‹ Les facteurs d'instruments de musique, les luthiers et la facture instrumentale; précis historiqueChapitre 62 sur 84 · INSTR. EN CUIVRE · texte numérisé non relu

INSTR. EN CUIVRE

serpent. Les inslrumenls de ce facteur sont très rares, une seule clarinette en cuivre, à 9 clés, déjà signalée {La Facture, p. 168) nous est connue. Il mourut en i8p et sa veuve continua avec son neveu Louis MuUer pendant quelques années, après quoi, il resta seul jusqu'à son décès, qui survint en 1867 *. Ce facteur fut très inventif; en 183 5,1! donna aux pistons une perce plus forte ; en 1838, ilfit un systèmede cor à 2 pistons percés de trois trous au lieu de.quatre et actionnés par des touches ou boutons, à volonté ; en 1846, il construisit une clarinette-basse à deux corps parallèles en forme de basson, descendant à YtU, qu'il proposa pour remplacer le basson, puis, une clarinette à 14 clés et 4 anneaux dont un spécimen est au Conservatoire (n® 539); en 1855, ce fut une contrebasse à anche a corps parallèles, également en forme do basson, descendant uneoctave au-dessous de cet ins" trument, aperce cylindro-coniqu«, pavillon en cuivre et disposition nouvelle des clés, qu'il appela mtiller' phone. Ses cornets à 2 et 3 pistons furent jugés les plus satisfaisants en 1855 (méd. de 2" cl.). Peu après la mort de Moller, M. Jean-Léon Cousin, né à Paris le 30 janv. 1843, se rendit acquéreur de son fonds (sept. 1868) ; il avait fréquenté les classes entretenues au Conservatoire par le ministre de la guerre, alors qu'il était musicien au 2*" génie, et obtenu un 3e accessit de clarinette au concours de 1863. M. Cousin en-

* Dans le Catalogue du musée du ConservaloireyQ. Chouquet a indiqué comme époques d'exercice de ce facteur ift35-55 (page i36 ^et i83o-6(> (page 166.)

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seigne actuellement cet instrument à TÉcoIe de musique de Lyon, succursale du Conservatoire de Paris. Comme facteur, cet artiste a remporté deux médailles d'argent (1878-89); il aimaginé un système d'ins Iruments à «; pislons sur lequel nous nous sommes étendu dans la Facture (p. i iB) ; il est encore l'auteur d'un enlre-deux articulé, servani à monter et à démonter instantanément les instruments à pistons, faits avec un tube sans soudure.

Trois ans après la création de la maison Sauter- MEisTER à Lyon, Couturier en fondait une seconde (1812), ayant pour but la facture ordinaire. En 1852 elle passa aux mains de son fils Jacques Couturier, qui fit breveter la même annéQ un perfectionnement à lophicléide, consistant dans la suppression des 4 dernières clés et leur remplacement par un piston à rotation. Un ophlcléide basse de ce genre est au Conservatoire (n" 654). A l'exposition de Londres en 1890, on vit un cor marqué « Dubois et Couturier, Lyon », probablement du père de ce dernier*. Après avoir reçu une méd. de 2® cl. en 1855» J. Couturieu fils, obtint en 1867, une méd. de bronze. Vers 1875, son fonds devint la propriété de la maison Pellisson, frères. A Lyon, il y eut encore Tabard (1820-48) qui ne fut pas sans mérite, à en juger par les instruments que l'on connaît. Le plus original, à coup sûr, est l'espèce de serpent à 3 clés, à pavillon en forme de télé de dragon, dont il y a des spécimens à Bruxelles et à Leipzig dans la collection P. de

^ Des almanachs de i836-38 indiquent cette raison sociale*

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Wilt. Le catalogue A. Sax mentionne un instrument de cette espèce marqué Jeantetà Lyon. Au Conservatoire de Paris, on voit un clavicor de Tabard fait avec une magnifique corne (n° 674) ; dans la collection Sax il y avait un buccin et un ophicléide-basse, si b. kg clés et le musée Kuaus possède une canneflùtedece facteur. De Rust qui vendit le serpent à une clé n° 645 du Conservatoire; on ne connaît que le curieux basson entré récemment dans la même collection. P.Piattet et Benoît n'ont guère laissé, en dehors de leur projet de remplacement des clés et pistons par les soupapes (1836), que le souvenir de leur parlicipalion à l'exposition de 1855. Enfin, plus anciennement, le grand-père du compositeur L. CJapisson était établi dans cette ville et un petit facteur, nommé Rive^ dont nous possédons un cor à 2 pisions, fut mêlé au procès Sax, de 1846 à 50. Il était déjà établi en 1840.

Lyon est la seule ville qui ait fourni autant de facteurs ; à peine en compte-t-on quelques uns pour le reste de la France. A Marseille, nous ne voyons que l'ancienne maison Guérin qui fait remonter son origine à 1762 et fut dirigée par Daniel vers 1847 et ensuite par sa veuve et son fils (1857-81) avant de revenir au descendant du fondateur qui exposa en 1889 des violons et des clarineltes (niéd. de br.). Daniel est l'auteur de divers perfectionnements aux instruments a pistons brevetés en 1858,6461 81, dont il a été question dans notre précédent ouvrage. Lille n'a donné que Henri-Louis-Joseph Jacques dit Printemps (1820-30) dont il y a un ophicléide alto

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en la b au Conservatoire (n^* 652) et Bayeux nous a offert E.-Fr. Cassine (1855). A Strasbourg, J.-Chr. Roth entreprit en 1B40 la fabrication des bois et des cuivres. Il se présenta à l'exposition de 1844 et reçut une médaille de bronze pour une trompette placée au i®r rang et un alto au 3e. Puis il adapta aux instruments de cuivre un mécanisme transpositeur à coulisse mobile (185 2-56). En 1855, IIoth fil une flûte descendant au sol et une clarinetle-basse, dont aucun trou n'était bouché directement par les doigts, qu'il présenta à Texposilion avec un corneLclarino (cornel et buglo duplex), un cornet omnitonique à cylindre et à coulisses et des clarinettes en cuivre (méd. de 2^ cl.)* Charles Kretzschmann. également de Strasbourg fit breveter divers changements aux instruments à cylindre de 1850 à 58; le Conservatoire possède un bugle alto en mi ô à 3 cylindres (n° 586) et nous avons vu un cor à son nom.

§ Vif. FAGTt:uRS d'instruments dits en cuivre et en bois. Facteurs d'instruments de toutes sortes.

Peu de facteurs exécutent réellement les deux sortes d'instruments que l'on est convenu d'appeler en « bois et en cuivre >, bien qu'il en soit vendu beaucoup comme tels. Les procédés de travail, Toutillage, etc., sont tellement différents, que cela n'a pas lieu de surprendre. D'ailleurs, il n'y a pas très longtemps que l'on a eu Tidée en France de réunir

les deux genres*, et même les instruments à cordes. Adolphe Sax, qui, à l'imitation de son père établi à Bruxelles, s'occupa des deux sortes d'instruments, a été certainement une personnalité marquante de la facture, mais l'efficacité et l'utilité deses travaux, ainsi que leur influence sur le progrès et le développement de la facture sont discutables. Il s'est abusé sur la valeur de ses découvertes et Ton peut dire qu'il est lui-même Fauteur des déceptions et des déboires qui abreuvent la fin de son existence. Il est à regretter que ce facteur ingénieux n'ait pas fait un meilleur usage de ses facultés, et qu'il ait eu la folie de vouloir concentrer toute la facture en ses seules mains. C'est pour avoir tenté de dominer tout et de se substituer à tous, qu'il s'est attiré les procès qui ont été le début de luttes violentes, également fatales aux deuxpartis. En vain, on essayerait d'incriminer lesfacteurs parisiens; ils défendaient leur existence et ce n'est pas sans raison qu'ils qualifiaient d'intrus, l'étranger qui, sous prétexte de perfectionnement souvent plus apparent que réel, portait la main sur tout, et voulait monopoliser, par le moyen du brevet, la fabrication des instruments à l'usage des musiques militaires.

* Sautermcister avait fabriqué à Lyon, des bois et des cuivres. Ch. Collin (1820;, Husson et Duchêne et autres déjà cités ainsi que Gambaro (i833-5o) succédant à son père Jean-Bapliste fixé à Paris vers 1818, ont tenu toutes sortes d'instruraeiits. Sans pouvoir Taffirmer d'une façon précise, nous croyons que la fabrication de ces derniers se bornait aux deux sortes « cuivre et bois », Gambaro étant inventeur d'un système de pistons à clés à bascule (1845.)

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On ne peut exciper en sa faveur de rintcrêl de Fart, la queslion de commerce et d'intérêt privé ne lui était pas indifférente, sans quoi, il n'eût pas quitté sa patrie, où il eut pu paisiblement produire ses découvertes. Ad. Sax n'a guère élé jugé jusqu'ici que par ses adversaires acharnés ou par ses panégyristes, amis maladroits ou écrivains par trop intéressés, d'où il résulte de part et d'autre une exagération évidente. Pour dégager l'exacte vérité il faudraitune longueétudecomparaiive qui ne peut trouver place ici ; toutefois nous essayerons de ramener les choses à leur véritable proportion .

On ne peut refuser à Ad. Sax le mérite d'avoir eu d ingénieuses conceptions, mais il est certain qu'elles ont louché souvent l'utopie et que beaucoup dépassaient les bornes raisonnables de la pratique, ce qui leur occasionna plus Topposilion des artistes que celle do ses concurrents. D'ailleurs son compatriote, M. Maiiillon n'a-t-il pas lui-môme émis un doute sur l'utilité du système à 6 pistons? (V. Ldi facl. insh\^ p. 134). Si Ton examine froidement l'œuvre d' Ad. Sax, on reconnaît que la somme de ses inventions réellement utiles, est très restreinte. C'est sur la clarinettebasse que ce facteur porta d'abord ses efforts; or il est avéré que les proportions données par lui, ne sont pas celles qui ont prévalu et que son mécanisme, à coup sûr, préférable à celui à 1 3 clés, n'a pas davantage élé adopté, puisque c'est à celui de Buffet, dit système Boelim, que s'en tiennent les facteurs français lequel a pris tout récemment place dans l'enseigne ment du Conservatoire de Bruxelles. En outre> l'o-

pinion de FÉnssurla clarinette-basse de Dacosta que Ton verra plus loin, prouve que les fadeurs français avaient pu faire un instrument convenable, avant d*avoir eu connaissance des travaux de SÂx. Pour la flûte, Sax n'a pas vu non pliis ses efforts couronnés ; pour le basson, malgré l'éloge que l'on en fit, il faut avouer qu'il ne pouvait détrôner l'ancien , tout chargé qu'il est d'inconvénients fort regrettables. A qui fera-t-on croire d'ailleurs que s'il offrait des qualités réelles, le basson Sax ne serait pas usité en Belgique ? 11 n'y a donc pas eu, comme on l'a dit, opposition syslémalique^ Quant au hautbois, on sait que c'est à Triébert qa'il doit le meilleur de ses perfectionnements et non à Ad. Sax. Pour les instruments à embouchure, nul n'aura la pensée de soutenir que sans lui, les cors, cornets, trompettes et trombones seraient encore à l'état absolument imparfait. Sax n'a pas balancé, que nous ne sachions, la réputation des Raoux, des Labdaye, des Courtois, des Halary, qui l'ont devancé, et l'on ne peut dire que leur succès vient de l'imitation de ses modèles, leur réputation étant établie avant celle de Sax, on l'a vu. Les inventions utilisables de ce facteur se réduisent donc au saxophone^ (1^46), car nous nous refu-

* Le Conservatoire possède un basson de Sax. Il est donc aisé de se rendre compte de sa juste valeur.

*La première application de l'anche battante au tuyau conique — principe du saxophone — appartient à Dcsfontenelles, de Lisieux {1807), ainsi cpie nous l'avons démontré le premier, dans la Facture instrumentale (p. 49). M. Maliillon en a cité un autre exemple antérieur à Sax, dans le Tenoroon {Annuaire du Conservatoire de Bruxelles , 1892, p. i83.)

sons à voir une création dans le saxhorn. Qu'il y ait modification, nousTadmettons, mais le clavicor et le nrocor (jui l'ont précédé, ne Ibi étaient pas inférieurs. Quant à la constitution de familles complètes d'instruments à pistons, elle avait été réalisée bien avant lui par IIalary avec les ressources de Tépoque, lorsqu'il dota les instruments de clés, les pistons étant encore inconnus en France. Ce qui appartient sans conteste à Ad. Sax ce sont les instruments à 6 pistons ascendants*, etk tubes intépendants. Mais s'il y a eu difficulté vaincue par le constructeur pour le groupement des sept corps sonores, l'instrument s'est compliqué pour l'exécutant, ce qu'il ne saurait admettre, et si quelques-uns ont joué ce système, ils ne l'ont fait que parce qu'il leurélaitimposé, carils ne manquent pas de rabandonni3r dès qu'ils échappent à la contrainte ^ L'idée même de donner aux saxtuba que l'on entendit à l'Opéra en 1852, dans le Jw?/ errant, la forme des instruments représentés sur la colonne Trajane à Rome, ne revient pas exclusivement à Ad. Sax; elle a été mise à exécution 60 ans avant lui parB. Sarrette, directeur du Conservatoire, qui les fit entendre pour la première fois le 12 juillet 1 791, à la translation du corps de Voltaire au Panthéon^ En résumé, peu de découvertes absolu-

1 Nous avons cité à l'article IIalary, page 335, une application antérieure (1849) ^^ piston ascendant; la nouveauté de l'invention d'Acl. Sax ne consiste donc que dans les tubes indépendants.

* La Facture instrum^ à VExpositioUy p. i33.

3 La Chroniqu9 de Paris,, p. 781. «... des strophes de Ché-

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ment marquantes et surtout utiles, justifiant l'excessive réclame faite à leur auteur. Quant à la valeur artistique et aux qualités de facture, ont-elles été toujours absolues? L'opinondediversartistesetécrivains laisse un doute à cet égard, H. Blanchard n'écrivaitil pas dans la Revue et Gazette musicale de 1849

. . . Qu'il soigne la fabrication de ses cors, qu'il les rende plus légers; qu'il réhabilite le basson, à la proscription duquel il a quelque peu contribué et qui menace "de faire bientôt' défaut dans nos orchestres, dat-il le remplacer par un nouvel instrument de son invention, car la voix douce et toute empreinte de mélancolie du basson manquerait dans le discours instrumental, y ferait lacune. ..

Ad. La Page {Quinze visites à l'exposition de 185$, p. 135) a comparé l'effet des instruments Sax à celui des voix de chantre de village « qui, au lieu de « prononcer parexemple a, prononcent oa^ oua, etc., « et croient ainsi produire beaucoup plus de son > . La Page, nous le savons, est un juge qui a été récusé par Ad. Sax, mais on sait aussi que c'est parce qu'il ne voulut pas « comme d'autres, brûler dans la

nier, mises en musique par Gossec, exécutées en parlie avec des instruments antiques, copiés sur la colonne Trajane et qui produisaient le plus bel clTet. . . » Ajoutons que l'on donna à ces instruments le nom de tuba curva et de buccin et qu'ils furent fréquemment employés dans les fêtes nationales. Le premier rendait le son de « six serpents » et le second celui de « quatre demi-cors ». Nous donnerons de plus amples renseignements sur ces instruments dans un autre travail.

t Gazette musicale^ de l'encens sur Taulel qui lui < avait élé érigé. »

Où l'habilelé du facteur s'est fait jour, c'est dans la réclame par les journaux et dans la mise en mouvement de beaucoup de monde « et du plus gros » pour prôner ses instruments, ainsi que dans les procédés employés pour leur placement. De tout temps le monopole a été exclus des fournitures militaires, mais il n'y avait pas là de quoi embarrasser. Donner son nom par brevets à des instruments quelque peu modifiés, les faire prescrire sous ce nouveau vocable^ dans les ordonnances ministérielles, était un moyen assez adroit de tourner légalement la difficulté (1845)» De vives et jusics réclamalions parvinrent, en 1848, à faire rétablir les véritables noms des instruments, mais, avec le rét»ime impérial, se retrouvèrent de hautes influences et une nouvelle ordonnance (1861), ' fit refleurir les noms substitués arbitrairement aux anciens. Nous avons déjà fait remarquer {La Facture^ p. 262) qu'il n'y a qu'en France quecette désignation a été adoptée et que, même dans la patrie de Sax, on a conservé le nom générique de bugle. Le nom de saxhorn s'est maintenu chez nous contre toute logique, car les instruments de cette nature^fabri- (Jués par les différents facteurs, ne sont pas identiques à ceux d'Ad. Sax et ce qui était le saxhorn, c'est-à-dire bugle-Sax, ne l'est plus véritablement, dès l'instant que le modèle elles proportions de l'instrument type ont été modifiés*. L'esprit d'absorption de

' Ajoutons que Fétis n'a pas réfléchi qu'il condamnait le

Ad. Sax so remarque partout. Nommé chef de la musique de scène à FOpéra, il y introduisit peu à peu tous ses instruments en cuivre, à l'exclusion de ceux que les auteurs avaient indiqués, et il n'hésitait pas à transformer en fanfare ce qui était écrit pour harmonie, comme dans les Huguenots par exemple *. Il ne fallut rien moins que l'énergique volonté de . M. Ch. Lamoureux, pour empêcher semblable abus lors de la représentation de Lohengrin et ramener sur la scène de l'Opéra, les flûtes, clarinettes, bassons, cors, etc., qui en étaient bannis depuis longtemps. Ces faits connus, il devient évident que l'opposition systématique dont so plaignait sans cesse Ad. Sax ou les siens, ne se justifie guère, et que ses actions étaient bien faites pour soulever des protestations. L'on conviendra alors que les lignes suivantes écrites en 1855 par Scihltz, virtuose distingué, ne manquent pas de fond :

Que dire de M. Sax. ce musicien fabricant belge qui a été soutenu dès son arrivée en France par toutes les sommités guerrières et administratives, et auquel, pour comble de bonheur, tous les facteurs ont fait des procès

procédé de son compatriote en écrivant dans le rapport de l'Exposition de 1867 : « Peu importe la forme, quelque nom qu'on Içur donne, les instruments à tubes larges, avec pistons, appartiennent à une clossification naturelle; suraigu, alto, basse, etc., peu importe donc que l'en nomme cuphonium la basse, hélicon la contrebasse, etc. . . »

1 Deldevez VArt du chef d'orchestre, p. 2i5. Cette questi):i est- traitée plus en détail dans notre Histoire de l'orchestre le r Opéra.

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en nullité de brevets ; par contre-coup, il a riposté par une multitude de procès en contrefaçon. Voilà lo ans que cela dure, et cela durera encore lo ans. Tous les journaux annoncent ces procès à grands renforts de trompes. Vaincu ou vainqueur, toutes ces vilenies judiciaires ont profité à M. Sax. La preuve, c'est que^ous tous les gouvernements M. Sax a été médaillé, décoré et fournisseur spécial. Aujourd'hui, il est facteur de la maison militaire. Avec les capitaux et les protecteurs dont M. Sax a disposé, la moindre intelligence commerciale aurait gagné depuis lo ans plusieurs millions. Mais M. Sax, avec toutes ses médailles, toutes ses décorations, toutes ses protections et son habileté, a trouvé moyen de se ruiner •.

Ad. Sax se releva pourlanl de la première faillite qu'il avait faite en 1852, à laquelle Sciifltz faisait allusion, mais il ne devait pas échapper à la ruine prédite ; en 1873, il dut déposer de nouveau son bilan, après une période particulièrement brillante, pendant laquelle il avait certainement vendu beaucoup d'instruments, reçu plus de $00.000 fr. d'indemnité du procès Gautrot, encaissé nombre de primes des facteurs qui avaient sa licence pour faire des instruments imposés sous son nom dans l'armée, etc. Comment donc s'il n'y eut des dépenses excessives, des remises exagérées, des frais de publicité énormes, des panégyristes largement rémunérés, s'expliquer un tel désastre, irrémédiable cette fois? Avec le nouveau régime, Ad. Sax ne retrouva pas Tappui que

La Page. Quinze i.vs/7e5 d'après VAlmanachmus'cal,

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lui avaient prêté les fonctionnaires de l'Empire, la lutte redevint égale et toute pression officielle cessant, les facteurs purent écouler les instruments de leurs systèmes, sans èlre contraints comme auparavant, de se borner k la confection des types réglementaires imposés et dénommés à l'instigation d'Ad. S.\x. Les artistes purent jouer les instruments de leur choix. Dès lors les affaires diminuèrent sensiblement, et Ad. Sax a constaté lui-même dans son Appel au public (1B87) que « depuis la guerre » il n'a pas «fourni pour 2.000 fr. d'instruments à l'armée* > et depuis quelques années, la maison Sax, jadis si brillante a vécu ; elle n'a pu prendre part à l'exposition de 1878, ni à celle de 1889,

C'est avec tristesse que l'on songe à la situation précaire de ce facteur de talent, néanmoins, il ne faut pas oublier qu'il a causé d'autres situations également pénibles : Raoux a cessé prématurément de fabriquer, non-seulement pour se soustraire aux ennuis suscités par les procès Sax. mais encore par suite de la suppression, dans les musiques militaires, des

* Dans ce faclum (reproduit dans la Musique des familles^ p. 21^ et 223, année 1887), M. Sax accuse l'administration du Conservatoire de l'avoir privé « sous prétexte de manque d'argent • de son emploi de professeur de saxophone. La vérité est que toutes les classes instrumentales entretenues au Conservatoire par le Ministre de la guerre pour l'instruction des musiciens militaires, furent supprimées en même temps et qu'il n'y eut dans cette mesure rien de personnel à M. Sax et qu'en tout cas, la direction du Conservatoire ne saurait en être rendue responsable, le saxophone n'ayant jamais fait partie de son enseignement.

instruments de sa spécialité; Ladbaye s'est vu contraint, pour les mêmes raisons, d'abandonner également la facture et de terminer ses jours comme ouvrier ; Halarv est mort de chagrin en présence des difficultés qu*il rencontra ; Besson dut s'expatrier et mourir à l'étranger.. . Donc si M. Ad. Sax a des malheurs qu'il faut déplorer, il en a occasionné d'autres qui ont entraîné la perte de spécialistes doués de brillantes capacités. Il semble que le sort fait expier aujourd'iiui à M, Ad. Sax ses anciennes et excessives prétentions : « Avant moi, j'ai l'orgueil de le dire, « lisons-nous dans r^/)j[}e/ précité, l'industrie dcsins- « truments de musique était nulle ou à peu près en « France. J'ai créé cette industrie, je l'ai portée à une « hauteur sans rivale, j'ai formé des légions d'ouvriers, « de musiciens et ce sont surtout mes contrefacteurs « qui ont profité de mes travaux ». Libre à M. Sax d'avoir cette excellente opinion de sa personne, mais, s'il nous dit ce qu'il croit avoir créé, il passe sous silence ce qu'il a détruit. N'est-il donc pas l'auteur de la désorganisation des musiques militaires, qu'il a privées des éléments qui leur assuraient la variété de sonorité? Beaucoup de compositeurs l'ont déploré à l'époque * ef, plus récemment, M. Deldkvez écrivait avec raison :

* L'acoiisticicn Marloye disait, dans le rapport sur l'Exposilion de 1849 : « Ce n'est ni à l'incapacitc, ni à l'insouciance des facteurs d'instruments à vent en bois qu'il faut attribuer l'état languissant où est restée cette partie intéressante des instruments de musique, mais bien à la malheureuse pensée qu'on a euey il y a quelques années^ de substituer des instrum'^nts de

« Depuis, nous avons eu l'invention des instruments de Sax qui sont venus jeter le trouble dans la musique militaire, la dénaturer par l'introduction successive de nouveaux instruments, jusqu'enfin à la détruire complètement pour la remplacer par des fanfares plus ou moins sonores ^

Quant à Tindustrie des instruments elle existait florissante, bien avant l'arrivée d'Ad. Sax à Paris, on Ta VU; et si le développement en général, prit une grande extension sous l'Empire, ce n'est pas à l'influence de ce iacleur qu'elle est due, mais à l'accroissement de plus en plus grand des musiques militaires et civiles, cela est indiscutable. Au point de vue manufacturier. Ad. Sax n'a pas non plus la priorité, car rétablissement deGuicHARD date de 1827.

C'est en 1843 q^® Antoine Joseph Sax, dit Adolphe, fils de Charles-Joseph, facteur bruxellois, mécontent d'une décision du jury de l'exposition de Bruxelles en 1841, vint à Paris où il ouvrit tout d'abord, un modeste atelier. Né en 1814,11 estl'aînéde 11 enfants. Un de ses frères Alplionse Sax (né en 1822), lauréat du Conservatoire de Bruxelles pour la flùte^ s'est aussi établi à Paris vers 1860, mais l'existence de sa maison fut de courte durée, car en 1867 elle ne figurait déjà plus sur la listt3 des facteurs parisiens. Il avait été croyons-nous, établi auparavant à Bruxelles, rue des.

cuivre aux instruments de bois dans la musique militaire. L'on a bientôt reconnu, il est vrai, que cette mesure entraînait la ruine de la facture des instruments de bois aussi bien que la ptrte d'une foule Wartistes, mais il était déjà trop tafrd. • Miê Mémoires^ in-8"*, Le Puy, 1890, p. 3o5i

Comédiens, puis il était venu travaillera Paris, chez son frère Adolphe vers 1844. De fâcheux démêlés survinrent entre eux à propos du système des pistons ascendants lors de l'exposition de Londres en 1862. Sans prendre parti dans la question, le jury accorda la même récompense (prize médal) aux deux frères, les instruments d'Alphonse Sax étant construits en perfection. Deux de ses instruments sont au Conservatoire de Paris, un cor à cylindre à rotation et une trompette à 4 pistons (2 ascendants, 2 descendants), du système qu'il appela Saxomnitonique, Alors qu'il a fait une très large place à Ad. Sax, dans sa Biographie universelley FÉTisn'a pas même consacré une ligne à Alphonse. Est-ce là 1 impartialité de cet écrivain ?

11 ne parait pas qu'Alphonse Sax ait fait autre chose que « des cuivres » ; avec François Hillereau, natif de Grosbois (Côte-d'or) nous revenons aux facteurs qui fabriquent les deux espèces « cuivre et bois ». Quittant l'atelier de Besson, il s'établit en 1801 et ne s'occupa d'abord que de la fabrication des cuivres, ce n'est que plus tard qu'ilenlreprit les t bois ». 11 débuta en 1867 dans les expositions et reçut une médaille d'argent. Déjà F. MiLLEREAu avait apporté une modification à la disposition des clés du saxophone, en les faisant fermer toutes sur le dessus de l'instrument. En 1878 ce facteur reçut un rappel, avec éloges, de la médaille d'argent : « instruments en bois et cuivre très bien faits, dit le rapport, et d'une grande justesse; saxophone soprano excellent, clarinettes et hautbois très bons». A cette exposition il présenta un

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