SAISIR L'OCC.\SION AUX CHEVEUX
CONTE
Pierre, le Rouge, enfoncé dans ses draps, Du Dieu d'nyiuen sentit la vive Hauiine Le stimuler; il invite sa femme, Incontinent à venir dans ses bras.
Elle priait et soudain de r<5pondre :
— « Attends un peu ». — Ses Falcrs aclievés Et ses .[(jiiKS ainsi que Sts Ares,
Pierre avait eu le temps de se morfondre. Elle entre au lit, mais 1 "époux refroidi N'en fit semblant. Elleapprocbe, il ne bouge.
— « L'ami, vcu.'c-tu, j'ai dit, Pierre le Rou;.;e. »
— « Eh bien! tant mieux, mais moi j'ai déroidi. »
MÉRARD DE Saint- JusT Espirffleries, Joyeuselés, etc.. t. I, p. 156.
quoi elle ne se rendait pas à ses désirs. La pucelle répondit qu'elle avait mal à la tète ; le mari alors désarma, se mit de flanc et dormit jusqu'au matin. La jeune mariée voyant que son mari la laissait tranquille, eut regret d'avoir suivi les conseils des commères ; elle éveilla son époux et lui dit qu'elle n'avait plus mal à la tête. — « Ah ! fit le mari. Eh bien moi, maintenant, j'aimai — autre part' », — et il laissa sa femme pucelle comme devant. Le conseil est donc bon, d'accepter ce qui peut être profitable et plaisant quand on vous l'offre.
En cesle Facécie est montré morallement ce que dit Chalou à son lîlz, c'est qu'il ne doit pointrefuser la première occasion de prendre une très bonne chose, car aulcunes foys à grand prière on requiert après ce qu'on a devant relTusé.
Les culottes d'un Frère-Mineur devenues reliques-.
Une histoire bien amusante et cjui mérite de prendre place parmi ces historiettes est arrivée
1. Le texte renferme un jeu de mol qui aurait pu être traduit- si les mots français avaient la même faculté que les mots latins. — Duit puella) se non amplius dolere capul. Tum ille : ■I At eqo nunc doleo caïu/am ».
"2. De reliquiis bracarum cnjusdnm Minoris. Opéra CCXXX. — Noël, I. 230; II, '220. — Guillaume Tardif : Des reliques des
naguère à Amalia. Une femme mariée poussée, je pense, jinr le désir do bien faire, confessait ses péchés à un religieux de l'Ordre des Minimes. Celui-ci, tout en parlant, se sentit envahi par la concupiscence de la chair, et, à force de bi.lles paroles, amena la femme à faire sa volonté en un lieu à trouver convenable et discret. Il fut entendu que la femme, sous prétexte de maladie, manderait chez elle le Frère pour la confesser : on laisse, en eli'et, d'habitude les confesseurs en tète-à-tête avec leurs pénitentes pour qu'ils puissent, en toute liberté, s'occuper du salut de leurs âmes. La femme, feignant donc d'être gravement malade, se met au lit, fait appeler son confesseur qui s'empresse d'accourir, et, comme
braves de Sainct-Françoys, c. III, p. 279. — Ristelhuber, XGIX. — LisEux, CGXXXII, t. II, p. 165. — Apulée : Metamorphoseon, lib. IX. — ic Livi'e du Chevalier de la Tour Landry : « D'un bon liomme qui estoit cordier », ch. LXII. — Legrand D'Av.'iSY : La culotte du Cordelier, t. II, p. 66. — Méon, t: III, p. 169. — Sacchetti, Novelle, t. II, p. 166. — Mosuccio Salebnitano, Il Norclliiio, t. I, p. ."jS. — SoBADiNo, Novelle, p. .38. — Estienne, Apologie pour Horodote, ch. X.XI, § 3. — Euticius Cordus, I)elici(v poetaruin (jerma nornm : Femoraïia. — D'Aroens, Lettres juives, lettre CXI. — Recueil de poésies (/alanles : La Culotte de S. Raimond, I, p. 121. — Le passe-partoul de l'Église romaine. III, p. 415. — M. D., Contes mis en vers : « Nul n'est cocu qui ne croit l'estre », ch. V, p. 18. — Nouveaux contes à rire: « Le Magicien », p. 160. — Veroier, Œuvres : « La Culotte », conte, — Gbkcourt, (Euvres: n La Culotte et le Cordelier», conte. — Le Sin<ic de La Fontaine, conle. — « Le Caleçon apothéose ». — Contes et Poésies du cardinal Collier : La Culotte de Saint-Raymond de Pennafurt, I, p. 179. — Casti, Novelle (jalauti : a Le.s Broche di san Crillone », édition Garnier. — E. Villktard, Les Culottes de Sainl-Griirun.
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on les laisse seuls en tète-à-tète, ils purent à leur aise s'en donner à maintes reprises. La chose durant longtemps, quelqu'un survint dans la chambre, et le Frère, comme si la confession ne fut point achevée, sortit, mais revint le jour suivant, et, posant ses culottes sur le lit, il se mit à laver les péchés de la pénitente par le même procédé que la veille. Le mari, qui ne soupçonnait rien, trouvant que la confession était par trop long"ue, entra dans la chambre. Le Frère effrayé s'enfuit oubliant ses culottes. Le mari cria que ce n'était point un Frère, mais un homme adultère, et toute la maison se mit à crier au scandale à la vue des braies délaissées par le moine. Le mari, d'un bond, s'en fut sur les pas du Frère se plaindre de Faffront qui venait de lui être fait, menaçant de tuer le misérable. Le Prieur, qui était un vieillard, apaise sa coh"'re et lui dit que ses cris attirent la honte sur lui et sur toute sa famille, que le silence et la discrétion valent mieux pour empêcher le crime d'être connu. Ce à quoi le mari répond que la chose est connue de tous, puisqu'on a trouvé les culottes et qu'il n'y a plus moyen de rien cacher. Le Vénérable Prieur imagine cependant un expédient : il déclare que les culottes sont celles de saint François que le Frère avait apportées pour guérir la malade, qu'il ira les chercher en procession et qu'il les rapportera en grande pompe au couvent. La chose convenue, le Prieur assemble les Frères, puis, revêtu des
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ornements sacerdotaux et précédé de la croix, il se rend à la maison, prend dévotement les culottes, ainsi qu'on fait à l'ég^ard des saintes reliques, les place sur un carreau de soie et les tenant sur ses mains élevées, il les offre à baiser au mari, à la femme, à toub les passants, enfin, il les rapporte au couvent en grande cérémonie et au chant des cantiques et les place dans le sanctuaire avec les autres reliques.
Cependant, la ruse ayant été bientôt reconnue, les délégués de la ville vinrent se plaindre de ce qu'ils considéraient, à bon droit, comme une injure.
En ceste Facécie n'y a rien moral, mais tant seullement y est monslrée la grande substilité qui se trouve pour paillardise, tant en ce que la femme faignit estre bien malade pour faire son plaisir avec le cordelier, comme de couvrir par les cordeliers l'honneur, disant que les brayes du cordelier estoient les brayes sainct Françoys à double fons de toille neufve.