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AntijMiM- Benoît XHI. alors à Paniscola, en Aragon

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Mot plaisant '.

Ce môme Pierre de Lima défendant ses droits avec chaleur devant les deux abbés, leur dit : — « Ici est l'Arche de Noé », voulant dire parla qu'il possédait seul toute l'autorité du Siège Apostolique. — « Dans l'Arche de Noé, lui répondit un des abbés, il y avait beaucoup de bêtes. »

Evénements extraordinaires racontés par mon copiste -.

Jean, mon copiste, à son retour du pays qu'on nomme Bretagne, m'a raconté pendant le repas, vers le huitième jour des ides d'octobre, l'avant dernière année du Pontificat de Martin V, des faits surnaturels dont il prétendait avoir été le témoin, or il est instruit et ennemi du mensonge. Le premier fait a trail à une pluie de sang qui

1. Dicliini facclHin. Ojiera XCVII. — Noël l, '.)H. — Lenfant, t. II. XXX, p. 198. — RrsTELHi'iiER XLIX, 7(1. — Liseux, t. I. p. !.")(). lîoNAVENTURK Diîs Pkrikks : Nouvcl LXVI. p. 181. Edit. (iarnier.

2. MirnliUin pcr lihrariuni dkla. Opéra XCVIil. — Noël I, 08. — Liseux, t. i. p. lôO.

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serait tombée entre la Loire, le Berry et le l*oitou ; les pierres en furent teintes. Les liistol'iens ayant souvent narré de semblables prodiges, celui-là paraîtra moins extraordinaire. Mais je n'aurais jamais ajouté foi au fait suivant, si Jean ne me l'avait affirmé par serment. En la fête des apôtres Pierre et Paul, c'est-à-dire au mois de juin, deux moissonneurs de son pays qui avaient laissé du foin dans leur pré, craignant de le perdre, allèrent le lier en bottes au mépris de la solennité du jour. Il y avait pour une heure de travail, mais par la volonté de Dieu, ces hommes restèrent bien plus longtemps en ce lieu, nuit et jour occupés à botteler le foin sans relâche, ne prenant ni nourriture, ni repos. Ils restèrent plusieurs jours sans pouvoir sortir du champ et sans que les passants, qui les prenaient pour des fous, pussent s'approcher d'eux et leur demander l'explication de ce qu'ils voyaient.

M iidcule lise punition du mépris des suints '.

Un autre de mes collègues de la Curie, Rollet, originaire de Rouen, m'a affirmé qu'il avait été témoin d'un miracle analogue provoqué par le

1. Mirabile judicium ex conlemplu saialonmi. — Oixjra X<;JX. — XoEL I. ion. — LisELx, t. I, p. 15-2.

mépris des Saints. Près du château de cette ville, est située une paroisse placée sous la vocable de Saint Gothard. Un jour qu'on célébrait la fête patronale avec solennité et que tous les habitants de la paroisse assistaient à une magnifique procession, une toute jeune fille (|ui appartenait à une autre paroisse, se moqua des assistants, tourna en dérision la cérémonie, blasphéma le nom du Saint, et, pour montrer le peu de casquelle faisait de son culte, elle dit qu'elle allait se mettre à filer; elle prit en effet quenouille et fuseau. Aussitôt la quenouille et le fuseau se fixèrent entre ses mains et ses doigts en lui causant une vive douleur, et il fut impossible de les en arracher. L'étourdie, qui avait perdu la voix, faisait comprendre par ses gestes, à défaut de la parole, la souffrance qu'elle endurait et quel en était le motif. Un grand nombre de personnes étant survenues, on mena la jeune fille à l'autel du Saint qu'elle avait si gravement offensé et à qui elle fit un vœu. A l'instant, elle recouvra la voix ; sa quenouille et son fuseau lui tombèrent des mains. lloUot prétendait que cet incident s'était produit dans sa paroisse et il paraissait si sûr de ce qu'il racontait, que malgré mon scepticisme, je n'ai pas trouvé l'histoire indigne de foi.

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Plais((nle histoire il'iin vieillard qui porUi son à ne '.

En devisant entre eux, les secrétaires du Pape, disaient que se régler sur l'opinion du vulgaire, c'estse soumettre à un misérable esclavage, attendu qu'il est impossible de plaire à tout le monde, chacun pensant à sa manière, et lun trouvant bon ce que l'autre n'approuve pas. L'un d'entre eux rapporta, comme preuve à l'appui, une anecdote (juil se souvenait avoir vue autrefois reproduite par la plume et par le pinceau, en Allemagne :

1. Facetissinuttii de sene (luodam qui poiiacit asi)nim super se. Opéra C. —Noël L 101 ; II, 98-118. — Ristelhuber L, 71. — LisEux, t. I, p. 154. Traduit aussi par Cadet-Gassicourt dans le Jnunial des Muscs, — Origines : — .Esopus Camerarii, 185. — Fabeln aus deti Zeiten der Miunisiiiqer (fin du xiu' siècle), ■'i2 : Vouuiischuldigem Spotte. — Imitations .• — Ysopo, collect. 22. — Barletta, fer. 6, hod. 1. — Gobin (Robert) : Les loups lai'issans. — Jaernb, 100. — Hulsbusch, p. 259. — VerdizoTTE, I i(cette première fable n'est pas de Verdizotte, l'éditeur l'a fait traduire comme dédicace). — Pavezio, 106. — Du Fail : Contes et discours d'Eutrapel. c. 7. — Widbram : Del poel. ç/erm. pars. 2, p. 1064. — Bruscambille ; Œuvres, in-12, p. 70. — Mémoires de Racan sur la rie de Malherbe: dans divers traités d'histoire, par Pierre de Saint -Glas, abbé de Saint-Ussans. — Cf. Œnrres de Malherbe, I, XCl. — La Monnaye a traduit cette fable en vers grecs (Œuvres choisies, t. III, p. 50. — Desforges-Maillard : Œuvres en verset en prose, II. Le graveur bohémien Wenceslas Hollard fit graver ce sujet en cinq planches à Francfort en 1620. — La Fontaine : Fables. Edit. Garnicr (B).

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« lu vieillard, dit-il. cheminait avec son lils ot se rendait au marché pour y vendre son Ane qui, libre de tout fardeau, trottait devant eux. Des paysans (jui travaillaient dans les champs, les voyant passer, blâmèrent le vieillard, de laisser l'animal sans aucune charge : Pourquoi n'étaientils pas montés dessus, cela leur eut été utile à tous les deux, le père à cause de son âge avancé et le fils à cause de sa jeunesse? Alors le vieillard mit le jeune homme sur le baudet et continua sa route. Nouvelle rencontre, nouveaux reproches. — « Quelle insanité que celle de ce bonhomme cassé j)ar l'Age qui met un plus robuste que lui sur la bête, et tout exténué suit la bête ! » Changeant d'avis, le vieillard fait descendre le garçon et prend sa place. Un peu plus loin, il s'entend encore blâmer. — «Quoi! disait-on, sans égard pour le jeune âge de son lils, ce vieillard le traîne comme un valet, et se prélasse sur l'Ane !» Emu par ce reproche, le vieillard prend son fils en croupe et, en ce nouvel équipage continue sa route. D'autres passants s'étant informés si l'animal lui aj)partenait, l'homme répondit affirmativement. On lui reprocha alors do. n'en avoir pas plus soin que s'il appartenait à autrui. La bête n'était pas assez forte pour porter un si lourd fardeau, un seul homme suffisait bien pour elle. Perdant la tète au milieu d'avis si divers, notre vieillard ne savait (]ue faire : «juc l'Ane fut sans cavalier, qu'il en eut un, (piil en eut deux, c'était

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