Mélusine, t. III, col
son absence pour couper les têtes du dragon abattu. Il les présente au roi, se fait passer pour le vainqueur, est sur le point d'épouser la princesse, quand revient le héros. Il montre les sept langues et confond son rival.
Ce thème reparaît dans toutes les collections européennes \ voire chez les Indiens des Etats-Unis où on l'a trouvé et noté en langue dhegiha '^.
Or, d'après Pausanias (I, 41, 4), « le roi de Mégare avait promis sa fille en mariage à celui qui délivrerait le pays d'un lion qui le ravageait. Alcathus, fils de Pélops, tua le monstre. Après quoi, suivant le scoliaste d'Apollonius de Rhodes, il lui coupa la langue et la mit dans sa gibecière. Aussi les gens qui avaient été envoyés pour combattre le lion s 'étant attribué cet exploit, Alcathus n'eut pas de peine à les convaincre d'imposture. »
M. Gaidoz, dans une très remarquable étude des éléments de ce conte, ajoute ces remarques, où transparaît son vigoureux et clair bon sens : « Pour vous, lecteur, n'est-ce pas? comme pour moi, c'est la version du conte la plus ancienne de la famille, plus ancienne par sa date que tous les contes sanscrits qu'on puisse produire. Il nous semble même, d'après les similaires réunis par M. Cosquin, quil ny a pas de conte sanscrit de ce type. Gela n'empêche pas M. Cosquin de penser que ce conte vient de l'Inde, comme tous les autres. Il est tellement possédé de la théorie de MM. Benfey et G. Paris que les contes sont venus de l'Inde au moyen âge et qu'avant cette date il n'y avait pas de contes en Europe, qu'il écrit ces lignes sans s'apercevoir que c'est un conte, et la plus ancienne version de cette famille de contes ^. »
De même dans le conte du Fils du Pêcheur le héros tue la bête à sept têtes et délivre la fille du roi, comme Persée tue le monstre marin et délivre Andromède, fille du roi d'Ethiopie. Les deux légendes concordent en leurs traits essentiels. Mais le même