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LES FACÉTIES DE ITKWIE

En cesle Facécie sont repriiis ceux qui ne sont jamais assouvis, mais tant plus ont de biens et plus en désirent ainsi que la jeune fille, qui tant esloit bien foui-nyc cl pourvene de inarv ayant si bel instrument que merveilles et plus que tous les aultres hommes, toutesfoys n'estailelle point contente et assouvie, mais desiroit que son mary eust le petit bras aussi grant (pie ung" asne '.

Singulière inconséquence d'un prédicaLeuv -,

s Un Frère peu circonspect, prêchant un jour à Tivoli, avec véhémence et indignation contre l'adultère s'écria: — « C'est un péché si épouvantable, que j'aimerais mieux coucher avec dix

1. La bonne dame avait raison d'aimer ce qui est j^raïul et gros. Je suis de son parti, et tiens qu'eflectivement bien est asne, celuy qui se marie, sans avoir les lacultos de l'asne. I.a beauté de la dimension est souverainement dotée contre le cocuage, au moins pour quelques semaines. Je ne dis rien davantage sur ce compte ; parce que pour bien éclaircir les. choses, il iaut aux dames des démonstrations. {Rrllcrinn de l'édition d'.Amsterdam).

"2. De prxdicatore qui poliiis decem vir^ivies quam niipfain iinnni cliçiebal. Opéra XLIV. — Noël I, 55; II, :J8-9. — Lenfant: /'o;/- (liano, t. II, p. 217. — Guill. Tardif XXXIl. p. 97. — Risibi'.iiUHER XXIV, p. 38. — LisEux XLIV, t. I, p. 78. — Girar dk Dijon : Delilhv poclarum (jaUorum, t. I, p. Ih'l. — Faceliarum lichfUnnovum, De Virgine quodam, lib. II, p. I(l5. — Hermotini, Addilamenta p. 289. — J.IJ. Rousseau. Epig. « Un cordclier prêchait », ('dit. Garnier. — Montaigne, lissais. — Beroald de Vervii.LE. Le Moiffu (le parvenir, édit Garnier. — Bernard de la MoNNOYE. AdilUerio deleslniia.

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pucelles qu'avec une femme mariée. » — Beaucoup parmi ses auditeurs étaient de son avis.

En cesle Facécie sont reprouvés ceulx qui exposent textes des Esoritures à leur appétit et sans considérer l'entendement de Facteur, ne regarder la lin où il prétend.

Comment on enseii^ne la luxure ^.

Un autre prédicateur que j'ai connu, un nommé Paolo. prêchant à Secia contre la luxure, se laissa aller à dire qu'il y a des gens si lascifs et si interrompants que pour se procurer une plus grande jouissance, ils mettent un coussin sous les fesses de leur femme. Ceux de ses auditeurs qui ne connaissaient pas le procédé s'empressèrent naturellement de l'expérimenter l .

l. De Paulo qui ignoratitihus uonuuUis luxunam commoiit. Opéra XLV. —Noël' 1,55; II, 40. — Liseux XLV 1. 1, p. 79. — Piiiuppi Hermotimi. Addimenta : Concia dequorum, etc. p. 280. — Les Muses en belle humeur, p. "28. — « Les Coussins des Duchesses. »

2. « Les p'tit's dames qui vont à la messe. » Metr des coussins sous leurs genoux, Eir fraient bien mieux d'ies mett'...

Chausiu' populaire.

GO l,KS F.VCÉTIFCS DE I»0(;(1K

Le confesseur 1.

Une jeune feninie, qui me l'a raconté plus tard, étant allée à confesse pendant le carême, s'accusa, entre autre, de ne pas être restée fidèle à son mari. Alors, le confesseur qui était fort libidineux lui mit on main le cierge do saint Priape, la suppliant d'avoir pitié de lui. La jeune femme toute confuse se retira vivement, et comme sa mère, qui se tenait près de là, s'informait de ce qui lui arrivait, celle-ci raconta l'audace du confesseur.

En cest-e Facécie est donné à entendre que ung confesseur doit e.stre souverainement chaste, car s'il ne l'est aulcunefloys quant à hiy viennent aulcunes belles jeunes feiniiies qui pàradventure lui recoignoissent avoir Insclié l'agiiillettc, il pourra estre surprins et embrasé de luxure, parquoy soubz ombre de absolution, il pourra donner au pêclié de la pénitente augmentation, ainsi que le monstre Frère Frappnrt qui disait à la filie (fue point ne la assouidroit tant que elle l'cusl desi'oidy.

1. De. coiijfssdrc. Oprra XLVl. Noël I, 55; II, 40. — Guill. Taki.h- XXXlll, p. Oît. — LisKiix \.I,VI, t. I, p. 80.

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Piqtidiile t'épouse (('11 ne femme '.

l ne fois un homme causant avec une femme, lui demanda pourquoi l'homme et la femme ayant eu a le jouissance à faire l'amour, ce sont plutôt les hommes qui sollicitent les femmes. Celle-ci lui ré[)ondit : — (( On a eu grandement raison de faire que ce soit plutôt les hommes qui recherchent les femmes. (ïar, en effet, nous autres, nous sommes toujours prêtes et disposes à faire l'amour, mais v<»us non; nous perdrions notre temps à vous solliciter quand A'ous ne seriez pas en mesure.

El! coste joyeuse respoiise il n'y a point de sens moral, mais il esta noter en ce que il niect, par la response de

1. Respnnsio uiulieris faccla. Opéra XLVII. — Guillaume Tardif : XWIV. Joyeuse response d'une femme à ung homme touchant le bas mestier, p. 102. — Liseux, XLVII, t. 1 p. 81. —

Philippi IIermoti.mi. Addenda^ etc. : t'.ur masculus fœmeliam potius do coïtu interpeilet, quam fœmella masculum, p. 290 el "291. — Beroald de ^'KRV1LLE : /,(' moyen de parreiiir, édition

• la uii-r.

KPIGRAMMW

l'oui-quoi, disait Jaiiot k Péronnelle, Ayant au cas plus de plaisir que nous. Faut-il pourtant que courrions après vou> f <;•; n'est justice. — Oui-dà ! Jean de Nivelle l"'audrait-il pas vous prier à rebours '. Kh ! pauvres dialdes que vous êtes, Pour vous, nous sommes toujours prêtes, Mais vous ne l'êtes pas toujours.

].es Muses en belle Imiiieiir, p. 9.

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la femme recepvoir: il s'entend de celles qui ontvoulonté de ce l'aire, et tousjours n'est pas à dire à toute heure, car à telle heure les pourroit-on requérir que la cheminée serait abattue, mais toujours est à entendre qu'elles sont plus souvent disposées que les hommes •.

Le Moine mendianl ijiii, au moment de la i^uerre, parle de paix à Beniardo -.

Au moment de la dernière guerre des Florentins avec le duc de Milan, une loi fit défense de parler de paix, sous peine de mort. Bernard Manecti, homme à l'esprit facétieux, étant venu

1. Les plaisirs del'ainour adoucissent l'humeur de la femme' veut-elle grondera qu'on la mette au lit. — A-t-elle quelque accès de l'olie qui l'empêche de dormir? donnez-lui une dose purgative de sagesse. La salutaire bénédiction matrimoniale répare les défauts du tempérament dans le sexe, depuis la Pucelle de quatorze ans, jusqu'à la vieille de quatre-vingts. Elles sont toutes toujours prêtes à goûter du fruit de l'arbre de vie, et le dévorent sans pouvoir s'en rassasier. li'homme a ses heures de relâche; mais la femme est insatiable. Cet arbre de vie est le remède souverain de dame Lyse. Dernièrement, elle avait une migraine extraordinaire. On appelle médecin et chirurgien ; on seringue, on purge, point de guérison pour Lyse. L'amour vient à son tour examiner cette maudite et opiniâtre migraine. Un gros et frais galant s'avise de servir d'apothicaire à la ])onno dame Lyse. Opération merveilleuse ! A mesure que le lavemi;nl entrait, la migraine décampait. Knlin, à force de lavements, Lyse recouvra la santé, et la migraine déiogi'e alla prendre parti ailleurs. (flcy/cito/i de l'édilion trAmsterdam, 1712).

2. De Mendïco fratre qui f empare belli Bernaido pacon notninaril . Opéra XLVIll. — Noi:i, I, 'û ; H. 'i3. — Ouii.i.au.mk Tardik :

LKS FACKIIKS ItK \'iu,r,E Ci)

au Marché-Vieux, je ne sais ti'op })ûur quelle emplette, fut accosté par un de ces moines mendiants qui, dans les carrefours, implorent la charité des passants. Sa première parole à Bernard ayant été : — « La paix soit avec toi ! » Celui-ci répliqua de suite : — « Ne sais-tu pas (jue c'est un crime capital de parler de paix ! Je m'éloigne, ajouta -t- il, de peur qu'on ne me croie ton com[)lic(\ » Ce disant, il se retira, se débarrassant ainsi des importunités de ce pas grand chose.

En leste joyeuse narration n'a pas grant sens moral, sinon que ceulx, qui sont ingras de donner poui- l'amour (le Dieu, treuvent exeusation de ne donner point, ainsi que le médecin qui dit au pouvre que, s'il parloit de la paix il serait destruict '.

D'untr Médecin qui joyeusement escondit UDg pouvre qui lui deuiandoit l'aumosae, XXXV, p. 104. — Ristelhuber XXV, p. 40. — LiSEUx t. I, p. 82. — GuiccARDiNi : UHore di iccreatiottc, lôôô; traduction de Belleforest, p. 71.

1. L'éditeur d'Amsterdam, 171-2, qui a copié la traduction de <Tuillaume Tardif, a lu comme lui Mrdico pour Meitdicoet il en a prolité pour dauber i^ur les Mi'di'ciiis. — '< Un médecin, dit-il, n'est un être né pour faire du bien. .le veux cependant croire qu'à cet égard il y ait quelque exception à la règle. Gela n'. inpèche pas qu'un médecin charitable ne soit une chose aussi rare qu'une pucelle de quinze ans, un Théologien sans passions, un Wallon qui ait du bon goût et un C...apncin solide dans ses sermons. Voici les qualités les plus ordinaires des médecins de noSjOurs. Médecin avare, vain, hâbleur, ignorant; un médecin étourdi, impruJent, téméraire, inexorable, libertin. Monsieur Bahys tire du pot de chambre le plus clair de ses revenus : on le paye pour avoir senti le mal de son patient, qu'il tue deux jours après; il s'étonne ensuite de ce que le malade n'est pas mort plus tôt. »

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Historictle de Ffoiiçois Pliilelphe l.

Causant un jour, cniro camarades, du chcUimcnt qui devrait être infligé aux épouses adultères, Bonifa» e Salutate émit l'avis que le plus efficace était celui dont un habitant de Bologne, son ami, avait menacé sa femme. — « Lequel, demandâmes-nous? » — « Mon Bolonais, reprit-il, homme d'ailleurs peu estimable, a une femme fort prévenante, qui a des attentions pour moi. Un soir que j'allais la trouver, j'entendis, avant d'entrer, les deux époux qui se querellaient. Le mari

1. Fabula Francisa l'inlclphi. Opéra XLIX. — Guillaume Tardif : De l'homme qui menassa .sa femme de lui faire .sa maison plaine d'enfans, XXXVl, p. 106. — Noël I, .58; II, 14-46. — Li- .sEux t. I, p. 83. — Cent Noiivellcs unitrellcs. Nouv. XCl. « La femme obéissante.» Edition Garnier, p. 375 — Beroalu de Vervii.LK : Ix Moyen de parreiii)-. Edition Garnier. — Anony.mk (cité par Milet, t. 11, p. 45). Ulfio Maritalin, fabella. — Contes à rire on Récréations françaises, t. I, p. 73. D'une jeune femme à son mari. — Guillaume Bouchet : Les serées. V serée. ■ — /,<• iiuge 'h T.o Fonlainr. Conte : « La femme repentante. »

LA FEMME INCOBRIGIBLE

Si tu ne finis ton tapage,

Sais-tu bien ce que je ferai ?

Je planterai là le ménage,

Margot, je t'al)andonnerai.

Tu me regretteras, car, maudite femelle! Je. veux te laire, avant d'accomplir ce dessein. Un quarteron d'enfants. — Un quarteron, dil-elle, Fais-le-moi tout à l'heure et décampe demain.

Sri)ai\e : l'oésies.

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reprochait à sa femme son inconduite ; celle-ci, suivant rhaJjitude, niait tout : — « Jeanne! Jeanne ! écoute, finit par dire le mari, je ne te frapperai point, je ne te souffletterai pas; mais je te le ferai tant et tant, t[ue la maison sera pleine d'enfants, puis te plantant là, seule avec eux, je partirai. » — Un éclat de rire accueillit (^ette révélation et tout le monde trouva bien imaginé, le genre de supplice à 1 aide duquel cet imbécile voulait se vencer des infidélités de sa femme ' .

Histoire d/iiii histi-ioii l'acontée par le Cardinal de Bordeaux ^

Avant son élection au souverain pontificat, Grésroire XII, durant le conclave et même

1. Le nouveau genre de supplice, dont le mari menaçait sa femme un peu trop galante aurait été sans doute terrible si tous les coups eussent iiorté. La bonne dame, à force d'avoir des enfants, auroit eu bien des peines et ss seroit usée au métier. Et puis l'abondance d'un mets délicieux rassasie enfin. Oui, dira quelque censeur de mes Rvfte.riniis, si ce même mets, était porté continuellement par un mari. Je me rends à ce censeur raisonnable; un mari est incapable de rassasier une femme; un mari est une chose odieuse; c'est un mets froid et insipide; c'est une soupe réchauffée; c'est un mari. {Réflexion de rédition d"Amslerdam, 1712.}

2. Cardiiinlis Uuididaleiisix de histrioite. Opéra L. — Guillaume Tardif : Du Cardinal qui raconta la facécie pour se farcer du Pape, XXXVll, p. 108. —Noël I, .59. — Lenfant : Po;/- (fiatta t. II. XIV, p. 173. — Ristelhuber, XXVI, p. 41. — Liseux. t. L p. 85.

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après, sétait engagé à mettre fin au schisme qui désolait alors rÉglise. Pendant quelque temps, il demeura ferme dans ses résolutions et donna sa parole d'abdiquer le Pontificat s'il le fallait. Séduit ensuite par la douceur du pouvoir, il oublia i)romesses et serments, ne se souvenant plus des engagements qu'il avait pris. Le Cardinal de Bordeaux, homme grave et d'une expérience consommée, voyait avec peine ces choses et m'en parla un jour : — « Le Pape, dit-il, a fait comme ce bateleur de Bologne qui promettait de s'envoler en l'air. » Je lui demandai de me conter cette histoire : — « Il y avait récemment à Bologne, ajouta le Cardinal, un histrion qui fit annoncer au public qu'il s'élancerait du haut d'une tour située près du pont Saint-Rapharl et volerait jusqu'à plus d'un mille au delà des murs. Au jour fixé, tout le peuple de Bologne se rendit à l'endroit indiqué et durant toute la journée souffrit de la chaleur et de la faim. Les yeux tournés vers la tour, tous attendaient que l'homme prit son essor. De temps en temps, l'acrobate se montrait au faite de l'édifice, battait des ailes; faisant semblant de vouloir s'élancer dans l'espace. La foule alors l'acclamait. Après le coucher du soleil, le saltimbanque, ne voulant pas qu'on pût dire qu'il n'avait rien fait, tourna le dos aux spectateurs et leur montra son derrière. 11 était nuit close quand les habitants regagnèrent leurs demeures, luen attrapés et brisés de fatigue. C'est ainsi que

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notre Pontife, après un bel étalage de promesses, s'est acquitté en faisant volte-face.

l']ii cette Facécie sont reprins ceulx qui empirent de l)ien avoir, et quant ilz sont en pouvreté, recongnoissants Dieu le Créateur, font rage de le bien servir et honorer, mais après que, par la permission de Dieu, Fortune, qui est niuable, les a eslevez en aulcunes dignitez, ilz oublient tout le bon propos que ilz avoient par avant. Ainsi, Grégoire, avant qu'il fust Pape, faisoit triumphe de bien l'aire et de bien proposer, mais, après qu'il fust esleu en la dignité, son propos changea totallement et fîst pis que c'est prédécesseur que tant blasmoit.

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