‹ Les facteurs d'instruments de musique, les luthiers et la facture instrumentale; précis historiqueChapitre 8 sur 84 · AU MOYEN-AGE · texte numérisé non relu

AU MOYEN-AGE

leur avons octroie leur requeste en la forme desus dite, sauf autrui droit. En temoing, etc.

On suppose que cet exemple fut suivi par les faiseurs de trompes ou trompettes de province, et M. Lavoix* cite ceux de Rouen qui se joignirent aux chaudronniers de celte ville en 1299, mais le lexle des ordonnances concernant ces derniers n'en fait pas mention. Le fait est indubitable cependant, car, en 1777, nous voyons encore Carlin, célèbre pour la fabrication des cors de chasse, trompettes et timbales, figurer parmi les chaudronniers (Almanach Dauphin). Par contre, en cette même ville de Rouen, les autres faiseurs d'instruments se réunirent de bonne heure à la corporation des joueurs d'instruments et maîtres de danse ; suivant M. Lavoix, leurs statuts furent confirmés en 1454 par Charles Vil, et de nouveaux privilèges leur furent accordés en 161 1 et 171 7'.

En ce qui concerne Paris, on ne connaît actuellement, entre l'ordonnance de 1297 reproduite ci dessus et les lettres patentes portant création de la communauté des faiseurs d'instruments de musique délivrées au mois de juillet 1599 par Henry IV, aucun document constatant l'existence d'une corporation particulière.

A cette époque, les facteurs se trouvèrent assez nombreux et assez puissants pour former une com^ munauté, peut-être même y furent-ils contraints par redît de 1597 qui obligeait tous les marchands et

1 Histoire de Vinslrumenlationj p. 22. — * Jbid. p. 23.

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artisans, réunis ou non, à pnyrr la finance au trésor royal*. Quoi qu'il en soit, voici les statuts et règlements qu'ils reçurent à celte occasion. Le texte que nous donnons est pris sur le manuscrit 809; de la Bibliothèque nationale* (page 86); il diffère, sur certains points, de celui publié par M. de Pontécoulant {Organographie, t. I, p. 11 3) et de celui que A. Vidal {Les instruments à archet, t. I, p. 142), a cru copier « sur l'original » lequel n'est autre qu'une transcription desdits statuts faite en 1679-80, lors de leur confirmation; mais les différences qu'il présente avec ces dern-ers éclaircissent des points obscurs, que des mots omis ou dénaturés par les écrivains précités, rendaient inintelligibles ou en faussaient le véritable sens :

Lettres de création du métier de faiseur d'insirumens de musique en maîtrise et de leurs privilège^ et statuts»

« Henry, par la grâce de Dieu, Roy de France et de Navarre, à tous présens et à venir, salut :

Par notre édit de rétablissement et règlement général fait sur tous les arts, trafics, métiers et maîtrises, jurez et non jurés de ce royaume, du moiâ d'avril 1597, nous aurions entr'autres choses, par le quatrième^ article

* Arch. nat. Vol. des Ordonnances de Henri IV, X*" 8643 fo68.

* Recueil d'ordonnances concernant les arts et métiers > mss. fr. Ces statuts ont été imprimés postérieurement à 1680 on 6 p. in-40 {Arch. nat., AD, XI, 2b).

3 Vidal : Troisième.

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