RÉTABLISSEMENT, AOUT
huitième classe avec les lableliers elles éventail-^ listes ; les droits de réception furent modérés à 400 livres au lieu de 650. Il y eut deux luthiers parmi les marchands et artisans privilégiés de la Cour par les lettres patentes enregistrées le 20 décembre 1776 ; ils étaient astreints pour toute imposition au payement d'un droit de réunion fixé à 1 3 3 livres. Les uns et les autres avaient la faculté d'exercer les trois professions de tabletier, de facteur d'instruments et d'éventailliste, avec l'autorisation d'employer la peinture et le vernis en concurrence avec le peintresculpteur.
La capiiation n'ayant pas été répartie dans une juste proportion sui* les membres des communautés, les privilégiés de la Cour et ceux qui exerçaient des professions libres, un arrêt du Conseil, en date du 14 mars 1779, fixa un tarif comprenant un nombre de classes, basé sur l'importance des professions ; leslutliiers-éventaillislesy sont divisés en 14 classes dont la quotité de l'imposition variait entre 50 sous et 60 livres.
Tel est en quelques mots, le régime nouveau imposé aux corporations. Beaucoup plus libéral et moins vexatoire que l'ancien, il avait porté un coup fatal aux antiques prérogatives, et l'on peut dire qu'en fait, les corporations avaient vécu, car l'autorité resta sourde à leurs muliiples réclamations. La preuve en est dans le brevet délivré par Louis XVI à Séb. Erarb pour l'affranchir des règles étroites qu'imposaient les statuts de la communauté :
^ Aujourd'hui 5 février 1785, le roi étant à Versailles, informé que le sieur Sébastien Erard est parvenu par une méthode nouvelle de son invention, à perfectionner la construction de l'instrument nommé forte-piano^ qu'il a même obtenu la préférence sur ceux fabriqués en Angleterre, dont il se fait un commerce dans la ville de Paris et voulant Sa Majesté, fixer les talents du sieur Erard dans lad. ville et lui donner des témoignages de la protection dont elle honore ceux qui, comme lui, ont, par un travail assidu, contribué aux arts utiles et agréables, lui a permis de fabriquer, faire fabriquer et vendre dans la ville et faubourgs de Paris et partout où bon lui semblera des forte-pianos et d'y employer, soit par lui, soit par ses ouvriers, le bois, le fer et toutes autres matières nécessaires à la perfection ou à l'ornement dud. instrument, sans que, pour raison de ce, il puisse être troublé ou inquiété par les gardes, syndics et adjoints des corps et communautés d'arts et métiers, pour quelque cause et sous quelque prétexte que ce soit, sous les conditions néanmoins par led. sieur Erard, de se conformer aux règlements et ordonnances concernant la discipline des compagnons et ouvriers et de n'admettre dans ses ateliers que ceux qui auront satisfait auxdits règlements, et, pour assurance de sa volonté. Sa Majesté m'a commandé d'expédier au dit sieur Erard le présent brevet qu'elle a voulu signer de sa main et être contresigné par moi secrétaire d'Etat et de ses commandements et finances.
Signé : Louis.
Contresigné : Baron de Breteuil.
La Révolution de 1789 survenue, les communautés déjà ébranlées, n'existèrent plus que de nom jus- . qu'au moment où l'Assemblée nationale, décrétant