‹ Les Facéties de Pogge FlorentinChapitre 122 sur 169 · MEME SUJET · texte numérisé non relu

MEME SUJET

Un bon vieux biberon ayant un jour traiter A trois grands médecins, du vrai moyen d'ôter La fi('vre d'une soif qui le rendait tout blême Messieurs, le leur dit-il, prenez tant seulement Le souci de m'ôter la fièsre protnptement. Car je me saurai bien ôter la soif moi-même.

CXCI (page 241) LES BONNETS

CONTE

Aux pieds d'un confesseur un ribaud pénitent

Développait sa conscience.

Pt're, lui disait-il, je viens bien repentant

Vous faire l'bumble confidence, Oue la chair fut toujours mon péché dominant Tant pis, dit le Pater, mais enfin, mon enfant,

Le tems, grâce à la providence,

Met fin à la concupiscence.

Voyons à quel excès vous vous êtes porté. Par le dérèglement trop longtemps emporté. X'êtes-vous pas contrit? — Si je le suis mon Père? Ah! je ne puis assez gémir de ma misère! Allons, tels sentiments montrent un vrai retour. Parlez-doni:, dites-moi vos fautes sans détour. Et n'oubliez surtout aucune circonstance. La façon de pécher décide de l'offense. Continuez — hélas I mon Père, une Beauté Que le hazard m'offrit, et dont je fus tenté Me fit perdre en un jour toute mon innocence Je l'aimai, je la vis avec toute licence. Et l'amour dans ses bras, au fond d'un cabinet... Je vous entends... son nom ?... — On l'appelle Botmetliouitcl^ je la Connais; comment donc? adultère?

Ah! mon ûls redoutez la céleste colère! Mais, voyons... Que devint ce commerce odieux? — Mon père il fut suivi d'un plus délicieux. Une tendre lionnct, tendre, vive, gentille... — Oh! oh! voici bien pis. Quoi! la mère et la fille! — Cette joune Beauté, source de mes plaisirs Devint bientôt pour moi l'idole de mes désirs... Ah ! quel désordre alTreux!... l'inceste!... l'adultère — Mon Père suspendez votre juste colère. Je ne viens point ici pour prôner mes vertus, Et tout ce que j'ai dit n'est encore que bibus. • Appro ;cz que Bonnet, chef de cette famille, Succéda dans mon lit, à sa femme, à sa fille, — Et que son fils enfin y prit place à son tour Que j'eus pour ce dernier le plus ardent amour — Méchant! n'achève pas, dit le Prêtre en furie, Je ne veux plus entendre une telle infamie, Et puisque tout liointet doit être ta catin, Tiens, Bourreau, prend le mien, et remplis ton destin.

La Chaussée

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