‹ Les Facéties de Pogge FlorentinChapitre 118 sur 169 · COUPLETS · texte numérisé non relu

COUPLETS

Atr de Jocotide.

Jeanne et Jean disputaient tous deux

De leur vigueur extrême Jean dit : — Je suis plus vigoureux.

Jeanne dit : — C'est moi-même.

Leur procès fut trouvé fort beau;

On fit une assemblée.

Qui décida que le fourreau

Valait mieux que l'épée.

Le débat de Jeanne et de Jean

Fut trouvé raisonnable.

Mjis on rendit un jugement

Tout à fait éiiuitable.

Qui le blâmerait de nos jours,

Ne serait qu'une bête, Car Jean ne le peut pas toujours

Et Jeanne est toujours prête.

Les M unes en belle humeur, p. 9

LV (page 77) L'ANE RETROUVÉ

CONTE

Lucas à pied menait à son village Six ânes, qu'à la foire il venait d'acheter. Quand il eut bien marché, fatigué du voyage, Sur l'un des animaux, il crut devoir monter.

Mais, quelle fut sa surprise et sa peine De voir devant ses yeux cinq baudets seulement,

Au lieu de la demi-douzaine, Qu'en partant il avait sous son commandementi

Trois fois le compte il recommence; Et toujours oubliant l'âne qu'il a sous lui.

Trois fois de son mortel ennui.

Il sent croître la violence.

En sanglotant, le rusé villageois i.elourne sur ses pas ; il court de droite à gauche,

Pendant quatre heures il chevauche Par monts, par vaux et jusqu'au fond des bois.

Après s'être vainement mis à la torture. Il regagne enfin sa maison; Et sans descendre du grison,

A sa femme il déduit sa piteuse aventure.

a Calme-toi, pauvre sot, lui dit-elle tout net;

Tu n'en comptes que cinq, et moi j'en trouve sept.»

Haruuin.

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