EN AMÉRIQUE
C’est dans l'Etat d’Indiana, en 1907, qu’a été élaboré le premier projet. Il était ainsi conçu :
« Considérant que l’hérédité joue un rôle important dans la transmission de la criminalité, de l’idiotie et de l’imbécillité, le Congrès a décidé qu’il serait obligatoirement adjoint aux établissements de l'Etat chargés de la garde des criminels incorrigibles, des imbéciles et des aliénés, outre les médecins de l’établissement, deux chirurgiens expérimentés.
« Au cas où les experts et le conseil jugeraïent qu’il ne convient pas aux individus examinés de procréer, et s’il n'existe aucune probabilité en faveur de l’amélioration mentale de ces individus, les chirurgiens seront appelés à pratiquer, pour rendre inféconds ces divers individus, telle opération qu’ils jugeront la plus sûre et la plus efficace. »
Mais cette loi, cassée peu après par la Cour Suprême d’Etat, fut transformée dans un sens plus limitatif.
Le mouvement, inauguré par l’Indiana, devait bientôt
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s'étendre à un grand nombre d'Etats avec des modalités d’application et de législation conformes aux lois particulières de chaque province américaine.
Actuellement, la stérilisation sexuelle est acceptée dans 21 Etats, appliquée dans 19.
SZWARC, en 1934, rapportait que le nombre de stérilisations effectuées en Amérique à la date du 1” janvier 1933 atteignait 16.066 individus, dont 6.998 hommes et 9.068 femmes.
Etaient généralement rangés parmi les stérilisables dans les différents Etats : les faibles d’esprit, les aliénés, les criminels habituels, les épileptiques et les pervers sexuels; moins généralement, les idiots, les imbéciles, les syphilitiques et certains individus « à potentiel héréditaire inféreur.…. >.
Pratiquement, ont surtout été stérilisés :
— des femmes atteintes de psychose maniaque dépressive (475 %); — des hommes atteints de démence précoce (60 %).
Ajoutons que la stérilisation obligatoire des criminels sexuels existe dans sept Etats.
C’est ainsi qu’au début, la stérilisation américaine évoquait parfois le souvenir de l’ancienne castration pénale, poursuivant un rôle de défense sociale où l’intimidation prenait une certaine part.
ACTUELLEMENT, un fort courant tend à unifier les différentes lois et à faire renoncer à la stérilisation répressive.
Mais dans les autres indications, s’il tend à exiger le consentement pour la stérilisation thérapeutique, il tend aussi à imposer l'intervention dans le cas de stérilisation eugénique.