‹ Les Facéties de Pogge FlorentinChapitre 71 sur 169 · CL II · texte numérisé non relu

CL II

Le paysan cl les ânes chargés de froment '.

Un paysan s'étant présenté dans l'Assemblée des Magistrats de Pérouse pour y solliciter une grâce, sa demandef ut traitée de malhonnête parl'un d'eux. Le lendemain, notre liommc, mieux conseillé, conduisit chez celui \:.\\\ ;r,(Uf re{)oussé sa requête, trois ânes chargés de blé. (Juatre jours après, l'opposant, ayant changé d'avis, plaida avec chaleur la cause du paysan. Pendant qu'il discourait, son voisin s'adressant aux autres : — « Enten-

1. De rusiico qui asinos oiiiislO!< (hdu.ril fnnneiilo. Opéra CLII. — Noël I, IGl; H, 147. — Ristelhoubr LXVII, p. !)î. — Lkn- FANT, t. 11, XLll, p. -Ml. — Li.stux, t. II, p. bli.

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dez-vous. dit-il comme les ânes braient, » Allusion aux sacs de blé acceptés '.

D' un poin're et cl' un riche '-.

Lu riche, soigneusement enveloppé dans de ihauds vêtements, se rendait pendant l'hiver à Bologne. Au milieu des montagnes, il rencontra

1. « Il y avait un bon paysan qui avait gagné son procès et était allé parler à son procureui-, qui lui avait donné avis d'aller voir le conseiller qui avait été rapporteur, afin qu'il le remerciât. Ce bonhouime allant, pensait en lui-même que possible il lui faudrait donner quelque chose; toutefois il s'assura qu'il aurait tant de conscience qu'il ne lui demanderait plus rien, vu que pour payer les épices, il avait même été contraint de vendre sa vache, seul reste de son bien. Le pauvre homme vint saluer monsieur son rapporteur, qui lui dit : Mon bon ami, je vous sais bon gré de m'étre venu voir; je prends plaisir à m'employer pour les gens de bien; remerciez Dieu que vous ayez eu tel qui vous a conservé votre droit... » Or, il y avait dans la même salle une peinture qui faisait une chasse en un paysage où il y avait plusieurs sortes d'animaux que ce paysan se mit à regarder. Le conseiller lui dit : « Que regardez-vous là, bonhomme?— « Je regarde si, entre tant de bêtes qu'on vous donne, ou qu'on emploie pour vous apporter de l'argent, je ne verrai point ma vache; au moins que la moitié y fut, pour ce que vous l'avez bien eue et davantage. » — Beroald de VerviELE . Moyen de parvenir, LXXV; édit. Garnier, p. 270.

2. Facetum diction pauperis ad dirilem fnqintem. Opéra CLIII. — Noël I, 161; II, 147. — Ristelhuuer LXVIII, p. !)4. — Li- SEDx, t. H, p. 54. — Lenfant, t. Il, LIX, p. 218. Dictionnaire d'anecdotes, 1781, t. I, p. 3.j2. D'un Gascon qui n'avait pas froid l'hyver. — Passe-temps açfri'ablcs. p. 21(i. — Noureaux contes à rire, p. 212. — Contes à rire on Récréation française, p. .^)2.

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un pauvre paysan couvert seulement d'un justaucorps tout usé. Admirant le renoncement de cet homme, si légèrement vêtu pendant que la neige tombait et faisait rage, il lui dit : « Le froid ne t'incommode donc pas? » — « Nullement! » répondit avec gaieté le malheureux. Stupéfait de cette parole, le riche ajouta : — « Je suis transi dans mes fourrures et toi qui es à peine couvert, tu ne ressens pas le froid; c'est extraordinaire. » — « Ah! dit le paysan, si vous portiez, comme moi, tous vos vêtements sur le dos, vous n'auriez pas froid. »

D'un montagnard qui voulait épouser une jeune fille K

Un montagnard du bourg de Pergola devait épouser la fille d'un de ses voisins. Après l'avoir

1. De moiitann qui filliam desponsare volebal. Opéra CUV. — Noël, Probata fœconditos I, 162, II, 148. — Guiki.aumk Tardif : D'unij inonlnuiiiinjs qui reffusoit une jeune fille puarce qu'elle esloil trop jeune, LXXXIII. p. '2'27. — Liseux, CLIV, t. Il, p. 55. — RisTKLHUBER, LXIX, j). '.}('). — Le Tnmlieau de la mélaneholie : Plaisant traité de mariage, p. 106. — Gekahdus Dicœus. Probata fœconditas (en vei's latins). — (iuiL. Bouchet. Sérées. — LoD. GuiciARDiM. Hore di i-icreatimie, p. 255.

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