CUIVRE ET BOIS — A. SAX
« Depuis, nous avons eu Tinvention des instruments de Sax qui sont venus jeter le trouble dans la musique militaire, la dénaturer par l'introduction successive de nouveaux instruments, jusqu'enfin à la détruire complètement pour la remplacer par des fanfares plus ou moins sonores ^
Quant à l'industrie des instruments elle existait florissante, bien avant l'arrivée d'Ad. Sax à Paris, on l'a VU; et si le développement en général, prit une grande extension sous l'Empire, ce n'est pas à l'influence de ce facteur qu'elle est due, mais à l'accroissement de plus en plus grand des musiques militaires et civiles, cela est indiscutable. Au point de vue manufacturier, Ad. Sax n'a pas non plus la priorité, car rétablissement deGuicHARo date de 1827.
C'est en 1843 que Antoine Joseph Sax, dit Adolphe, fils de Charles-Joseph, facteur bruxellois, mécontent d'une décision du jury de l'exposition de Bruxelles en 1841, vint à Paris où il ouvrit tout d'abord, un modeste atelier. Né en 18 14, il est l'aîné de 1 1 enfants. Un de ses frères Alphonse Sax (né en 1822), lauréat du Conservatoire de Bruxelles pour la flùte^ s'est aussi établi à Paris vers 1860, mais l'existence de sa maison fui de courte durée, car en 1867 elle ne figurait déjà plus sur la liste des facteurs parisiens. Il avait été croyons-nous, établi auparavant à Bruxelles, rue des
cuivre aux instruments de bois dans la musique militaire. L'on îi bientôt reconnu, il est vrai, que cette mesure entraînait la ruine de la facture des instruments de bois aussi bien que la perte d*une joule d^ artistes, mais il était déjà trop tard. • A/i# MémoireSy in-8", Le Puy, 1890, p. 3o5.
Comédiens, puis il était venu travaillera Paris, chez son frère Adolphe vers 1844. De fâcheux démêlés survinrent entre eux à propos du système des pistons ascendants lors de l'exposition de Londres en 1862. Sans prendre parti dans la question, le jury accorda la même récompense (prize médal) aux deux frères, les inslruments d'Alphonse Sax étant construits en perfection. Deux de ses instruments sont au Conservatoire de Paris, un cor à cylindre à rotation et une trompette à 4 pistons (2 ascendants, 2 descen dants), du système qu'il appela Saxomnitonique, Alors qu'il a fait une très large place à Ad. Sax, dans sa Biographie universelle^ FÉTisn'a pas même consacré une ligne à Alphonse. Est-ce là 1 impartialité de cet écrivain?
U ne paraît pas qu'Alphonse Sax ait fait autre chose que « des cuivres > ; avec François Millereau, natif de Grosbois (Côte-d'or) nous revenons aux facteurs qui fabriquent les deux espèces < cuivre et bois >. Quittant l'atelier de BessoN, il s'établit en 1861 et ne s'occupa d'abord que de la fabrication descuivreS; ce n'est que plus tard qu'il entreprit les c bois ». U débuta en 1867 dans les expositions et reçut une médaille d'argent. Déjà F. Millereau avait apporté une modification à la disposition des clés du saxophone, en les faisant fermer toutes sur le dessus de l'instruraent, En 1878 ce facteur reçut un rappel, avec éloges, de la médaille d'argent : « instruments en bois et cuivre très bien faits, dit le rapport, et d'une grande justesse; saxophone soprano excellent, clarinettes et hautbois très bons». A cette exposition il présenta un
CUIVRE ET BOIS — MILLEREAU [Mj{
cor vocal à } pistons à l'octave aiguë du cor, destiné à la musique de salon. L'acquisition du fonds Lx\bbaye (1878) vint mettre F. Millereau en possession des mîdlleurs modèles de ce facteur, et du matériel de Raoux et lui assurer dès lors, la supériorité pour les instruments qu'ils construisaient avec tant de succès. Ce succès F. Millereau a su le conserver et les qualités exceptionnelles et rares des cors de Raoux entre autres, se retrouvent dans ceux qui sortent de ses ateliers. En lui accordant une médaille d'or, le jury de 1889 l'a reconnu d'une façon péremptoire. Dans le rapport nous relevons ces appréciations :
t Le timbre de la petite clarinette est fort joli. . . les saxophones alto et soprano ont une qualité de son exceptionnellement bonne et sont parfaitement justes... les cornets sont d'une bonne sonorité et justes. . . le bugle baryton et la-basse sont exceptionnellement bien timbrés et d'une parfaite justesse dans toutes les positions. . . »
En 1883 F. Millereau eut l'idée de faire le clairon en forme décor, c'est-à-dire avec pavillon en arrière, et que pour cette raison il nomma clairon-chasseur. A la suite d'expériences diverses, le Ministre de la Guerre en ordonna l'adoption dans les corps d'infanterie. Les instruments omnitoniques de M, H. GhaussiKR décrits dans notre volume la Facture instrumentale (p. 193), sont construits par F. Millereau qui est fournisseur du Conservatoire pour les cors, et tout récemment, M. H. Altès, professeur dans cet établissement, lui décernait une attestation des plus flatteuses pour la flûte Boehm qu'il avait essayée.
Comme plusieurs de ses confrères (MM. Sudre, Evette et Schaeffer, etc.). F. Mïllbreau s'est fait éditeur d'oeuvres musicales pour les instruments avant, soii solos, soit en musique militaire (harmonie etfanfare); il publie en outre un certain nombre de grandes méthodes d'artistes, parmi lesquelles la grande méthode de flûte d'ALTÈs, celle de trompette par Dalverné, de t:'ombone par Delisse, de cor à pistons par Garîgue, de basse par Salabeht, etc.
Instrumlnts de toutes sortes.
Ce n'élail guère quun magasin de vente que tenait Ilipp. CoUin, rue des Fossés-Montmailre. vers 1780, car il ne tigure pas comme fabricant d'instruments à vent sur les'documents de cette époque. Il n'apparut que vers 1820, parmi les fadeurs d'instruments en bois; il e«t vrai que son nom se trouve également mêlé aux luthiers, facteurs d'orgues, etc. Après lui, sa veuve conserva le fonds jusqu'en 1830, époque où elle le vendit à M. Darche qui, en i8y) et 1844 exposa des orgues de chapelle et reçut en 1849 une mention pour une trompette chromatique à cylindre:^, placée au second rang et des clairons placés au quatrième. En 1855, ce facteur fit présenter par ses neveux Eugène Henri et Jules Martin, auxquels il cédait la place, un système timbales qui leur valut, avec une trompette de cavalerie, une médaille de 2*^ classe. A Londres, en 1862 ils eurent la Prize medal pour instruments de cuivre bien conditionnés. Hesté seul depuis 1865, J. Martin obtint en 1867 une