‹ Les Facéties de Pogge FlorentinChapitre 39 sur 169 · LA FEMME DISCRÈTE · texte numérisé non relu

LA FEMME DISCRÈTE

De son cornarJ, une gente ('pousée, Mal festoyée, en un lieu .se plaignait D'être par lui, chaque nuit abusée; Un compagnon qui cette plainte oyait.

Pour dotromper cette garce criait :

— Je suis témoin qu'il en a comme un rustre.

— Las! dit Callios, redoublant son ennui, Notre poulain, qui compte à peine un lustre, En a, parbleu, quatre fois plus que lui. »

El Iai Juste Plainte, Epigrammes et contes du XVII siècle. Voir Appendices.

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fites; très étrangement surpris, il en demande la cause, mais personne n'osait dire tout haut le motif do celle tristesse générale. Cependant, un parent plus osé se risque à lui dire que sa jeune femme prétendait quil lui manquait tout ce qu'il faut pour faire un homme. — « Ce n'est que ta qui vous chagrine, fît le jeune homme en riant, eh bien ! je vous réponds que ça ne troublera pas longtemps la gaité du festin, car j'aurai ])ientôl raison de cette accusation ». Lorsque tout le monde se fut assis à table, hommes et femmes, à peine avait-on commencé à manger, le jeune marié se levant tout à coup, dit : — « Mes chers parents, je veux vous faire juges de l'accusation portée contre moi. » Et, aussitôt, sortant de dessous son pourpoint court, selon la mode, les pièces à conviction, les étale sur la table et prie la société émerveillée de dire si vraiment elles étaient à dédaigner. — Si les femmes pensaient en ellesmêmes que leurs maris eussent dû en avoir autant, les maris, de leur côté, convenaient que le jeune homme était leur maître, aussi tous furent-ils unanimes à blâmer la jeune mariée. « — Pourquoi me blâmer et vous moquer de moi? riposta celle-ci. — Notre âne, qui n'est pourtant qu'une bète, il en a long comme <a (et elle étendait le bras , tandis que mon mari qui est un homme n'en a pas moitié autant ». La naïve enfant croyait (jucn cela l'homme devait être supérieur ci la bète.

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