‹ Les fâcheuxChapitre 12 sur 31 · LYSANDRE, ERASTE · texte numérisé non relu

LYSANDRE, ERASTE

LYSANDRE

SOus ces arbres, de loin, mes yeux t'ont reconnu, Cher Marquis, et d'abord ie suis à toy venu.

Comme à de mes amis il faut que ie te chante Certain air, que i'ay fait, de petite courante, Qui de toute la Cour contente les experts, Et sur qui plus de vingt ont desia fait des vers, l'ay le bien, la naissance, et quelque employ passable, Et fais figure en France assez considérable; Mais ie ne voudrois pas, pour tout ce que ie suis, N'auoir point fait cet air, qu'icy ie te produis. La, la, hem, hem : écoute auec soin, ie te prie.

// chante sa couranie, N*est-elle pas belle?

ERASTE

. Ahl

LYSANDRE

Cette fin est iolie.

// rechante la fin quatre ou cinq fois, de suitte. Comment la'trouues-tuf

3o LES FASGHEVX,

ERASTE

Fort belle asseurément.

LYSANDRE

Les pa£ que l'en ay faits n'ont pas moins d'agrément, Et sur tout la figure a merueilleuse grâce.

// chante t parle et danse tout ensemble t et fait faire à Èraste les figures de la femme.

Tien, l'homme passe ainsi : puis la femme repasse: Ensemble : puis on quitte, et la femme vient là. Vois-tu ce petit trait de feinte que voilà?

Ce fleuret? ces coupez courant après la belle? Dos à dos : face foce, en se pressant sur elle.

Après auoir acheué.

Que t'en semble Marquis?

ERASTE

Tous ces pas là sont fins.

LYSANDRE

le me mocque, pour moy, des maistres Baladins.

ERASTE

On le voit.

LYSANDRE.-

Les pas donc...

ERASTE

N'ont rien qui ne surprenne.

COMEDIE. 3i

LYSANDRE

Veux-tu, par amitié, que ie te les apprenne?

ERASTE

Ma foy, pour le présent, i'ay certain embarras...

LYSANDRE

Et bien donc, ce sera, lors que tu le voudras.

Si i'auois dessus-moy ces paroles nouuelies,

Nous les lirions ensemble, et verrions les plus belles.

ERASTE

Vne autre fois.

LYSANDRE

Adieu, Baptiste le très-cher N'a point veu ma courante, et ie le vais chercher. Nous auons, pour les airs, de grandes simpathies. Et ie veux le prier d'y faire des parties.

// 5'en va chantant tousiours.

ERASTE

Ciel ! faut-il que le rang, dont on veut tout couurir, De cent sots, tous les iours, nous oblige à souffrir; Et nous fasse abaisser iusques aux complaisances, D'applaudir bien souuent à leurs impertinences ?

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32 LES FASCHEVX,

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