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à chaque pas un nouveau blâme. Enfin, attachant les pieds du baudet et les suspendant à un bAton dont il prit un bout et donna Vautre à son fils, ils se dirigèrent dans cet attirail vers le marché. A ce spectacle nouveau, les passants pouffaient de rire, se moquaient à cœur joie de la bêtise du fils et plus encore de celle du père. Furieux, le vieillard qui s'était arrêté au bord de la rivière, jeta par dépit son une tout ligotté dans l'eau, et rentra' chez lui. Ainsi, ce bonhomme, en voulant plaire à tout le monde, non seulement ne satisfit personne, mais qui pis est, perdit son Ane.
Gi-(uide ignorance (F un homme ^
Un jour on donnait lecture à haute voix, devant les Prieurs de Florence, de lettres dans lesquelles il était question d'un homme peu en faveur auprès de la République, dont le nom (Paolo, par exemple), revenant souvent, on lui accolait parfois l'épithète de susdit. Un des assistants, homme sans instruction, croyant que l'épithète susdit^ indiquait un titre honorifique renfermant un vrand éloge, comme qui dirait : très sage, très
1. IlDtniins marima impo-iliu. Opéra CI. — Noël 104. — Li- SKU.X. t. I, p. 158.
savant, jeta les hauts cris en disant : — « (/est indigne d'appeler susdit un misérable, un ennemi de sa patrie.
Autre balourdise '.
Mon compatriote, ^latteozio, fit aussi rire t<mt le monde à ses dépens, un jour de fête, qu'il avait été chargé de présider à l'organisation d'un diner d'ecclésiastiques. Lorsqu'à la fin du repas, il fallut remercier les convives, dont plusieurs étaient venus de fort loin, ce fut à lui, qu'en qualité de doyen d'Age, échut l'iionneur de prendre la parole: — « Mes Pères, excusez-nous, dit-il, excusez-nous s'il nous a manqué quelque chose, nous n'avons })U vous traiter selon vos mérites, faire ce que nous devions, mais seulement selon nos moyens et comme il convenait k Votre Ignorance. » Dans sa simplicité, Matteozio (jui avait cherché un mot à eifet, croyait faire ainsi le plus beau compliment à ses invités, équivalent à Votre Prudence ou Votre Sagesse.
1. .{lia homiiiis impcndn. Opéra ('II. — Noël 1, 105. — I.iseux. 1, p. 109.
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D'un vieillard barbu '.
Antonio Lus( o, homme aimable et instruit entre tous, nous raconta après cliner, une bien plaisante histoire.. Ordinairement lorsque quelqu'un ;i fait un pet, les personnes présentes disent : A la barbe de celui qui ne doit rien ci personne ! Un jour, à Vicence, un vieillard à la barbe luxuriante fut appelé par un créancier devant le Gouverneur de la ville (c'était Ugolotto Biancardo, homme savant et austère . Le vieillard, avec un Ilot de paroles, prétendit et affirma sur tous les tons (ju il ne devait rien à personne. — « Retire-toi au plus vite, lui dit Ugolotto, afin d'éloigner de nous cette barbe dont la puante odeur nous incommode. » Le vieillard abasourdi, demanda pounjuoi sa barbe était si infecte. — « C'est, lui répondit le Gouverneur, parce qu'elle est pleine de tous les pets que lâchèrent jamais les hommes. Ne sais-tu pas qu'on les envoie tous à la barbe de celui (|ui ne doit rien à personne? » Cette boutade calma l'agitation du vieillard et fit rire tous les assistants.
1. De qitodam seiic baihnlo. Opéra Clll. — Xoei. 1, lOG. — Li- ^i V t I, p. IGO.
136 l.KS KACKTIES DE POGGE
Le notaire ignorant '.
Nous dinions un soir dans le palais pontifical et il y avait parmi les convives, quelques-uns des secrétaires du pape. On vint à parler de ceux dont la science et l'habilité consistent à répéter des formules toutes faites, sans se préoccuper de leur raison d'être, se bornant à dire que nos pères nous les ont laissées telles. — « Ces gens-là, nous dit un bon vivant, Carlo de Bologne, ressemblent à certain notaire, mon compatriote (il nous cita le nom). Deux individus étant venus chez lui pour faire dresser un contrat de vente, il prit la plume, commença à écrire; demandant les noms des comparants; l'un dit qu'il se nommait Jean et l'autre Philippe.» — « L'instrument ^c'estle terme dont on se sert) ne peut pas servir entre vous, dit alors le notaire, il ne peut être dressé ainsi. » Les clients demandent pounjuoi. » — « L'acte ne peut avoir de valeur lé.aale que si le vendeur s'appelle Conrad et l'acheteur Tite (il n'admettait (jue ces noms inscrits dans son formulaire.) Les contractants
1. Coiiipai'alio ijinrdnin l'arali Itoiidiiirusis de (juaildin imlario. Opéra lO'i. —Noël I, KiT. — Lenfant, t. 11. XXXI, p. l'.C). —
HlSTBLUL'BER Ll, 7 'l . — LiSEUX, t. 1, p. \6i. — HeROALI) DE
X'erville. Le iiioycii dr pnrrciiir, X. éJit. flaiTiipr p. '1\. — l.e Chassp-etiiiiiij, cent. \'. N.
LES F.VCKTIES ItE l'OCCE 137
curent beau e\pli<|uer ([u'ils ne pouvaient prendre des noms qui ne leur appartenaient pas, le notaire fut inflexible, ses formules étaient ainsi laites, il envoya promener les deux hommes. Ceux-ci se rendirent chez un autre notaire, laissant là cet imbécile qui se serait cru coupai )le de i'.uix, s'il eût changé un seul mot à ses formules.
GV D'uit docteur florentin ^
Tout en causant, on en vint un jour sur la sottise des gens qui sont envoyés en qualité d'ambassadeurs - auprès des Princes; comme on en citait quelques-uns, Antonio Lusco nous dit en riant. — <( Vous n'êtes pas sans avoir entendu parler de l'audace de ce florentin (fit-il en me regarchint), que le peuple de Florence avait envoyé autrefois auprès de la reine Jeanne de Naples ^ ? Cet
1. De Ddctoiv jhtrcittinn nd rcfiiiiain dcslitialo qui coiiciihituni postuttarit. Opéra CV. — Noël I, 108. — Liseix CV, t. I, p. 164.