‹ Les Facteurs de Croissance des Microbes sur Milieux ArtificielsChapitre 33 sur 66 · LOS · texte numérisé non relu

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possible, sans symbiose, sur milieu à l’hémoglobine avec globine, mais seulement àvee symbiose sur milieu sans globine. Jakogr et FRANKENTHAL peuvent obtenir des cultures avec lhistidine et la leucine, produits de désintégration de l’hémoglobine. Mais GEHLEN, dans sa thèse, fait remarquer que la verrerie dont on se sert communément dans les laboratoires n’est pas dépourvue de traces de fer. La gélose même peut contenir du fer.

KoLLarx a étudié d’un autre point de vue la part du fer dans l’action des facteurs de croissance des bactéries. Il se reporte à un phénomène relaté plus haut, au Chapitre sur les Facteurs favorisants d’origine bactérienne. Nous avons vu que le B. de Pfeiffer peut pousser sur des milieux dépourvus de sang, si ces milieux sont ensemencés avec certaines bactéries. KOLLATH, en analysant les cendres d’une quantité de bactéries ayant poussé sur un milieu gélosé contenant de l’oxyde de fer ammoniacal dans la proportion de 1 p. 20.000, constate que les cendres des bactéries qui sont: capables de favoriser le B. de Pfeiffer contiennent du fer, tandis que les cendres des bactéries qui ne favorisent pas le B. de Pfeifier ne contiennent pas de fer. Il y a donc une relation entre le phénomène des «eultures associées » de. Neisser et l'assimilation des sels de fer. KorLaTH se demande ensuite : comment le fer incorporé par les bactéries associées favorise-t-il le B. de Pfeiffer ? Il croit pouvoir répondre que les bactéries associées sont utiles non pendant leur vie, mais lorsqu'elles sont mortes. Le B. de Pfeiffer ne vit pas réellement en symbiose avec les bactéries associées, mais vit en parasite sur leurs produits de désintégration qui se sont dissous dans le milieu nutritif. 1 voit ensuite que le B. de Pfeiffer incorpore réellement le fer, c’est bien une bactérie sidérophile. On peut donc définir le facteur X : une combinaison ferrique qui peut être retirée du sang, mais qui peut être également produite par l’activité de certaines bactéries qui sont capables de transformer du fer inorga-

nique.

Ficpes, en 1921, étudie la nature de l’action du pigment sanguin

sur la nutrition du B, de Pfeiffer. En soumettant le sang à la digestion pepsique, on obtient quelquefois une précipitation du pigment sanguin sous la forme d’hémine (chlorhydrate d’hématine). Si on jette sur le filtre ce précipité, on sépare l’hémine, qui peut être dissoute dans une solution de soude, et un filtrat, inactif par lui-même sur le B. de Pfeiffer et dont l’auteur ne s'occupe pas, se contentant d’en ajouter à tous les milieux expérimentés. Il constate que la présence du pigment sanguin est indispensable à la culture du B. de Pfeiffer, et son rôle semble lié à son pouvoir de transporter l'oxygène. Il agit comme catalyseur et non comme peroxyde. Agr (1) se demande «si une étude plus approfondie du « second facteur, contenu dans le filtrat de la digestion pepsique, € n’aurait pas conduit l’auteur à modifier les conclusions de son (travail, qui restent très hypothétiques. Ce facteur paraît, malgré ( la différence des techniques, se rapprocher des facteurs de crois- «sance de LEGroux et de ses collaborateurs. »

La part attribuée au fer dans l’action des facteurs de croissance des microbes rend intéressante la recherche de ces facteurs dans la bile. On sait en effet que le foie est un des organes les plus riches en fer, même chez les invertébrés dépourvus d’hémoglobine. Chez les céphalopodes, il en contient, à poids égal, 25 fois plus que le reste du corps (DasrRe et FLoresco). L'action de la bile sur les bactéries a donné lieu à de très nombreux et importants travaux, surtout en France. Nous renvoyons, à ce sujet, à la thèse de A. F. Ramoxp. |

Nous avons procédé à quelques essais de culture de deux bactéries hémophiles, le B. de Ducrey et le B. de Pfeiffer, sur des milieux à la bile humaine.

Dans un premier cas, la bile est prélevée aseptiquement par M. le Professeur agrégé Mocquor au cours d’une intervention chirurgicale sur la vésicule biliaire, Dans un second cas, la bile est obtenue au cours d’une autopsie, par ponction de la vésicule d’une

1. Bull. Institut Pasteur, t. 19, n° 16, 30 août 1921, pp. 586-588.

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malade décédée d’un cancer du pylore. N’ayant pu faire l’autopsie qu’une trentaine d'heures après le décès, nous avons dû filtrer la bile sur bougie Chamberland L$ avant de l’incorporer au bouillon.

Pour préparer nos milieux de culture, nous ajoutons XX gouttes de bile à 10 eme. de bouillon nutritif.

Nous ensemençons avec VI gouttes d’une culture de Bacilles de Pieiffer en bouillon à l’extrait globulaire.

Nous observons, après 24 heures, un léger trouble du bouillon bilié et nous constatons à l'examen microscopique que ce trouble est causé par des B. de Pfeiffer typiques : bâtonnets fins, immobiles, présentant un espace clair en leur partie médiane et se décolorant par la méthode de Gram.

Les jours suivants le trouble du bouillon augmente pour devenir abondant au bout d’une huitaine de jours:

Les résultats ont été les mêmes avec les deux échantillons de bile.

Nous avons essayé en même temps de cultiver sur ces milieux à la bile le B. de Ducrey. Nous avons ajouté à 10 eme. de bouillon non seulement X gouttes de bile, mais aussi XV gouttes de sérum de cheval. Nous avons ensemencé ce milieu avec une spatule de B. de Ducrey. Dans aucun cas il ne s’est développé de culture.

En résumé, deux spécimens de bile humaine, l’un de bile fraiche, l’autre de bile prélevée à l’autopsie et filtrée, ajoutés à des milieux de culture ordinaires, ont rendu possible la culture du B. de Pfeiffer,. mais non celle du B. de Duerey.

B. — Autres bactéries pathogènes.

BEZANGÇON, GRIFFON et LE Sourp donnent, dès 1900, la composition de milieux au sang qui permettent la culture du bacille tuberculeux, du gonocoque, du B. de Ducrey, du pneumocoque. Le sang de toutes les espèces de Vertébrés supérieurs contient les facteurs favorables à la culture des microbes hémophiles. Il faut sans doute attribuer à des conditions contingentes les préférences.

marquées par les différents auteurs : ainsi, pour lisolement et la culture du B. de Ducrey, à la même époque, en 1926, P. DurAND préfère le sang de mouton, et Nicocau et Banciu le sang humain.

LLoyp trouve en 1916 dans le sang (et aussi dans le lait) des facteurs favorisant la culture du méningocoque. Ces facteurs, d’après cet auteur, sont solubles dans l’eau et dans lalcool. Ils sont assez thermostabiles ; ils supportent un chauffage de 45 minutes à 1200. Ils sont adsorbés sur un filtre de papier, mais non pas sur le coton de verre. Après une dizaine de repiquages, le méningocoque peut pousser dans les milieux ordinaires, sans facteurs favorisants.

LLoyp consigne ainsi ses premiers résultats

SOUCN EST ru RE dE Pa RP ME RTE RE PEUT NE SRE Pen LORS RE Cœur de veau digéré par la trypsine (technique Douglas\.... 0 0 0 0 Cœur digéré + Sang 5 %. Clarification par chauffage et centri-

FUPALIO EEE Tee RO I Se EI AT + + + + Cœur digéré + Sang 5 %. Clarification par filtration à travers

(OAV En DE VO Fei MA ER AS CD 0e Du Vlad o IE DOS 2 ASUS ENECRe 0 0 0 0

L'activité de l’extrait alcoolique et aqueux, dépourvu de protéine, permet de mettre hors de cause les protémes et montre que les facteurs favorisant la culture proviennent du sang.

LLoyp interprète l’action des facteurs favorisants comme une action catalysante. -

Coze et LLoyp ont étudié en 1917 l’action, sur la culture du gonocoque, de facteurs favorisants tirés du sang. Le milieu nutritif qu’ils emploient, et qu'ils appellent «tryptamine », est le produit de la digestion tryptique de la caséine. [ls l’additionnent de sang. Les cultures de gonocoque demandent, pour bien se développer, une concentration en ions H convenable, une grande quantité d’acides aminés libres (1), et deux facteurs de croissance, A et N, (que les

1. Le pouvoir de favoriser les cultures bactériennes a été également attribué aux acides aminés par WeicHARDT, Wyon, Avers et Mupcs.

Les expériences de Coze et Liyon montrent qu’une solution même riche

en acides aminés n’est utilisable par le gonocoque qu’en présence des facteurs favorisants.

auteurs appellent « hormones de croissance »). L’un d’eux À, facilement adsorbable,se trouve dans les globules rouges et a la propriété de « faire partir » la culture. L’autre substance N, se trouve dans les tissus ; elle est relativement peu adsorbable et a la propriété —. de développer une culture secondaire abondante. La substance N se trouve aussi dans les végétaux. On extrait ces deux facteurs de l’albumine par précipitation, mais non en présence de la gélose. La filtration à travers le papier arrête complètément le premier facteur de croissance et on a des raisons de supposer que ce facteur provenant des globules rouges est facilement adsorbé par l’albumine. Le deuxième facteur, qui provient des tissus, ressemble au facteur appelé vitamine D par Funx.

Deux substances, différentes en certains points des deux substances de CoLe et LLoyp, de celles de Davis et de celles de THJÔTra et Davis, ont également été décrites en 1924 par JENKINS, dans le sérum du bœuf, du mouton, du lapin, de l’homme. Il les appelle G, et G+, car il les considère comme nécessaires à la culture du gonocoque : tous les deux à la fois pour les cultures primaires des germes fraîchement isolés, le second, G,,suffisant à lui | seul pour les souches repiquées au laboratoire. G,; est détruit à 4 650, G2: à 1000. Le caractère de la résistance à la chaleur suffit à différencier les corps G, et G2: de JENKINS à la fois des corps A et N de Coue et LLoyp et des corps V et X de TaJôTra et AVERY.

SrEFANOPOULO prépare, en 1921, un extrait de globules rouges

de cheval, à partir du caillot qui est broyé à travers une toile mé-

à tallique fine et étendu de 2 fois son volume d’eau salée à 8 0/00.

La dilution est chauffée 15 minutes à 800, filtrée sur papier Char-

- din, puis sur bougie Chamberland. Dans cet extrait stérile de glo-

bules rouges, sous couche d’huile de vaseline, à 289, le Spirochaeta icterohemorragiae donne une culture active.

Ascite artificielle de Legroux. — LEGroux décrit, en 1920, un milieu de culture très facile à préparer, qui contient les facteurs nécessaires à la culture du méningocoque : c’est une simple dilu-

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