‹ Les facteurs d'instruments de musique: les luthiers et la factureChapitre 51 sur 86 · ORGUE EXPRESSIF · texte numérisé non relu

ORGUE EXPRESSIF

bassistes, il veut seulement pourvoir à leur défaut dans les petites villes, ou au peu d'habileté de quelques-uns. A réglise, à la société philharmonique, au salon, à l'école même, la contrebasse à clavier a sa place indiquée, et qui sait si elle n'apporte pas aux professionnels un moven facile d'être à la hauteur de la virtuosité qui se rencontre de plus en plus dans les compositions nouvelles, et au compositeur, un surcroît de ressources ? Le clavier de M. Duvivier comporte 55 ou 38 notes; il est applicable aux contrebasses à 5 cordes en sol ou en mi; un spécimen de ce curieux instrument est visible chez M. Çïierpitel à Paris.

C'est encore à des facteurs français qu'appartient la constitution d'un nouvel instrument de musique au moyen de l'anche libre, connue de longue date, mais dont on n'avait tiré aucun .parti utile ; nous avons nommé V orgue expressif qm donna naissance à Yharmonium.

Gab.-Jos. Grenié (né à Bordeaux, en 1756 ou 1762) n'a jamais réclamé autre chose que la paternité de l'application de Tanche libre, c'est-à-dire de l'orgue expressif et non l'invention des lames vibrantes, qui ont d'ailleurs leur origine et leur principe dans la vulgaire guimbarde. Dès 1798, ainsi que l'a constaté Fétis, Grenié avait fait en présence du Comité d'enseignement du Conservatoire, des essais de comparaison entre des tuyaux à anche battante et à anche hbre*, mais ce n'est qu'en 1810 que le problème

* Biogr. univ. des musiciens, t. IV, p. 100, note i.

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fut couiplèlement résolu' et soumis à l'appréciation de rinstilut et du Conservatoire. L'expression était obtenue à Taide d'une soufflerie susceptible d'augmenter ou de diminuer la pression de Tair, et donnant pHT cohséquani une plus ou moins grande intensité de son. La pression était primitivement produite par le clavier, Grêniê la fit ensUile exercer pair deux compresseurs mus par une double pédale, dont chaque partie fonctionnait alternaUvemenl. Bien que TÀcademie ait fait l'accueille plus flatteur à tette invenfion (avril i8i i), elle n'eut pas tout d'îibord le succès qu'elle méritait et qui Idi vint par la suite, f)ar une cause bien minime : la vogue de l'accordéon imaginé par Candide Buffet en 1827. L'invenUon de Grenié a été le point de départ d'une série de perfectionnements qui ont abouti à la création de Tharmonium et donné naissance à une branche importante de la facture. Avant de mourir (3 sept. 18^7) Grenié avait fait un élève, Th.-Ach. Muller (né à Vertus en 1861), qui contribua à parfaire son œuvre. En 1834, il produisit un orgue expressif à anche libre combiné avec un piano (or^an9-/?m«o), ayant par conséquent 2 claviers et une soufflerie à pédales, dans lequel il avait substitué aux porte-vent carrés de son maître, des porte-vent cylindriques (méd. de bronze). En 1839, il consolida la rasette de l'anche par une pièce à vis, dont le résuUatfutde mieux déterminer la longueur de la partie vibrante et de donner au son J)ius de pureté. En 1844, ce fut un orgue expressif de voyage

1 Description des brevets ^ t. Vl, p. 01.

ORÔOÉ ÊXPftfeSâlF âé

breveté Tannée précédente (méd. do br.). A pari quelques améliorations de délàijs, Mùller resla fidèle au système de Grencé, c'est-à-dire à l'anche associée aux boites des luyâux, bien que l'on fût arrivé (depuis 1839) à s'en priver.

En i834,Chamerqy (Edme-Augustin) qui avait commencé en 1829 à fabriquer des harmonicas, exposa des orgues expressffs de 3 à 6 octaves à un seul jeu, réunissant trois qualités de sons différents : bàssorï, hautbois et flûte qu'il, destinait à l'accompagnement des chants d'église. 11 faisait aussi alors des pianos à vent *. Èh 1836 il débarrassa l'orgue expressif de tous les organes encombrants, en plaçant la soufflerie dans les parois ou pilastres de l'instrument et les anches sous les touches, système qui le conduisit à faire un clavier mobile d'anches libres s'adaptant à tous les pianos. Deux ans après, J.-B.-Nap. Fourneaux père (né à Léard dans les Ardennes le 21 mai 1868) qui, abandonnant la prolession d'horloger, devenait son successeur, construisait un orgue expressif à deux jeux à l'octave et deux claviers, dont les lames vibrantes étaient disposées au fond d'une case voûtée, et non

* A la même exposition, Duvernoy aîné, établi depuis 1829, présenta des pianos à soufflet ayant l'avantage de produire des sons continus et d'imiter le son du hautbois et GavaiUé-GoU y produisit son poïkilorgae (ou orgue varié) à anches libres, différant des phys-harmonicas étpiundsà soufflet, parla puissance des sons et la faculté d'expression, qui s'obtenait par le renilemcnt ou la diminution de l'intensité. Cet instrument avait un clavier de 4 octaves 1/2, d*ut à fa; sa forme était celle d'un piano carre de t m. i5sur i mètre environ.

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plus sur des tuyaux, pour lequel il reçut une médaille de bronze en 1844. C'est Fourneaux qui eut Tidée de placer les anches dans le réservoir d'air comprimé, au lieu de faire arriver le vent aux languettes parles soupapes inférieures, et qui modifia la qualité du son en recouvrant les cases d'une table d'harmonie. En l'année 1844, vu l'extension colossale prise par les divers systèmes d'orgues expressifs, il voulut produire un instrument à ressources plus étendues ; il lui donna 5 octaves et 12 registres pour les jeux de bourdon, basson, cor, clarinette, flûte, flageolet ou petite flûte et jeudoux,qui|pouvaient s'accoupler par une genouillère, et recevaient l'expression d'un système de soupapes diminuant le passage de l'air ; la diversité des timbres était obtenue par la modification des dimensions de^slaiesetsommiers. L'année suivanleFouRNEAUx père adapta un cylindre à cet orgue qu'il avait nommé orchestrion. Ce facteur étant mort le 19 juil. 1846 son fils, J.-L. Napoléon, né en 1830. continua la construction des orgues expressifs auxquels il apporta divers perfectionnements (1852) et inventa le mclodina (1855). Il est l'auteur de plusieurs ouvrages spéciaux : Petit traité de r orgue expressif {\S^ 4) et Traité théorique de V accord des instruments à sons fixes (vers 1867). Il a fait broveter en 1883 un piano-exécutant.

Par l'invention de la percussion Louis-Pierre- Alexandre Martin de Sordun, dit Martin de Provins, supprima le défaut principal des instruments à anche libre : l'action lente du vent. En faisant ébranlerl'anche par un marteau à échappement, il obtint la.

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