‹ Les facteurs d'instruments de musique: les luthiers et la factureChapitre 26 sur 86 · XVII* SIÈCLE, LUTHIERS · texte numérisé non relu

XVII* SIÈCLE, LUTHIERS

VoBOAM ; il y a évidemment là un lapsus du copiste. D'après le Livre coni'ttode contenant les adresses de la ville de Paris, publié par Abraham du Pradel en 1692, Alexandre Voboam, établi rue des Assis, faisait les castagnettes en perfection. 11 y a dans la collection de Bricqueville, une guitare à 5 cordes doubles de ce luthier, datée de 1676, et le duc F. d'Esté en possède une autre de 1699. De Jean Voboam, dont il n'a pas e^ncore été question dans les ouvrages sur la lutherie, le Conservatoire de musi que possède deux lûagnifîques guitares de 1Ô76 et 1687 ; cette dernière, en écaille, est renfermée dans un étui aux armes, croit-on, de M '^ de Nantes, fille de Louis XIV. Enfin, j le Conservatoire des Arts et métiers possède une I basse de viole dont l'étiquette manuscrite porte seulement • Voboam 1730 ». M, G. Hart * après A. Vidal et autres, ne mentionne qu'un seul Voboam et il donne pour dates d'exercice : 1700- 173 5 ; on voit par les renseignements ci-dessus, qu'il y eut deux luthiers de ce nom et qu'ils travaillèrent plus de :2S ans avant l'époque indiquée.

Jean Hurel «faiseur d'instruments pour la musique du Roy » nous est révélé par le 1" volume de Pièces à une et deux violes, de Marais, imprimé en 1686. J. Hurel était alors domicilié rue des Arcis, « à l'image de Saint-Pierre » ; de 1689 a 1717, nous le trouvons « rue Saint-Martin », proche la fontaine Maubué. Ce luthier est cité par Sauveur pour un des plus habiles. [Mém. de VAcad, des sciences 1701).

* G. Hart. Le Violon^ ses luthiers célèbres, Paris, 1886.

C'est aussi par des inslruments que le nom de quelques facteurs d'épinettes et de clavecins de cette époque, nous est venu. Il existe au Conservatoire une épinelle de Richard, rue du Paon près St-NicolasdeF-Champs en 1623 (n* 320), une autre épinette, due à Philippe Denis y est également, elle date de 1672 (n** 322). Ph Dlnis était frèi'e de Jean Denis, organiste de St-Barthélemy et aussi facteur; en 1650, il remit à neuf le clavecin de la duchesse de Lorraine et publia, la même année chez Ballard, un Traité de l'accord de Vespinette. Les Affiches annonces do 1754, donnaient avis de la vente d'un clavecin fait par un nommé Louis Denis, probablement parent de ces derniers.

Faby est connu par un clavecin datant de 1677, appartenant au Conservatoire, de même que Nicolas Dumont, premier auteur du ravalement, l'est par un semblable instrument portant la date de 1697. C'est aussi par un clavecin de 1679 que possède le Conser vatoiré de Bruxelles, que le nom de Vincent Tibaut, de Toulouse, nous est parvenu.

Si l'on s*en rapportait entièrement à ce qu'écrivait J. LoHLT dans la Muze hisf >rique (5 avril 1661 et 1 1 mars 1662», il faudrait compter Raizin de Troyes, au nombre des facteurs d'épinettes, et non parmi les moins ingénieux, puisqu'il présenta au public un instrument auquel il suffisait de comm.'mder, pour qu'il fil entendre aussitôt l'air qu'on lui demandait :

Quand on luy dit c dame épinette, « Jouez un peu, la Boivinette,

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