INTRODUCTION
La recherche d’une bonne croissance est le souci dominant de toute la médecine infantile. La croissance est en effet le meilleur indice de conditions physiologiques normales.
Une bonne alimentation est sa condition première, c’est pourquoi le problème alimentaire présente une telle importance en pédiâtrie, c’est pourquoi l'esprit du pédiâtre doit être encore plus attentif aux lois de la nutrition et de l’assimilation qu’à l’action et l'emploi des divers agents thérapeutiques.
Une bonne alimentation se reconnait à sa quantité et à sa qualité, la croissance se ralentit chez l'enfant soumis à un régime médiocre comme chez l'enfant sous-alimenté. Il importe donc de donner une alimentation choisie. L'expérience a montré depuis longtemps qu’elle devait être composée, comprenant graisse, sucre, albumines, eau, sels, et que les divers constituants devaient être entre eux dans un certain rapport. De là, la notion d’équilibre alimentaire, dont il est tant question aujourd’hui et qui fait sans cesse des progrès nouveaux.
Bien des expériences ont été faites portant sur les proportions optima pour la croissance, jusqu'ici, elles ont montré un fait bien certain, c’est que le lait de femme est vraiment spécifique de l'espèce humaine, en ce qui concerne les substances de base, graisses, protides, sucres. Dans l'alimentation artificielle, on cherchera à s’y conformer, ce qui est parfois possible. Dans ce cas, la recherche de la ration idéale des substances alimentaires de base a rejoint les données directes de la nature.
Mais les progrès de notre connaissance sur les lois du développement ont montré aussi un échelon plus mystérieux de cet équilibre alimentaire et tout aussi important, celui du facteur de croissance.
Ici la notion première de l'équilibre alimentaire entre les substances de base apparaît elle-même comme grossière. Chacune est elle-même composée, une nouvelle harmonie s’y trouve contenue, mais à côté d'elles en apparaissent de secondes, dites mini-
males, capitales dans l’utilisation des premières, ce sont les acides aminés et les vitamines.
Devant cette complexité nouvelle, le médecin d'enfants hésite. Comment assurer à l'être qui grandit, ce dont il a exactement besoin, cet équilibre parfait des substances alimentaires qui lui permettrait d'affronter au mieux les dangers de la 1" enfance ?
Est-il possible de connaître un modèle parfait de cet équilibre ?
Existe-t-il un équilibre théorique entre ces substances, ou
faut-il se contenter d’en apporter à l'enfant une proportion honnête, en restant à l'écart de toute recherche utopique ?
C’est pour tenter de trouver une réponse à ces questions que nous avons choisi ce travail.
Nous verrons où la connaissance de ces substances en est aujourd’hui dans l’ensemble, ce qu’elles sont, les aliments où elles se trouvent, la meilleure façon de les donner.
Nous verrons que les facteurs de croissance alimentaires sont nécessaires, mais que nous n'avons pas de modèle concret et pratique de leur équilibre ; le lait de femme lui-même r’en apportant pas toujours assez à l'enfant. Ainsi dans cet équilibre plus fragile, la nature satisfait moins souvent aux besoins de la vie que lorsqu'il s’agit des substances de base.
Nous comprendrons que ia connaissance des besoins exacts est impossible à préciser, et qu’on ne peut construire le tableau idéal et parfait de l’équilibre alimentaire.
Mais nous verrons que la connaissance de ces facteurs alimentaires est assez poussée pour qu’on puisse en donner à l'enfant, une quantité non pas exacte, mais convenable.