‹ Les Facteurs de Croissance des Microbes sur Milieux ArtificielsChapitre 38 sur 66 · RS ER GA RANCE · texte numérisé non relu

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0 eme. 05-0,1-0,2 - 0,4-0,8 et 1, 6 à 10 eme. de gélose nutritive à 2 % sans peptone. On obtient ainsi des dilutions de sang variant de 1/2000 à 1/62,5. Une partie de la dilution de sang au 1/10e est employée immédiatement ; l’autre partie est conservée 3 heures à la glacière,, pour obtenir une meilleure hémolyse. Le sang est soigneusement mêlé à la gélose et les tubes sont immergés une minute dans l’eau chaude (formation de méthémoglobine) puis leur contenu est versé dans des boites de Pétri. Trois heures plus tard, on ensemence, par stries, sur la moitié de chaque boîte, une souche de B. de Pfeiffer qui, en culture, présente régulièrement une forme coccobacillaire. Au bout de 24 heures, on fait des préparations microscopiques, et on ensemence, sur la 2€ moitié de la plaque, une anse de culture prélevée sur la 17e moitié. On répète cette manipulation 6 jours de suite, de sorte que finalement on a 6 préparations de la 17 génération montrant l’évolution des formes bactériennes au cours des 6 premiers jours, tandis que l’on n’a, de chacune des générations subséquentes, qu’une préparation faite à la 24e heure. Malheureusement, ces ouvertures fréquentes de boîtes amènent de nombreuses contaminations par les germes de l’air.

Les auteurs constatent les résultats suivants : le sang des cobayes légèrement malades (préscorbut) donne des cultures du B. de Pfeiffer légèrement moins abondantes que les cultures témoins, avec des formes isolées de dégénérescence. Le sang d’animaux gravement malades (scorbut déclaré) donne des cultures beaucoup moins riches que les cultures témoins et les formes de dégénérescence sont très nombreuses. On observe le phénomène inverse : si les animaux scorbutiques guérissent, on obtient, avec leur sang,une intensité de culture et des formes bactériennes de nouveau normales. ;

Les auteurs ont procédé, à titre de contrôle, à l'expérience suivante : Le sang de cobayes soumis à un jeûne sévère conserve tous $es facteurs de croissance pour les microbes : les cultures sont aussi abondantes que dans les tubes au sang normal, et elles ne renferment pas de formes de dégénérescence.

Les auteurs ont obtenu une confirmation de ces données expérimentales dans une observation clinique. Ils prélèvent du sang à un enfant atteint d’une forme grave de scorbut infantile (maladie de Barlow) et l'utilisent pour la préparation de milieux de culture, selon la technique employée pour le sang de cobaye. Du sang d’un enfant sain de même âge fournit des témoins. Tandis que le sang humain normal donne une culture typique, les auteurs n’obtiennent avec le sang de l’enfant malade que des cultures tellement chétives, qu’à la première génération les colonies sont à peine visibles à l’œil nu ; au microscope on ne voit presque pas de formes normales, les bacilles sont pâles et gonflés.

Les auteurs concluent de leurs expériences que la modification des facteurs de croissance pour les microbes, qui s’opère dans le sang des scorbutiques, est due à une substance thermolabile, ressemblant à un ferment, dont la présence dans le sang est liée à l’état d’avitaminose. Cette substance n’exerce son action destructive sur le facteur de croissance des microbes que dans une suspension aqueuse de globules rouges.

En résumé, l’addition de sang provenant de sujets atteints d’avitamimose C, ou scorbut, ne produit pas, sur les milieux de culture, l'effet favorable à la culture du B.de Pfeiffer que produit l’addition de sang normal. On peut émettre aussi bien l’hypothèse de la formation d’une substance empêchante pour le facteur que celle de la disparition de ce facteur.

LEICHTENTRITT et ZWEIG rapportent, en 1924, les résultats de leurs essais de culture du B. diphtérique sur des milieux préparés avec le sang d’enfants atteints d’œdèmes corrélatifs d’une nutrition très défectueuse. Ces cultures présentent de nombreuses formes de dégénérescence : bacilles très longs, renflés, en massue. Les formes bacillaires redeviennent normales lorsque les enfants guérissent. On note que les modifications des facteurs de croissance ne présentent aucun rapport avec le mode et le temps de coagulation du caillot sanguin, ni avec sa teneur en eau ou en albumine.

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En même temps, LEICHTENTRITT et ZWEIG recherchent les facteurs de croissance contenus dans le sang d'enfants atteints de lésions organiques sans troubles de la nutrition proprement dits : cardiopathies, néphrites, tuberculose ; tous ces enfants présentant des œdèmes. Sur les milieux de culture additionnés du sang de ces divers malades, le B. diphtérique croit normalement.

En résumé, certaines avitaminoses modifient la teneur du sang des malades en facteurs de croissance pour les microbes. Les dernières observations citées montrent que des affections autres que les avitaminoses : cardiopathies, néphrites, etc..., ne semblent pas modifier les facteurs de croissance. C’est la question que nous avons étudiée expérimentalement et que nous allons considérer maintenant.

II. — FACTEURS DE CROISSANCE POUR LES MICROBES DANS LE SANG OU LES HUMEURS DE MALADES ATTEINTS DE LEÉSIONS ORGANIQUES

Les expériences dont l’exposé suit ont eu pour objet de chercher à voir si les facteurs de croissance qui existent dans le sang de sujets sains existent encore dans le sang de sujets malades : car-

diaques, néphritiques, diabétiques et ictériques. Nous verrons

qu’on les y retrouve.

Nous avons ensuite essayé d’obtenir quelques précisions sur les conditions dans lesquelles les facteurs de croissance passent du sang dans les liquides épanchés dans les grandes séreuses æu cours de divers états pathologiques : liquide d’ascite, liquide de pleurésie. Nous verrons que l’action, sur les microbes, des facteurs de croissance contenus dans les sérosités pathologiques varie non seulement avec chaque sérosité, mais aussi avec chaque souche de microbe que l’on essaie de cultiver. Une première sérosité peut être favorable à la souche À et défavorable aux souches B et C, une deuxième favorable à la souche B et défavorable à A et à C, une troisième favorable aux trois souches, etc... On ne peut donc pas

dire par exemple qu’un liquide d’ascite est favorable ou défavovorable à la culture du Gonocoque : il peut être favorable à la culture de certaines souches et défavorable à celle d’autres souches, et l'action d’autres liquides d’ascite ne sera pas superposable à la sienne. En somme, l’action des facteurs de croissance dépend

non seulement du terrain mais de la graine.

TECHNIQUE DES EXPÉRIENCES. — Pour obtenir des résultats concluants, il importait d'utiliser, dans les expériences, les bactéries qui sont’ le plus difficiles à cultiver sur les milieux artificiels. C'est pour cetle raison que nous avons choisi, pour l’étude des milieux au sang, celle des bactéries hémophiles qui se montre la plus rebelle à l’acclimatement aux milieux ordinaires : le Bacille de Ducrey. On a bien montré récemment (Nicorau et Baxcit) que certaines souches de B. de Ducrey se sont accoutumées à la vie sur les milieux ordinaires ; mais la plupart des souches conservées dans les laboratoires exigent toujours la présence de facteurs de croissance dans leurs milieux.

Pour létude des sérosités pathologiques, nous nous sommes servi du Gonocoque, qui, classiquement, est cultivé sur ces milieux.

Les souches de Bacille de Ducrey et de Gonocoque que nous avons ‘utilisées dans toutes nos expériences proviennent de la collection de l’Institut Pasteur et ont été mises obligeamment à notre disposition par Mlle Jupille.

Pour la préparation de nos milieux de culture, nous avons tou- Jours suivi la même technique

Nous avons employé la gélose nutritive, soit la gélose en tube incliné, à La surface de laquelle nous étalions IV à V gouttes de sang, soit la gélose en culot. Nous faisons fondre celle-ci et la‘ laissons refroidir jusqu'à la température de 459. Nous aJoutons à ce moment XXV gouttes du liquide pathologique que nous avons recueilli le matin même, provenant de malades hospitalisés dans le service de notre Maitre, M. le Professeur LEMIERRE.

Nous retirons le sang stérilement par ponction veineuse au pli

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du coude, et nous le recueillons dans de petits ballons de verre contenant des perles de verre qui nous permettent de défibriner immédiatement le sang.

Les liquides pleuraux obtenus par ponction exploratrice sont recueillis d’une façon identique dans un ballon de verre à perles :

quant aux ascites, la quantité de fibrine étant minime, nous versons curectement dans un tube à essai stérile le liquide prélevé par

ponction exploratrice. Nous ne nous sommes jamais servi de trocart.

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Ayant besoin d’une faible quantité de bHquide pour nos cultures nous avons fait tous nos prélèvements avec des seringues de 20 emc.

Dans toutes les expériences, les règles suivantes ont été observées :

10 Nous avons toujours fait nos ensemencements quelques heures après le prélèvement ;

20 Nous avons toujours comparé nos résultats avec des Lémoins qui étaient

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