‹ Les fabliauxChapitre 59 sur 257 · Mélusine, III, col · texte numérisé non relu

Mélusine, III, col

3. Mélusine, III, col. 303. — Voir aussi, pour la bibliographie du conte, une longue note, où Rohde [der griech . Roman, p. 47) cite le même texte d'Apollodore qu'indépendamment de lui M. Gaidoz a noté.

récit que M. Cosquin appelle un conte lorsqu'il le note chez les Avares du Caucase ou chez les Japonais, n'en est plus un s'il est rapporté, non par un conteur indien, mais par Apollodore ^ C'est un mythe, et non un conte! Voilà un précieux tarte à la crèmel

On connaît le beau lai de Marie de France, Eliduc : dans la chapelle d'un ermite, Guilliadon dort, comme la Belle au bois dormant, depuis des jours, un sommeil surnaturel, semblable à la mort. Tandis que sa rivale Guildeluec, veille auprès de son corps inanimé, une belette traverse soudain la chapelle, et son écuyer l'abat d'un coup de bâton. Mais, quelques instants après, la femelle vient, portant une fleur vermeille, et la pose entre les dents de la bête tuée, qui se ranime aussitôt. Guildeluec prend la fleur magique et la pose entre les dents de la belle endormie. Elle soupire, ouvre les yeux : « Dieu! faitelle, comme j'ai dormi! »

Comparez Apollodore ^ : (( Le jeune Glaucos est mort. Polyidos, fils de Céranos, s'enferme avec le petit cadavre. Il voit soudain un serpent s'approcher du inort et le tue d'un coup de pierre. Mais voici qu'un autre serpent survient, qui porte une herbe; il la dépose sur le corps de la bête tuée, et la rappelle ainsi à la vie. Polyidos approche la même herbe du corps de Glaucos et le ranime aussi. »

La légende de Glaucos avait déjà été poétisée par Pindare et par Eschyle, dans son FXauxoç llovTioç. Une ancienne légende lydienne nous disait aussi que, grâce au même sortilège, Tylo avait été ressuscité par sa sœur Moriè. M. Rhode ^ cite une quinzaine de parallèles anciens et modernes de ce conte, et R. Kœhler, avec son extraordinaire érudition, énumère encore un grand nombre de légendes similaires ^.

Il ne serait pas malaisé de multiplier ces comparaisons.

1. Cosquin, Contes de Lorraine, I, 60, 78. Voir la collection des Griechische Màrchen de Schraidt, 1877, no 23 et p. 236.

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