INSTRUMENTS DU XIX*" SIÈCLE
Comme instruments absolument nouveaux, il n*y a que le forte-piano, \à clarinette venue d'Allemagne, vers 1750, et la clarinette-basse faite à Paris en 1772. On peut y joindre les reconstitutions d'instruments anciensfaitesd'aprèsridéede^'arre//e, les buccins elle tuba-curva, ainsi qu'un essai de contre -clairon (i 791 ).
A partir de la Révolution, naissent les nombreuses causes qui aident à la transformation et à l'extension des instruments de musique ; la science succède peu à peu à l'empirisme, les procédés de travail s'augmentent et s'améliorent; les instruments cessent d'être des objets de luxe, ils tiennent une place prépondérante dans l'enseignement du Conservatoire ; • de nombreux corps de musique sont formés pour les armées et la célébration des fêtes nationales ; un peu plus tard, ce sont les sociétés civiles ; enfin, le goût de la musique se répand partout. Alors, la France peut non-seulement suffire à sa consommation et faire l'exportation, sur une grande échelle, mais elle contribue à son tour dans une large mesure, à la découverte de nouveaux agents sonores et au perfectionnement des instruments existants ; quelques-uns même subissent une telle transformation qu'ils constituent presque des créations. Point n'est besoin d'insister sur les améliorations considérables qui ont fait
Lùse an ni, « un cor anglais de Baur-Wier de Maëstricht »». Le cor anglais commença môme à être cultivé peu après, car il en parut une méthode faite par Fr. Châlon, musicien du théâtre Feydeau et de la garde des consuls », dont la date est suffisamment indiquée par la dernière qualification (1799-1804).
du piano, de Torgue et de la harpe des instruments presque parfaits. Il suffit aussi de rappeler que l'invention de V orgue expressif ou harmonium appartient aux facteurs français. Dans le domaine des instruments à souffle humain, la rénovation n'est pas moins complète. La flûte se transforme plusieurs fois avant de recevoir l'application du système Boehm, que nos facteurs améliorent encore ; le hautbois et le basson sont l'objet d'additions et de modifications de la part de Triebejrt; la clarinette reçoit les perfectionnements de SiMioT (1808), puis une augmentation de clés due à Ivan MuLLER (1812), qui constitue le système à ij clés, longtemps en usage, que le système à anneaux mobiles de L.-A, Bcffet, vulgairement appelé système Boehm, devait détrôner *. Outre ces divers perfectionnements, il y a des créations importantes. C'est en premier lieu l'adaptation de clés aux instruments de cuivre se jouant avec une embouchure, imitée du serpent à clés de Uegibo, L'origine de'Vophicléide^se trouve dans le basse-cor (1800) de L.-A.
* Par le nombre de clés, cet instrument n'était pas nouveau, il Tétait surtout par leur disposition permettant de jouer dans un plus grand nombre de tonalités sans ciianger d'instrument. Cette suppression de plusieurs clarinettes de différentes grandeurs, et par conséquent de diverses sonorités, motiva l'avis défavorable de la commission chargée d'examiner l'instrument présenté par I. Muller {Monil. univ,, 1812, p. SçS), Cet inventeur, né aux environs de Reval le 16 déc. 1786, mourut à Buckbourg (Allemagne) en mars 1854.
2 Nous avons fait cpnnaître en détail les origines de l'ophicléide en France et les travaux de son protagoniste L.-A. Frichot, de Lisieiix, dans la Facture inslrumenlale (p. 291), avec une notice
XIX* SIÈCLE — CLARINETTE BASSE m
Frichot dont il fit la basse-trompette * (i 806-10) puis la tromba * (1812), et il ne nous vient point, comme on Ta écrit, de Tinvasion de 1815. L'addition de clés aux autres instruments suivit bientôt, et après le bugle à clés, vint une famille créée par Halary en 1817 dont les divers indiddus recurent le nom de clavitube y quinitclave, ophicléide ou basse d'harmonie Puis les pistons furent substitués aux clés, et bien que le principe en vienne de l'étranger, la première application au cornet et les meilleurs perfectionnements sont dus à nos facteurs. On augmenta ensuite le nombre d'instruments de cette espè2e pour obtenir une échelle complète du grave à l'aigu ; c'est ainsi que naquirent le clavicor (i8j8) et le néocor, et que l'on fit les clairons chromatiques, basses chromatiques puis les bombardons à cylindres^ bugles basse, basses à cylindres, etc., que l'on vit à l'exposition de 1844, dont le nombre fut encore augmenté par Ad. Sax sous le nom de saxhorn.
La clarinette-basse compte aussi parmi les conquêtes de la facture française du xix^ siècle. L'usage de
biographique de cet artiste, et nous avons donné la description d'un de ses ophicléides en bois dans la Musique des Familles, du 18 nov. 1886 (p. 36).
* Un spécimen de cet instrument est au musée du Conservatoire (n® 65i). Il fut l'objet d'un rapport de la commission de cet établissement (composée de MéhuI, Gossec,' Catel, etc.), déposé le 27 déc. 1810, inséré au Monil. univ, de 181 1 (p. 198). Le brevet date du 3i déc. 1810 (Moniteur, 1811, p. 85) et il a été publié dans la Description des Machines, etc. (t. V, p. 3Ç4),
^ Acad.des Beaux-Arts,séanoe du2imarsi8i2 Wo^i/. p.338).
rinslrumenl inventé en 1772 par G. Lot ne s'étant pas iraposé,on peut considérer commodes innovations, les essais de Desfontenblles * (1807) et de Dumas ( 1807- 10- 1 4) dont la basse et la contrebasse-guerrière* ( 1 8 1 1 - 1 2), ont été rangées à tort, par des écrivains n'ayant étudié que très superficiellement le sujet, parmi les précurseurs del'ophicléide; etde SAUTERMBisxERàontla basseorgue a élé l'objet d'une semblable méprise de la part du même historien ^ La tentative de Dumas , reprise en i8p par Dacosta, à qui l'instrument avait été confié, fut plus heureuse *; elle décida de l'adoption de cet instrument auquel L.^A. Buffet
* V . la Facture instrumentale, p. 5o. Malgré sa perce conique, rinstrument de Desfontcnelles n'octavie pas, il quintoie et son large diamètre le fait sonner à l'octave de clarinette ordinaire, bien qu'il ne soit pas beaucoup plus long.
* La basse guerrière sonnait à l'octave basse de la clarinette, et la contrebasse^ è la double octave (la clarinette- bourdon d*Ad. Sax n'est donc pas la première en date); elles avaient « un plus grand nombre de touches (clés) pour le doigter • et leur timbre était» identique avec celui de la clarinette ». {MoniJuniv,, 181 1, p. 420 ; 1812, p. 63, Qi Archives des Découvertes, iBio, t. IIÏ, p. 322.)
3 De Pontécoulant [Organog., t. II, p. 3, Qi Douze jours à Londres, p. 212) et d'autres, après lui, ont placé par erreur cet instrument parmi ceux avec bocaux ou embouchures, c'est-àdire ophicléides ou basses à pistons, tandis qu'il est muni d'un bec de clarinette, ainsi qu'on l'a vu au chap. iv, p. 340, et comme on peut le vérifier dans la Descrip, des mach, t. VI, p. 355.
* Voici à ce sujet l'opinion de Fétis ; elle prouve que l'on a pu faire en France un instrument convenable avant l'arrivée d'A. Sax et que les facteurs parisiens ne se sont pas inspirés de ses travaux : « A l'aspect de ce grand instrument énorme, la plupart des auditeurs crurent qu'ils allaient entendre des sons durs et