‹ Les facteurs d'instruments de musique, les luthiers et la facture instrumentale; précis historiqueChapitre 60 sur 84 · INST. EN CUIVRE — IIALAUY · texte numérisé non relu

INST. EN CUIVRE — IIALAUY

deux ans après (1B75). Non moins ingénieux que ses prédécesseurs» il faisait breveter successivement une machine à faire les pavillons (1879}, "i^ procédé pour le cintrage des tubes (1882), l'adaptation aux instruments d'une membrane résonnante pour en augmenter l'intensité (1889), une grosse caisse portative, un système produisant l'effet des doubles et. tri pies coups de langue, des sudrophones, instruments à pistons avec bec à anche que nous ne connaissons encore que de nom (1892) et le remplacement des pistons ordinaires par un clapet (brevet du 20 mars 1893). Cette innovation est susceptible de causer une véritable révolution dans la facture, car elle supprime le piston actuel qui exige une grande précision dans sa fabrication et dont l'action est plus lente (par suite de la course qu'il effectue dans le cylindre), que celle d'un disque ou clapet, dont le mouvement, n'est que d'un quart de cercle. M. F. Sudre construit également, d'après le système imaginé par Daniel, les instruments compensateurs décrits dans notre précédent volume (p. 142) ; il reçut, en 1878 et en 1889 une médaille d'argent (Paris) el une médaille d'or à Anvers (1885) ; M. F. SuDRE est né à (]arcassonne en 1844 ; il a fait son apprentissage à Marseille, chez Daniel, après quoi il travailla chez Couturier, à Lyon, et chez Ha- LARY (1866), qu'il quitta pour devenir le représentant de Couturier, à Paris, avant de diriger l'association d3s ouvriers facteurs, et de prendre la succession

dHALARY.

Les besoins croissants des musiques militaires amenèrent peu à peu la création de nouveaux éta-

blissements, morts pour la plupart avec leurs fondateurs. Ils» ont cependant quelque titre à une place dans les fastes de la facture, soit par la bonne qualité de leurs instruments, soit pour les perfectionnements qu'ils leur ont apporté. De ce nombre est l). Jahn (1020-^7), qui se distingua dans la fal)rication du trombone. En 1834 il fit subir quelques changements à la forme du trombone à pistons, qu'il modifia complètement deux ans après. Déjà en 1B35, il faisait des bugles à 3 pistons avec lesquels on pouvait jouer dans l'étendue des instruments ordinaires. Sa facture était fort soignée, les instruments qui nous sont parvenus Tatteslent et aussi la mention qui lui fut décernée en 1839 pour un cor à 3 pistons et un trombone-alto placés au i''^ rang. François Perinet a attaché son nom à lui système de pistons qui a fait fortune dans la facture, et qui a contribué beaucoup aux progrès de cette catégorie d'instruments. En 1829 il ajouta le 3® piston au cornet; en 1834 il fit un nouveau cornet qu'il perfectionna eil 1839, et inventa un piston-basse en 1841, qu'il proposa pour remplacer l'ôphicléide. M. J.-M. PetteiE-Muffat quitta l'atelier de Raocx pour prendre la suite de Perinet, mais il s'en tint à la fabrication des trompes de chasse (méd. d'argent 1889). Désiré Paridaens (1829-56) n'est guère connu; un cornet à pistons de sa fabrication est entré récemment au Conservatoire elJules Paridaens^ peut-être son fils, paraît avoir exercé quelques années après lui. Pertus n'est également connu que par un système diminuant la course du piston (1833) et une troni*

IXST. EN CUIVRE 339

pelle en fa à deux pistons au Conservatoire. Moins obscur a élé E.:J.-M. Dujariez (1851-55); c'est lui qui parvint à corriger les notes défectueuses du cor simple, telles que les sol, mis fa dièse des tons de mib,, fa, etc. Un rapport du 30 juin 183 1 fait à Ché- RcniN'i, directeur du Conservatoire, par les cornistes Daupbat, G.\llav et Meifhed, fait l'éloge de son cor solo; en 1834 et 1855 le jury reconnut que ses ins- Irumerits étaient bien confectionnés et doués d'une belle qualité de son (mention hou.). Bartscb se fit connaître en 1835 P^i' l'invention d'un mécanisme pour le cor à pislons, permettant de jouer dans tous les Ions. A l'exposition de 1849, ^l présenta un cor à coulisse et à ressort (méd. de br.) et il fit breveter en 1854 une nouvelle forme de pistons cylindriques. De ce facteur il existe au Conservatoire un cornet à 2 pistons datant de 1840. lUen ne s'attache au nom de Baillet (1833-50), mais de Nie Firmin Michaud (1837-72), quelques souvenirs sont restés. En 1849 il reçut une méd. d'argent, son clairon et son baryton ayant été placés au T' rang et son cor au 2^ 11 est cité à diverses reprises dans le rapport de 185;, notamment pour ses cors et trombones à coulisse qui lui valurent une médaille de r' classe. David (1837-73) a fort peu fait parler de lui ; il n'offre à signaler que son système de gros piston chromatique (1855), ses instruments à petits tubes, perce ronde et pleine, diminuant la course du piston ( 1 866). Mongin ( 1 84 3 - 5 7) est dans le même cas que le précédent ; deux brevets de perfectionnements on 1849 et 50 sont les seuls souvenirs qu'il ait laissés. Roehn (1848-84) n'est

pas beaucoup plus forluiié avec la mention qu'il obtint en 1H49 el son perteclionnenient du Irombone à coiiliss(* ( lîU^o). Ce n'est pas non plus le propre des associalions ouvrières de se dislin.^uer par des innovalions nombreuses, souvent fort onéreuses ; elles se conlenlenl d'apporter leurs soins à la fabrication des modèles adoptés. L'association fraternelle d'ouvriers fadeurs d'instruments à vent fondée en 1848 et dirigée par Honze, obtint à ce titre luie mention en 1849 et en 185!;, alors qu'elle avait à sa tète iM. Deschamps; seule de toules cell(»s qui furent présentées, sa Inmipelle satisfit complèlemen». le jury. Depuis une vingtaine d'années, cette association a cessé d'exister. 11 s'en est formé une autre en 1865 dont il sera question tout à l'heure. Oscar Beaubenf (1849-1867) malgré son système de piston à pompe (185 1), n'est guère connu.

Il n'en est pas de môme de Gust -Aug. Bessoii, né à Paris en 1820, qui n'a rien ménagé pour faire parler de lui \ Gomme plusieurs de ses confrères, il est fils de ses œuvres. Dès l'âge de 10 ans, il entra en apprentissage chez Dujarier, puis il travailla dans plusieurs maisons, et, à 18 ans, tourmenté du désir de réaliser divers projets,il s'établit à son compte avec des ressources restreintes, qui l'obligèrent tout d'abord à n'entreprendre que des ouvrages à façon. Mais peu à peu la situation s'améliora, et G.- A. Besson parvint à présenter à l'exposition de 1844, un cor à pistons et un bugle qui, bien qu'inachevés, furent placés au

* De Pontécoulant. Douze jours à Londres, p. 254 et 296.

Page 1