INSTR. DE TOUTES SOHTKS 3Ô
médaille d'argent pour les mêmes inslramenls et il fît remarquer des cors à 3 pistons d'une bonne justesse et d'une belle sonorité, mais on ne le revit plus dans les expositions. Depuis une quinzaine d'années, c'est son gendre, M. Jos.- Alexis Tournier, né à Huningueleô nov, 1842, qui tient la maison, laquelle s'est fait une spécialité de la location d'instruments pour théâtres, concerts, soirées, etc. Toutes les variétés d'instruments se trouvent dans^ette maison, cependant elle a surtout présenté aux expositions des cuivres et instruments à percussion.
Avec Guichard commença l'usinage pour les instruments de cuivre et aussi la facture courante que d' dLUCuns nomment pacon (le. C'esten 1827 qu'il fonda sa fabrique et en 1839 qu'il se présenta pour la première fois à une exposition. Il y reçut une mention pour le clavi'Cor que Danays avait invente l'année précédente, et « pour l'étendue de son établissement. » En 1844, Guichard occupait 210 ouvriers et faisait 700,000 fr. d'affaires ; un cor et un cor à pis- Ions seulement furent remarqués du jury et classés au second rang (méd. d'argent). L'année suivante, (i84<)), la manufacture devint la propriété de P.-L. F Gautrot associé jusque-là, qui marqua ses débuts '^] par l'adaptation aux instruments de cuivre, de cy- '* lindres trauspositeurs pour les changements de tons ^^[ (1847) et diverses modifications à l'ophicléide. En '^ 1849 il se vit attribuer une méd. d'argent pour 2 ^ trompettes classées au i^'rang et pour son cor trans- "^ positeur; en 185 1, il eut une mention el en 1855, ^ une méd» de 2* classe, A cette époque Gautrot
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avait joint à sa fabrication les instruments à vent en bois et les instruments à cordes. En le constatant, A. La Faoe disait < ces grands établissements « où Ton fait des choses si diverses finissent souvent « par ne plus fournirque diverses médiocrités et tourc nentà la pacotille». Ce que craignait La Fade se produisit, si Ton s'en rapporte à Topinion de Lacome, reproduite par 0. CoMETTANT {La musique, les musmens p.7ii).P. GAUTROTfutun commerçant habile et un facteur industrieux a dit quelqu'un; il a été certainement le premier à employer la vapeur dans ses ateliers et à établir la division du travail (1849); son usine de Château-Thierry date de 1855. 11 en résulta une production considérable de cornets à 20 fr., de flûtes à 9 fr., etc. Les préoccupations commerciales n'ont donc guère laissé place aux recherches et inventions toujours coûteuses; à peine y a-t-il à signaler quelques modifications 1854 56, un système de cor transposileur, les sarrusophones inventés par Sarrus* (1856) et les clarinettes et flûtes enmétal (1857). La dernière nouveauté présentée par ce facteur qui s'était proposé de faire changer le timbre des instruments au moyen d'un piston spécial, n'eut pas l'approbation du jury en 1878; aussi, comme précédemment, l'importance de la maison paraît avoir motivé la médaille d'argent qu'on lui attribua. Vers 1884 « la plus grande manufacture du monde » (?) passa sous la raison sociale Couesnon et Cie et à l'exposition de
' Voir i'historique decet instrument dans la Facture instru' mentale, p. 404
1889, une médaille d'or, la première qu'elle reçut à Paris, lui fut décernée. Le rapport nous apprend que € des progrès notables ont été réalibés depuis 1878 > pourtant il laisse à supposer, par les critiques énoncées sur divers instruments, qu'il en reste à faire pour atteindre la perfection absolue pour tous les produits.
En terminant rappelons que M. Thibouville-Lamy dont il a été question à la lutherie, a une fabrique d'instruments en cuivre à Grenelle, et une pour ceux en bois à La Couture, indépendamment de celle de Mirecourt où se font les instruments à cordes, pianistas, orgues à manivelle ; c'est le seul facteur qui ait jamais concentré la fabrication de toutes les sortes d'instruments et d'accessoires en vue du commerce et de l'exportation, et par conséquent du bon marché.
L'exposé succint qui vient d'être fait des travaux des principaux facteurs du xix® siècle fait ressortir une somme considérable d'efforts, grâce auxquels le chemin parcouru depuis le commencement du siècle est immense, mais il ne l'a été que par de nombreuses étapes; en d'autres termes , ce n'est qu'à la suite de multiples tenlatives, que la transformation des différents agents sonores a pu s'accomplir et atteindre au degré actuel de perfection. Bien des innovations ont été faites, parmi lesquelles il y en a eu d'assez heureuses pour subsister; d'aulres également bonnes n'ont eu qu'une application momentanée et ont dû céder devant de nouveaux perfection-
nements; li^s unes onfin ont péri ou faute d'utilité pratique ou par suite de circonstances qui n'ôtent en rien de la valeur et du mérite de leurs auteurs. D'une façon générale les progrés accomplis sont faits pour satisfaire et si tous les instruments ne sont pas à l'état absolument parfait, cela ne dépend nullement du manque d'initiative et d'habileté des facteurs ; certes, beaucoup d'entre eux n'ont guère travaillé que par routine ou par des procédés empiriques, mais d'autres ont possédé des connaissances scientifiques remarquables, qu'ils ont appliquées à d'utiles amélioralions.
Si le sort a été capricieux pour certaines inventions il ne l'a pas moins été pour les facteurs. Les uns, après de modestes débuts sont parvenus à la fortune soit par la force de leurs travaux, soit avec Tappui de capitalistes heureusement rencontrés, tandis que d autres — victimes de leur conscience artistique n'aj^ant jamais sacrifié à la médiocrité — ont vécu pénible.iient, malgré leur talent et la valeur artistique de leurs produits, appréciés seulement du peî,it nombre. Ce n'est donc pas la prospérité seule qui doit décider du mérite individuel et servir à mesurer la cclébr.té. Combien se sont enrichis par le commerce d'instruments médiocres ou par l'exploitation du talent des autres, dont le nom souvent répété» grâce à une réclame énorme, a pu faire croire à la foule ignorante, à une renommée à laquelle l'histoire ne saurait souscrire!
La célébrité n'est justement acquise qu'aux novateurs sérieux ou aux constructeurs habiles. Sous ce
rapport, chacune des branches de la facture compte, bien qu'à des degrés divers, un certain nombre de personnalités.
Après Erard et Pleyel, en qui se résume la merveilleuse évolution du piano, il y a place pour les auteurs d'utiles innovations acquises définitivement à la facture : Roixer et Blanchet, les créateurs du piano droit qui a détrôné le piano carré ; Pape, auquel on doit la substitution du feutre au buffle, pour la garniture des marteaux ; Montal, inventeur d'un système de piano transpositeur ; J.-G, Krieoelstein, le protagoniste du piano demi- oblique et l'auteur d'un mécanisme à double échappement d'une grande précision; Gaveau, également inventeur d'une mécanique ingénieuse. Citons encore, Souffleto, Boisse- LOT, Petzold, a. Bord, etc. C'est à Cavaillé-Coll qu*est dû le relèvement de la facture d'orgues un moment tombée, mais il ne faut pas méconnaître les qualités de ses émules. Dallery, Callinet, àbbey, DucROQUET, J. Merklin, etc. N'oublions pas que c'est aux découvertes successives des facteurs français, Grenié^ Muller, Chameroy, Fournfaux, Martin, de Provins, Dédain et Mustel, que le monde musical est redevable de l'orgue expressif, créé et porté par eux à son plus haut point de perfectionnement. Quant à la lutherie, si elle occupe sans contredit la première place, n'est-ce pas à l'habileté des Lupot, de Pique, des Gand, des ïfljBouT, des Bernardel, des Chanot, des VuîLLAUME, des SiLVESTRE, etc, qui out pu surprendre le secret des vieux maîtres italiens; et l'archet ne doit-il pas sa perfection aux Tourte, aux Peccate,
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auxLupoT, auxVoiRiN,elc.? Dans le domaine des ins- Iruinenls à vent, d'énormes progrès ont été faits au XIX* siècle et la part des facteurs français est considérable; rappelons seulement les noms de Simiot qui fit d'importants changements à la clarinette et au basson ; Adler, Savary, Triébert, le réformateur du hautbois et du basson; L. A. Buffet; le créateur delà clarinette à anneaux mobiles, dite à tort système Boehm : Laurent, ToLou, GoDFROY, L. Lot, auteurs de divers perfectionnements à la flûte, etc. ; et pour les cuivres : BoiLEAU, Labbaye, qui, les premiers, imaginèrent des systèmes d'instruments omnitoniques, Halary, qui constitua entre autres, les premières familles d'instruments à clefs, imagina le piston ascendant et créa le cornet à pistons ; Courtois, inventeur du clairon, fameux par ses cornets; Raoux» célèbre par l'excellence de ses cors; Jahn, qui adapta les pistons au trombone ; Ad. S.\x, auteur du saxophone et de quantité de modifications et d'inventions plus ou moins pratiques, etc.
L'importance des travaux des facteurs français n'échappa pas au Gouvernement, et soit pour l'utilité de leurs découvertes, soit seulement pour le développement donné à leur fabrication, plusieurs d'entre eux furent nommés membres de la légion d'honneur. Séb. Erard reçut le premier cette haute distinction, qui fut conférée ensuite aux divers représentants de sa maison : Pierre Erard, qui devint officier, Sgiiaeffer et Alb. Blondel. Les autres facteurs de pianos admis dans notre ordre national, comme chevaliers, sont C. Pleyel, A. Wolff, M. G.
Lyon, directeurs successifs de la maison fondée par Pleyel; Blancret, Montai, E. MANOF.OTet A. Bord. Les facteurs d'orgues et d'harmoniums, ont été les plus favorisés; après A. Cavaillé-Coll élevé au grade d'officier, il faut citer comme chevaliers : Ducroquet, Barker, J. Merklin, A, Martin, Debain, E. Alexandre, et V. Mostel. Parmi les luthiers, il n'y a que Ch. Ad. Gand et Ch. Jacquot, chevaliers, et Eug. Gand et Tiiibouville-Lamy, officiers. Seuls entre tous les facteurs d'instruments à vent, Uaoux, Lecomte, Goumas et A. Sax ont reçu les insignes de chevalier.
D'autres ont certainement mérité la même distinction, que l'on regrette de ne pas trouver sur la liste qui précède ; il ne faut en accuser que les circonstances qui jouent un grand rôle, on le sait, dans la destinée des hommes.
Chambres syndicales patronales et ouvrières.
La loi de 1791, en interdisant tout groupement corporatif, avait eu pour but principal la suppression d'abus flagrants contre lesquels il était urgent de réagir, mais, en même temps, elle avait détruit le principe et la légalité de l'association qui, sagement réglementée et nullement despotique ni coercitive, est une puissance fort utile en maintes circonstances. On s'en aperçut bientôt et la nécessité d'une action
:m CHAMBRES
commune, d'une entenle générale pour la défense des intérèls vitaux des diverses industries, vis-à-vis des autorités compétentes ou de la concurrence étrangère, amena peu à peu, avec la tolérance du gouvernement, la constitution des chambres syndicales, dont l'existence légale ne fut reconnue qu'en 1884. Les facteurs de pianos, sur rinitiative de Sa- VART, furent des premiers, en 185 j, à former un syndicat, dans lequel les maîtres facteurs des diverses sortes d'instruments furent reçus. En 1878, dos questions de personnes provoquèrent une scission ; M. WoLFF, de la maison Plevel, se mit à la tète des dissidents et fonda une seconde chambre syndicale de patrons. En i88ï, devant une grève menaçante, on tenta un rapprochement qui n'aboutit pas; cependant, vu la gravité des circonstances, les deux chambres se mirent d'accord pour une action commune, limitée à la durée de la grève ; après quoi, chacune reprit sa liberté. Une nouvelle tentative de fusionnement faite en 1889, fut couronnée de succès, et la chambre actuelle comprend presque la totahté des facteurs d'instruments de tous genres et d'accessoires * ; les abstentions ne portent qua sur les pe-
1 Fadeurs d^ orgues : MM. Cavaillé-Coll, Dcbierre à Nantes, J. Merklin, Stolz ; Orgues à cylindres Cottino et Tailleur, Limonaire frères et r>, Alb. Martin, Alpl). Mugnier, Yver (Gavioli et G*"); Harmoniums : Gavloli fils, Mustel, Rodolphe, Sèchef^ (maison Alexandre); Pianos: Aucher frères, Aurand- Wirth à Lyon, Ch. Aurand, Aviss3aii, Barrouin, Alph. Blondél, Alb. Blonde! (maison Krard), Ant. Bord, Burgasser, ConstantE, Gofitii, Groissandeau, Dâali, Focké fils ataë, J, Fraatz, Ct^