ARCHETS
1878 et 1889, M. Thîbouville-Laiiy fut membre du jury et, par conséquent, hors concours; à celte dernière, il remplit les fonctions de rapporteur du jury. Chevalier de la Légion d'honneur le 10 avril 1877, il a été promu officier le 1 5 janvier 1892,
Parmi les autres fabricants qui s'adonnèrent à la lutherie commune, citons Grand Gérard, à la fin du xviu« siècle et au commencement du présent ; Remy, dont rétablissement date de 1835 ; Gantrot aine, dont nous parlerons plus loin et Grandjon aine, auquel succéda son fils (méd. de i'^ cl., 1855, de br., 1807, m. h., 1878), puis son gendre, M. JU. Lantez.
A Reims, M. Emile Hennesson s'est aussi fait une spécialité d'un modèle de violon à bon marché qu'il a nommé Guarini, pour lequel une mention lui fut accordée en 1878 avec cette note < bon pour le prix ».
Nous n'avons rien dit encore des fabricants d'archet, cet accessoire sans lequel le meilleur instrument n'est qu'un corps inerte ; nous ne saurions cependant les passer sous silence, car si l'Italie peut à juste litre revendiquer la perfection du violon, c'est à de modestes artisans français que revient la réforme définitive de l'archet. Ce sont les Tourtr qui ont créé le type que l'on n'a pu depuis qu'imiter et non transformer.
Tourte père et son fils Xavier passent pour avoir supprimé la crémaillère à laquelle ils substituèrent la via à écrou mue par le bouton placé à l'extrémité in-
méd. d'honneur (Santiago, 1S75), prize medal (Philadelphie,
férieure de la baguette, vers 1740. Ils sont les auteurs de la courbure de la baguette, de la forme plus élégante de la lèle des archets, perfectionnements préliminaires, qui devaient être complétés par François Tourte (né en 1747). C'est lui qui fixa définitivement les règles essentielles à observer : longueur, poids, coupe, courbure, etc., avec une telle précision qu'elles ont été universellement adoptées. Il choisit le bois de Pernambouc, inventa la. virole en métal adaptée à la hausse pour maintenir les crins, couvrit d'une plaque de nacre la partie delà mèche reposant sur la hausse, et constitua ainsi ce que Ton nomme Tarchet à 7'ecouvrement. Pour la construction des archets, F. Tourte n'a pas eu son égal au monde ; Spohr l'a constaté dans sa méthode de violon^ et les prix qu'ils atteignent aujourd'hui le prouvent surabondamment. F. Tourte faisait payer ses archets ordinaires 36 f, et ceux à garnitures 72 livres ; on les paye maintenant de 200 à 500 fr. En 1887, à l'hôtel Drouol (vente Bonjour), un archet de violoncelle — les plus rares — atteignit le prix fabuleux de iioo fr., c'est M. Hill, de Londres, qui s'en rendit acquéreur. F. Tourte mourut au mois d'avril 1835 après s'être acquis une grande renommée « sans la désirer, a dit fort justement Fetis, et sans avoir conscience des droits qu'il y avait >. Depuis, la France a produit un assez grand nombre de fabricants d'archets qui, sans l'égaler, ont néanmoins marché sur ses traces : François Lupot qui ajouta à la hausse la doublure en métal appelée coulisse, auquel succéda Dominique Peccate (né à Mirecourt le i $ Juil. 1810)^ dont les baguetteiB peuvent