Mena^'iana, tome I, p. ,3G
nocet. carnnics in/icit. » Erasme faisait allusion à cet ouvrage lorsqu'il a dit : « Po^^ius, rahtila adeo indoctus, ut etituusi i'cicaret ohscenitate, tainen indigniis cssei qui legeretiir; adeo nuteiii ohsccnus, ut ctianisi doctissimus fuisset, tnmen ossel a bonis viris rcjiciendus. » Remarquons ici. par occasion, qu'Erasme s'est contredit sur le chapitre de Pogge; car après en avoir parlé comme d'un ignoi-ant, il en parle ailleurs tout autrement. Dans une lettre à Cornélius Goudanus, il le traite de « c/r nec inelegans nec indoctus », et dans une autre au même il dit : « (Juid.Knca Sylvie, qtiid Augustino Dato, quid Guarino, qiiid Poggio, quid Gasparino cloqucntius? » Le bon ermite Jacques-Philippe de Bergame (supp. Chron. ad ann. 1417) a jugé plus favorablement de ces contes, auxquels il donne l'épithète de « pulcherriinus liber. » Cela n'a pas empêché que le Concile de Trente n'ait mis cet ouvrage dans V Indice e.i-purgatoire. »
Au reste, ou a fait des éditions sans nombre de ces contes, qu'on a souvent joints à ceux de Henri Bebel, de Nicodème Frischlin. d'Alphonse, roi d'Aragon, etc. On les a aussi traduits en diverses langues.
Voilà les ouvrages contenus dans le volume in-folio. Mais il en a fait beaucoup d'autres qui n'y sont pas l'enfermés, et que je vais coter après M. Recanati. Il a fait V Oraison funi'bre de son ami Léonard Arétin, mort à Florence en 1443. M. Baluze publia le premier cette pièce, dans le troisième volume de ses Miscellanca. M. Bayle semble ne l'avoir pas connue, puisqu'il n'en fait aucune mention dans son Dictionnaire à l'article de Léonard Arétin, elle aurait néanmoins pu lui servir à perfectionner cet article.
r)iitre cela, Pugge a composé un Dialogue contre les lli/pocrites, (juelques livres sur la situation des Indes et sur le dei'oir des Princes, une Harangue contre les Médisans, une Dissertation dans laquelle il examine si un vieillard doit se marier. Joignez à cela un Traité des por-
traits des honiinos illustres de la famille des Bondelmonte, et quelques écrits contre le Concile de Bàle; mais ces deux derniers ouvrages, qui n'ont jamais vu le jour, se sont perdus.
Il a traduit du grec de Xéuoplion, la Vie de Ci/rus, et cinq livres de Diodore de Sicile, par l'ordre du Pape Nicolas V, dont il était secrétaire, et il la lui dédia; dans celte dédicaie, il dit avoir traduit à sa prière la Vie de Cl/rus. du grec <le Xénophon.
Enfin, l'ouvrage le plus considérable que Pogge composa est VHistoire de Florence, écrite en latin. Son fils, Jacques, s'avisa, je ne sais pounjuoi, de garder l'original par devers lui et d'en publier une traduction italienne de sa facMin. Elle parut j)0ur lu première fois à Venise, en 1476, in-folio, ensuite on la réimprima dans la même forme à Florence, en 1494, et enfin les Giunti en donnèrent une édition plus correcte dans 'la même ville, en 1598, in-'i^). Ce n'a été qu'en 1715, que V Histoire latine de Pogge a vu le jour sous ce titre : Poggii Historin Florentimi nunr primuin édita, notisqne et Auctoris i'ita illustrata ab Jo. Baptista Recanato, Patritin Veneto. Acadeniico Florentine. Venetiis, 1715, in-4". Je n'entrerai point dans le détail de cette histoire; je me contente de dire que Pogge a écrit en très beau style, dans huit livres, ce qui s'est passé à Florence depuis i:J50 jus{|u"à l'année 1455. Les notes de l'éditeur qui servent à éclaircir, quelquefois même à corriger le texte, sont curieuses. Au reste, personne n'ignore qu'on a accusé notre historien d'avoir trop favorisé ses concitoyens contre la vérité de l'histoire, et qu'à cette occasion Sannazar lui reprocha, par une ingénieuse épigramme, qu'en louant sa patrie, et qu'en blâmant l'ennemi, il s'était montré bon citoyen, mais mauvais historien, a Dum Patriam laudat, damnât dum Pogguis Hostcm, Xec malus est Civis, ncc bonus Historiens. » Pogge a fait quelques vers. C'est Paul Jove qui me l'apprend dans l'Eloge de Manuel Chrysoloras. Il dit que
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ce savant étant mort à Constance, Pogge lui dressa cette épitaphe :
Hic est EmmaiiHcl sitits, Sennoiiis dcctis Atlici.
Qui, (ium (jud'i-cn' opem Patriu Affecta' stude, hue Ut, Res belle cecidil tuis lotis, Ilalia : hic tibi Linguœ rcstitnit decus Alticir, ante rcco)idit<v.
Res belle cecidit luis.
Votis E)ii)na)niel : solo Co7tseciiltis in Italo .Etenium decus es tibi Quale Griecia non dédit Ik'llo perdiln Grœcia.
J'ai lu encore, dans une lettre de Cornélius Goudanus à Erasme, une Epigramme contre Laurent Valla, (jue Cornélius attribue à Pogge. On y dit que depuis que Valla est allé aux Enfers, Plulon n'ose plus p;irler latin et que Jupiter aurait donné à ce critique une place dans les cieux, s'il n'eût craint sa langue. On ne saurait mieux exprimer l'humeur mordante d'un Grammairien : « In Laurcntium inxeJiilur Pog'^ius lali tetrasticlio :
Infcrnus postquam dcfuclus Yalta peliiit, Non andet Pluto vo'ba lalina lotjui.
Jupiter hune superis diiptatus lio)iore fuissel ; Crnsovem linfpitr sed timet ipse su(r.
Trithènie rapporte ces mêmes vers dans son traité De Scrlptoribus Ecclesiasticis, mais il ne dit pas (jiie Pogge en soit l'auteur.