LUI
Comnieiit Ridolfo fut représenté pa?' les Florentins sous l(( figure d'un traître ^.
Peu après, les Florentins ayant accusé Ridolfo de trahison, le firent exposer en effigie sur les places publiques. Celui-ci ayant appris que Florence lui envoyait des ambassadeurs pour conclure la paix, se mit au lit le jour de leur arrivée, fit fermer les fenêtres, allumer du feu (on était au mois d'août) et s'enveloppa de fourrures. On fit entrer les ambassadeurs qui demandèrent aussitôt à Ridolfo s'il était malade : — (( De froid, leur répondit-il. Je suis morfondu d'avoir été si longtemps exposé au grand air sur vos murs. » Il faisait ainsi une allusion ironi-
i. Ve coilein quoinodo a Florentinis pvo prodilore depkdts est. Opéra LV. — Guillaume Tardif : Comment Rodolphe se farsa (le ceuls de Florence qui l'avoyent fait peindre en leur cité comme prodileur, XXXIX, p. 113. — Noël I, 64 ; II, 40. — Len-
FA.VT t. II, XIX, p. 187. RiSTJBLHUnER XXX, p. 4(i. — LiSEUX
t. I, p. 90. Democriles rtdvns, p. 4; Imaginarii supplicii irrisio.
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que à son portrait qui avait été affiché à Florence et qu'on fit disparaître aussitôt après la conclusion de la paix K
De la blessure faite à Ridolfo par un tireur à l'arc 2.
Quelques habitants de Gamerino, afin dépasser le temps, s'exerçaient au tir à l'arc, en dehors de cette ville. L'un d'eux, ayant lancé maladroitement sa flèche, blessa lésrèrement Ridolfo qui se trouvait dans l'assistance. On arrêta le coupable et chacun émit son avis sur le châtiment qui devait être infligea ce malheureux. Un courtisan, pour plaire au Prince, proposa de trancher la main qui, désormais, ne devait plus tirer de l'arc. Ridolfo fit mettre l'archer en liberté et dit en le congédiant : — « L'avis est bon, mais il eût été plus utile avant que je ne fusse blessé. » Réponse pleine de sagesse et d'humanité.
1 Un homme qui veut se venger, à quelque prix que ce soit, risque de faire bien des sottises. La vengeance va bien loin quelquefois, mais toujours est-il sur (ju'avant de se jnettre en chemin, elle congédie la raison. (Ri'tlcxion de l'édition d'Amsterdam.)
2. De quodam qui Redolphum saqiUamlo valneravil. Opéra LU. — Noël I, G2. — Ristelhuber XXVlll; p. i'i. — Lenfant XX, p. 187. — LiSEux t. I, p. 91.
LKS FACÉTIKS DE l'OdCiK 77
Anecdote siif Maiicini •.
Un paysan de mon village, nommé Mancini, homme iort simple, se servait, pour transporter du blé à Figline -, d'ànes qu'il louait à chaque voyage. Un jour qu'il revenait du marché, harassé de fatigue, il enfourcha la meilleure de ses bêtes. En approchant du terme de sa course, l'idée lui vint de compter ses ânes qui le précédaient sur la route. Oubhant celui qu'il montait, il s'imagina qu'il lui en manquait un. Troublé, il confie, à son arrivée, la garde des ânes à sa femme en lui recommandant de les rendre au propriétaire et toujours perché sur la même monture, il retourne au marché distant de sept milles. Chemin faisant, il s'enquiert auprès des passants s'ils n'ont pas trouvé un âne égaré. Tous répondent négativement. Triste et désolé, il regagne le soir sa maison, ne pouvant se consoler davoir perdu son
1. Fahula Mancini. Opéra LUI. — Guillaume Tardif: Une fable de ung lourdault qui quérait l'asne sus quoy il estoit monté, XXXVllI, p. ;i. — Noël I, 63; II, 47-48. — Liseox t. I, p. 92. — Philippi Hermotimi A'Iilimenla. De rustico, p. 294. — Roqer Uonlemps en belle humeur. — De trois hommes qui cherchaient, l'un son cheval, l'autre son couteau et le troisième ses lunettes, p. 243. — Harduin : I.'dne vetronvé. — Voir Appendice.