania*, XXXIII, p. 263, — On peut rapprocher encore un conte kamaonien où une femme demande à son mari de lui rapporter de voyage « le mauvais du bon et le bon du mauvais ». Bomania, Cosquin, t. X, p. 545. Cf. EmjUsche Studien\ 1883, p. 111-25 (Kôlbing", a peniworth of white).
N. Les Braies au Cordelier (III, 88 ; VI, 155). Rapprochez le conte, assez différent d'ailleurs, de Philetaerus et Myrmex dans les Métamorphoses d'Apulée, IX, 17-20, éd. Eyssenhardt, Berlin, 1869. — V. les rapprochements nombreux avec Sacchetti*, Sabadino*, Pogge, Morlino*, YOrlando innamorato, V Apologie pour Hérodote, etc., dans la Geschichte der Prosadichtung de Dunlop-Liebrecht, n"^207 et 333. — J'ajoute à cette liste les références que voici : les données du fabliau sont reproduites dans la farce de Frère Giiillehert, très bonne et fort joyeuse (épithètes qui, par exception, sont méritées), dans V Ancien théâtre françois de Viollet-le-Duc, t. I, p. 305, ss. — V. Les Comptes du inonde adventureux^ P- P- Félix Franck, 1878, compte XXVIil (traduit de Masuccio, nov. III). — Le caleçon apothéose, dans le Singe de La jPo/i^ame, Florence, 1773, t. I, p. 54. — La Culotte de saint Raimond de Pennafort, dans les Contes à rire... par le citoyen Collier, commandant des croisades du Bas-Rhin, nouvelle édition par le chevalier de Katrix, Bruxelles, 1881, p. 3.
0. Brifaut (IV, 183). — Le fabliau est reproduit dans presque tous ses accidents par les Nouv. contes à rire ou récréations françoises, Amsterdam, 1741, p. 328; D'un qui déroba une pièce de toile. Comparez la facétie du curé Arlotto qui dérobe, avec la même astuce que le voleur du fabliau, quatre tanches appartenant à un Siennois [Contes et facéties d^ Arlotto de Florence., éd. Ristelhuber, Paris, 1877, p. 7).
P. Brunain (I, 10). — Etienne de Bourbon^ éd. Lecoy de la
Marche, n« 143. — Arlotto de Florence, éd. Ristelhuber, p. 104, n° LXXV. — Le même conte, assez défiguré, dans V Amphibologie ou V Ecriture sainte prise à la lettre, Contes érotico-philosophiques de Beaufort d'Auberval, 1818, réimpression de 1882, Bruxelles, p. 201. — Cf. les KpjTTTaoïa, I, XLIX et les notes, t. IV, p. 221.
Q. Celui qui bouta la pierre (IV, 102, et VI, 152). — Gesammtabenteuer, Berchta mit der langen nase. V. les notes de l'éditeur, III, LIV. — Wendunmuth, III, 213, Von eines procuratoris geilen hausfraiven et les très nombreux rapprochements indiqués par l'éditeur (Bandello, Malespini, d'Ouville, Nouv. contes en vers, etc.). J'ajoute à cette longue liste ces quelques variantes qui paraissent dépendre toutes de la 23^ des Cent nouvelles nouvelles : Roger Bojitemps en belle humeur, t. II, p. 100. — Le Singe de La Fontaine, I, p. 165. — Contes nouv. et plaisants par une société, W partie, p. 2. — Nouv. contes à rire ou récréât, françaises, t. II, p. 267. — V. aussi des remarques de Dunlop- Liebrecht (note 317).
R. Les deux Changeurs (I, 23). On a souvent comparé la première partie de notre fabliau avec la première des Cent nouvelles nouvelles (v. les rapprochements de Dunlop avec Ser Giovanni*, 11,2; Bandello*, I, 3; Straparole, II, 10, nuit II, fable II, dans la traduction de Larivey, éd. Jannet). Comparez G. Rua, Intorno aile (( piacevoli notti » dello Straparola, Turin, 1890, p. 50. — Mais je ne connais pas de conte qui renouvelle, avec une suffisante ressemblance, la double épreuve du fabliau.
S. Charlot LE Juif (III, 83). — On a plutôt affaire ici à une répugnante imagination de Rutebeuf qu'à un conte traditionnel; aussi ce fabliau ne se retrouve-t-il point dans les littératures orales, et c'est à tort que l'annotateur des Kpjziicioi. (t. IV, p. 250) en rapproche un conte russe qui ne lui ressemble nullement. — Sur Chariot le Juif, v. la Desputoison de Challot et du Barbier de Melëun [Rutebeuf, éd. Kressner, p. 99).
T. Le Chevalier au chainse (III, 71). — Voyez ci-dessus, chapitre IX.
U. Le Chevalier a la corbeille (II, 47). — C'est à tort que l'on rapproche d'ordinaire ce conte de Virgile à la corbeille (voir
Domenico Comparetti, Virgilio nel medio evo, et Gesammtabenteuer, II, p. 509; t. III, LV). Mais notre fabliau reparaît, avec ses traits essentiels, d'Ans V Apologie pour Hérodote^ éd. Ristelhuber, I, 282.