‹ Les Facteurs de Croissance des Microbes sur Milieux ArtificielsChapitre 41 sur 66 · EAU · texte numérisé non relu

EAU

Le 8 juin, nous préparons, à 14 heures, notre milieu de culture avec le sang du malade, et, à 16 heures, nous ensemençons largement deux tubes avec une spatule de platine chargée d’une culture de 8 jours de bacille de Ducrey. Nous mettons les tubes à lPétuve à 300.

Le lendemain 9 juin, deux ou trois petites colonies arrondies isolées, apparaissent sur le milieu de culture.

Le surlendemain, 10 juin, nous constatons, dans les deux tubes, de nombreuses petites colonies rondes, saillantes, grisâtres, opaques isolées.

Nous en prélevons une parcelle pour l’examen microscopique. L’émulsion de la colonie, dans une gouttelette d’eau déposée sur une lame, présente une certaine difficulté qui est un caractère bien connu du B. de Duerey.

La coloration simple au bleu de méthylène et la coloration par la méthode de Gram montrent un B.de Ducrey typique, épais, court, trapu; disposé en courte chaïînette et qui est décoloré par la méthode de Gram.

En résumé, pas de modification apparente des facteurs stimulant les cultures bactériennes, dans le sang d’un malade atteint de maladie mitrale.

O8s. Il. — /Jnsuffisance aortique.

Eugène B..., âgé de 36 ans, peintre en bâtiment, entre le 1° mai 1928 dans le service du professeur LEMIERRE, salle Bazin, de l'hôpital Bichat, pour essouflement, dyspnée d’eflort et douleurs dans l’hypocondre droit. Ces accidents remontent à un an environ.

En juillet 1927, le malade présente de la dyspnée d'effort à la suite d’une longue marche ou d’une fatigue. Un médecin consulté constate un double souffle d'insuffisance aortique avec abaissement de la pointe du cœur et hypertrophie du cœur. Le malade avoue alors avoir eu un chancre de la verge dix ans auparavant, en 1917, et n'avoir pas suivi de traitement spécifique. Il entre alors à Lariboisière le 9 août 1927. Il est traité pour sa cardiopathie, et une réaction de Bordet- Wassermann positive fait instituer un traitement spécifique. Il reçoit,

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pendant son séjour à l'hôpital, trente injections de cyanure de mercure puis, à sa sortie de Lariboisière, on lui continue son traitement par des injections de sulfarsénol et de sels de bismuth. .

À l’examen de l’appareil cardiaque on note, à la palpation et à la percussion, l’abaissement de la pointe dans le 6€ espace intercostal, un peu en dehors de Ja ligne mamelonnaire, et une matité cardiaque élargie, dépassant le bord droit du sternum.

À l’auscultation, on perçoit un double soufile de la base : un souffle diastolique, rude et râpeux, siégeant au 2° espace intercostal droit du sternum, et un souffle systolique moins fort, localisé à la pointe et ne se propageant pas.

Les artères sont dures et scléreuses. Le pouls est à 100.

AA: AS Mel (PAchon):

Le foie est volumineux, dépassant de trois travers de doigt le rebord costal et, de plus, il est très douloureux.

La rate est normale.

l’examen de l’appareil pulmonaire décèle quelques petits râles humides aux deux bases.

Système nerveux normal, aucun signe de syphilis nerveuse. Pas de signe d’Argyll-Robertson.

Examen des urines : ni albumine ni sucre ; traces d’urohiline.

La réaction de Bordet-Wassermann reste toujours fortement positive.

Le 8 mai 1928, dans la matinée,/mous prélevons 20 eme. de sang du malade. Nous défibrinons ce sang et le répartissons en deux tubes.

Le sang du premier tube est mélangé à de la gélose fondue, dans la proportion de XXV gouttes de sang pour 10 emc. de gélose. Nous répartissons le sang de l’autre tube sur de la gélose inclinée, à raison de IV à V gouttes de sang par tube.

Nous ensermençons tous les tubes en même temps avec une culture de B. de Ducrey et nous constatons, le 10 mai, que le B. de Ducrey a bien poussé dans les premiers tubes de gélose mélangée à XXV gouttes de sang, tandis que, dans les seconds, nous trouvons seulement quelques colonies arrondies, isolées. L’examen microscopique confirme les résultats de l'examen macroseopique.

En résumé, pas de modification apparente des facteurs stimulant les cultures bactériennes, dans le sang d’un malade atteint d'insuffisance aortique.

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Or

B. — EXISTENCE DES FACTEURS DE CROISSANCE DES BACTÉRIES DANS LE SANG DE MALADES BRIGHTIQUES.

Nous avons voulu voir si le sang de malades azotémiques est

- aussi favorable que le sang humain normal à la culture des bacté-

ries (1).

O8s. IT. — Néphrite chronique azotémique.

Henri D..., âgé de 30 ans, chauffeur mécanicien, entre dans le service du prof. LEmtERRE, salle Bazin, de l'hôpital Bichat, pour douleurs lombaires avec myalgies, accompagnées d’une faiblesse extrême, de lassitude et d’une incapacité complète de travail. Ces accidents datent de trois mois et ont eu des alternatives d’aggravation et de rémission ; quelques jours avant son hospitalisation, le malade a souffert de vertiges, de troubles transitoires de la vue, de polyurie et de pollakiurie nocturne.

À l’examen, on constate une grande pâleur, une anémie. Formule leucocytaire : 2.860.000 globules rouges et 4.500 globules blancs. On ne trouve pas d’œdème.

L’examen des différents appareils donne des résultats négatifs :

Le cœur est normal.

T. À. : 148 (Vaquez).

Le pouls est à 90, bien frappé.

Mais l’examen des urines, indiquant 1 gr. d’albumine, révèle une lésion rénale confirmée par le dosage de l’urée sanguine : 2 gr. 50 au moment de l’entrée du malade dans le service.

Malgré le régime déchloruré végétarien auquel est soumis le malade, et les 0 gr. 30 de poudre de scille qu’il absorbe quotidiennement, la quantité d’urée sanguine augmente et passe le 20 avril, neuf jours après son hospitalisation, à 2 gr. 70. Le malade est alors mis au régime déchloruré. Le 27 avril, la quantité d’urée sanguine atteint 3 er. 38. La tension artérielle est de 15-9 (Vaquez).

1. La seule mention que nous trouvons, dans la bibliographie, de l’influence de lurée sur les facteurs stimulant la culture des microbes, est une expérience de Coze et LLoyp en 1916-1917. Ces auteurs ajoutent de lurée à un milieu à l'extrait de sang, à la tryptamine et à l’extrait de tissu, qui est favorable à la culture du gonocoque. Ils constatent que l’urée, au taux de 2 %, est très nettement empêchante pour le développement initial de la culture. Cette proportion de 2 %, on le sait, n’est jamais observée chez des malades.

A. Sergent 7

Le 3 mai, la somnolence du malade augmente.

Le 7 mai, le malade présente, outre la fatigue et de la somnolence, des vomissements alimentaires rebelles à la potion de Rivière, et quitte je service pour rentrer chez lui.

T. A. : 14-9 (Vaquez).

Albumine dans l'urine : 1 gr.

Urée sanguine : 3 gr. 73.

Le même jour, 7 mai, fut pratiquée la ponction veineuse pour la culture du B. de Ducrey.

XXV gouttes de sang sont incorporées à 10 emc. de gélose fondue. Nous ensemençons le B. de Ducrey le 8 mai 1928. Nous observons, A8 heures plus tard, le 10 mai, des petites colonies en assez grand nombre, arrondies et isolées.

L'examen microscopique confirme cette observation : de nombreux B. de Ducrey typiques sont visibles après coloration au bleu de méthylène.

En résumé, pas de modification apparente des facteurs stimulant les cultures bactériennes, dans ce sang contenant 3 gr. 73 d’urée.

OBs. IV. — Néphrite azolémique, albuminurique, hypertensive.

Mne P, F..., âgé de 57 ans, femme de ménage, entre dans le service du prof. LemiERRE, salle Louis, de l'hôpital Bichat, le 2 février 1928, pour grande fatigue générale, douleur rétro-sternale, mouches volantes devant les yeux et vertiges.

Le début de Ja maladie remonte à sept ans. En 1921, la malade, à la suite d’une grippe, se sent fatiguée, se plaint de céphalée ; un examen d'urine, pratiqué à ce moment, révèle une albuminurie quotidienne de 5 gr. La malade ne suit pas le régime prescrit par le médecin et ce n’est qu’en mai 1927 qu’elle vient à l'hôpital pour un accident aigu. Elle présentait un épistaxis très abondant qui avait nécessité un tamponnement.

À ce moment, l'examen complet de la malade avait fait diagnostiquer une néphrite azotémique hypertensive, en raison du taux de l’urée sanguine (2 gr. 10).

Un régime lacto-végétarien, de petites saignées et la digitale avaient été prescrits.

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La malade sort en août 1927 du service où elle revient actuellement pour ces mêmes troubles fonctionnels : bourdonnement d'oreilles, mouches volantes, céphalée, vertiges, fatigue générale, crampes douloureuses dans les mollets, vomissements et diarrhée fréquents.

À l'examen, on est frappé de la pâleur de la malade qui à un teint creux et blafard.

À l'examen de l’appareil cardio-vasculaire, on constate que la pointe siège dans le 5° espace intercostal gauche. Petit souffle systolique aortique, persistant en position assise. Clangor intense du 2€ bruit.

Le pouls est à 80.

A2 0:40 (Vaquez).

Le foie n’est pas hypertrophié ni douloureux.

L'examen des autres appareils donne des résultats négatifs. L’examen des urines les montre abondantes et pâles ; albumine : 2 gr. par 24 heures, ni sucre, ni urobiline.

Urée sanguine : 1 gr. 86.

Formule leucocytaire :

Globules rouges : 2.290.000.

Globules blancs : 4.500.

Une saignée de 300 eme., le jour de son hospitalisation, soulage la malade. Puis un traitement par la digitale, puis par la trinitrine, avec des saignées, améliore l’état général, mais l’urée sanguine, non seulement persiste, mais augmente, pour atteindre 2 gr. 13 le jour de la ponction veineuse qui nous a servi à prendre du sang pour la culture

du B. de Ducrey. La tension artérielle est à ce moment-là de 19 1/2- 9 1/2 (Vaquez). °

Les ensemencements avec le B. de Ducrey, pratiqués sur les milieux de culture préparés avec le sang de cette malade, ont permis d'obtenir des cultures très abondantes.

En résumé, pas de modification apparente des facteurs stimulant les cultures bactériennes, dans ce sang contenant 2 gr. 13 d’urée.

C. — EXISTENCE DES FACTEURS DE CROISSANCE DES BACTÉRIES DANS LE SANG DE DIABÉTIQUES.

Nous avons recherché si l’augmentation du sucre dans le sang trouble le développement du B.de Ducrey dans un milieu de culture préparé avec ce sang.

Pour ces expériences, nous nous sommes servi de sang défibriné de malades présentant les troubles généraux et les signes fonctionnels du diabète.

Os. V. — Drabète.

L..., âgé de 74 ans, sans profession, est amené en ambulance à l'hôpital, pour grande fatigue générale et dyspnée violente survenue depuis une quinzaine de jours environ.

L’interrogatoire est assez difficile, le malade comprenant bien les questions mais y répondant mal et se souvenant peu de ses antécédents. Mais on apprend que, à part un rhumatisme articulaire dans sa jeunesse, il aurait été bien portant jusqu’à l’âge de 66 ans. À ce moment, il y a huit ans, le malade aurait appris qu'il avait le diabète, à la suite d’une infection de la jambe droite, laquelle infection a nécessité l’amputation de la cuisse droite. Depuis cette époque, la fatigue générale, la dyspnée ont augmenté.

Au moment de son hospitalisation, le malade n’est pas dans le coma, comprend ce qu’on lui dit, mais est plongé dans un état de torpeur et sa respiration présente le type de la respiration de Kussmaul. A l'examen, on note une langue saburrale humide, une très mauvaise denture, de petits foyers de râles humides aux deux bases.

L'appareil cardio-vasculaire est normal.

Pouls rapide, à 120.

T. A. : 13 1/2-7/1/2 (Vaquez).

Système nerveux normal.

L'examen des urines montre des traces d’albumine, la présence de sucre et de corps acétoniques ainsi que des traces d’urobiline.

L'examen du sang révèle :

0 gr. 49 d’urée sanguine ;

2 gr. 72 de glycémie ;

71,8 de réserve alcaline.

Le 22 juin 1928, nous ensemençons le B. de Ducrey sur de la gélose additionnée de XXV gouttes de sang du malade.

Ces ensemencements ont permis d’obtenir des cultures très abondantes de B. de Ducrey.

En résumé, pas de modification apparente des facteurs stimulant les cultures bactériennes, dans ce sang contenant 2 gr. 72 de sucre.

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OBs. VI. — Diabète avce insuffisance mitrale

Mme B. S. C..., âgée de 60 ans, sans profession, entre le 20 janvier 6 1928 dans le service du prof. LEMIERRE, salle Louis, de l’hôpital Bichat, pour grande fatigue, céphalée et douleurs épigastriques. La malade présente, depuis quatre mois environ, de la polydypsie, de la polyurie

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et un amaigrissement notable ; elle aurait perdu 8 kilos en 18 mois. 4 On note l’absence de polyphagie.

#. À l'examen, on constate que la malade est amaigrie, fatiguée, a une

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mauvaise denture et présente, sur le thorax, de nombreuses cicatrices de furoneles.

L'examen du cœur permet d’entendre, à la pointe, un souffle systolique très intense, en jet de vapeur, prolongé, irradiant vers l’aisselle et, à la base, un souffle systolique moins intense, siégeantidans le deuxième espace intercostal gauche, sans irradiation.

Lé pouls est à 100, bien frappé et régulier.

T. À. : 13-83 (Vaquez).

L’examen des autres appareils donne un résultat négatif.

Dans.les urines, on ne trouve pas d’albumine ni d’urobiline, mais beaucoup de sucre, et les réactions de Gerhardt et de Legal sont très fortement positives.

Urée sanguine : 0 gr. 28.

Glycémie : 2 gr. 72.

La malade est traitée par l'insuline et présente, après son traitement, 3 gr. 20 de sucre dans le sang.

Les cultures de B. de Ducrey, faites sur des milieux préparés avec ce sang contenant 3 gr. 20 de sucre, ont été semblables aux cultures obtenues avec des milieux au sang normal.

En résumé, pas de modification apparente des facteurs stimulant les cultures bactériennes, dans ce sang contenant 3 gr. 20 de sucre.

D. —— EXxISTENCE DES FACTEURS DE CROISSANCE DES BACTÉRIES DANS LE SANG D'ICTÉRIQUES.

Enfin, nous avons étudié le développement du B. de Ducrey dans le sang d’un malade atteint d’ictère catarrhal et dans le sang d’un malade atteint de néoplasme de la tête du pancréas.

Os. VII. — /ctère catarrhal.

Jean E..., âgé de 37 ans, garçon de café, entre dans le service du prof. LEMIERRE, salle Bazin, de l'hôpital Bichat, le 18 juin 1928, pour ictère généralisé des muqueuses et des téguments.

Cet ictère date d’une quinzaine de jours. Il a été précédé de phénomènes infectieux : lièvre, céphalée intense, anorexie, etc., puis coloration des muqueuses en jaune, et envahissement généralisé de toutes les muqueuses et des téguments par l’ictère, qui n’a présenté aucune rémission et n’a jamais été accompagné de prurit ni de brachycardie.

On ne retrouve, dans les antécédents du malade, aucune affection ni aucun antécédent lithiasique, mais on note des signes d’éthylisme chronique : pituite matinale, cauchemars, crampes dans les mollets.

Les signes physiques sont assez nets et, outre la teinte ictérique généralisée, on constate un foie légèrement hypertrophié, dépassant de deux travers de doigt le rebord costal, et légèrement douloureux à la palpation. Les fæces sont décolorées, blanc mastic, et les urines hautes en couleur, acajou, ne contiennent ni albumine, ni sucre, ni urobiline, mais des sels biliaires et beaucoup de pigments biliaires.

Le dosage de la cholémie a été pratiqué le même jour que l’ensemencement du B. de Ducrey, dans du sang prélevé au malade. La méthode de Fouchet indique une cholémie de 1/5.000.

Le 22 juin 1928, nous ensemençons une spatule de B. de Ducrey sur de la gélose additionnée de XXV gouttes de sang du malade. Deux jours après, le 24 juin, nous avons eu de belles cultures aussi abondantes que les cultures du B. de Ducrey sur du sang normal. Sur la surface de la gélose au sang, on voit de petites colonies séparées les unes des autres, et très nombreuses. L'examen microscopique montre des B. de Ducrey normaux.

En résumé, pas de modification apparente des facteurs stimulant les cultures bactériennes, dans le sang d’un malade atteint d’ictère catarrhal.

O8s. VIII. — Néoplasme de la tête du pancréas.

Mme B..., âgée de 78 ans, sans profession, entre le 6 juillet 1928 dans le service du prof. LEMIERRE, salle Louis de l'hôpital Bichat. pour

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ictère intense, jaune foncé, datant de 8 jours environ. La malade, depuis trois mois déjà, maigrissait, était fatiguée et avait perdu l'appétit ; ce n’est que depuis une quinzaine de jours qu’elle a constaté l’existence de l’ictère.

Dans ses antécédents, on ne trouve qu’une fièvre typhoïde à l’âge de 39 ans, et la malade n’a jamais présenté, auparavant, ni d’ictère, ni de lithiase biliaire.

A l'examen de la malade on constate, outre l’ictère intense et la grande asthénie, l’absence de prurit et de brachycardie. La palpation de l’abdomen le montre souple, non douloureux, mais très météorisé : elle permet de sentir, dans la fosse ihaque droite, des masses très dures probablement stercorales (la malade déclare être constipée depuis cinq jours environ). Mais, sous le foie, à droite, indépendante de lui, se trouve une petite masse très dure, douloureuse au palper, qui parait être néoplasique.

L’exarnen des autres appareils donne un résultat complètement négatif.

Le cœur est normal; pouls 84, régulier.

T. À. : 12,5-6,5 (Vaquez).

Dans les urines on ne trouve ni albumine ni sucre ni urobiline ni sels biliaires, mais beaucoup de pigments biliaires.

Du sang est prélevé à la malade, le 9 juillet. Il est aussitôt incorporé à de la gélose et l’ensemencement du B. de Ducrey est pratiqué le même jour sur cette gélose au sang. Le 11 juillet apparaissent, dans les tubes de culture, de nombreuses colonies de B. de Ducrey typiques.

En résumé, pas de modification apparente des facteurs stimulant les cultures bactériennes, dans le sang d’un ictérique atteint d’un néoplasme de la tête du pancréas.

2° Facteurs de croissance des bactéries dans des sérosités pathologiques.

Il est de notion classique, depuis le travail de WERTHEIM en 1889, que le liquide d’ascite et les autres sérosités humaines contiennent des facteurs de croissances très favorables à la culture du Gonocoque et des bactéries du même groupe. |

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Dans les expériences dont l'exposé suit, nous avons comparé entre elles les cultures, sur des sérosités provenant de 7 malades, de trois souches de Gonocoques provenant de la collection de l’Institut Pasteur

SOUCHON 2 ce Le TE que nous appellerons À SOUE He AU >. NRA que nous appellerons B SouChe- LT. Te TITN OREt que nous appellerons C

Les sérosités étaient

3 fois des liquides d’ascite (provenant de deux cardiopathies et d'une cirrhose de Laënnec).

4 fois des épanchements pleuraux (2 d’origine cardiaque, une pleurésie séro-fibrineuse, un épanchement survenu au cours d’une maladie de Hopkins).

Nous verrons que chacune des souches À, B, C, de Gonocoques a montré des préférences pour les unes ou les autres des 7 sérosités, mais qu’elles n’ont pas régulièrement toutes trois les mêmes préférences. Si l’on voulait classer les 7 sérosités d’après les facteurs favorables à la croissance des Gonocoques qu’elles renferment, il faudrait faire un classement individuel pour chaque souche de (ronocoques.

À. — EXISTENCE DE FACTEURS DE CROISSANCE POUR TROIS SOUCHES DIFFÉRENTES DE GONOCOQUES DANS DU LIQUIDE D'ASCITE,

O8s. IX. — Néphrite chronique azotémique, avec ascite d'origine cardiaque.

Jean J..., âgé de 32 ans, chimiste, est transporté le 28 mai 1928 dans le service du prof. LEMIERRE, salle Bazin, de l’hôpital Bichat, dans un état semi-comateux, entrecoupé de crises d’étouffement. Il y a 8 mois. le malade fut intoxiqué par du brome, et une radioscopie des poumons avait fait penser à de la bacillose, lorsque l’examen des. urines montra de l’albuminurie, et un dosage d’urée fait en novembre 1927 indiqua 0 gr. 86 d’urée sanguine.

Au cours de divers examens, le chiffre de. l’albuminurie variait entre

ete 0 em

2, 3-et 4 grammes. Mais l’état général restait bon. Brusquement, le 27 mai,le malade présente un œdème très marqué à la face et aux membres inférieurs et tombe dans cet état de torpeur accentué qu’il présentait à son entrée dans le service. On observe, outre cet état semicomateux, une bouffissure de la face qui est cyanosée, un œdème blane, mou, non douloureux des malléoles, et de l’ascite en moyenne abondance. L'examen des poumons révèle une forte congestion des bases, celui du cœur une impulsion marquée de la pointe, mais pas de souffle m1 de bruit de galop. Le pouls est à 104.

La tension artérielle est de 21-14 (Vaquez).

L'examen du système nerveux montre des pupilles en myosis réagissant faiblement à la lumière ; les réflexes tendineux sont conservés et

4 on constate un signe de Babinski à droite.

” Dans les urines on trouve de l’albumine mais pas de sucre ni d’uro- « biline. ni d’acidose.

4 Urée sanguine : 1 gr. 97. Mais elle ne tarde pas à augmenter. Le 29 mai : elle atteint 2 gr. 47 et les chlorures 3 gr. 15 par litre.

J Enfin, le 30 mai, la quantité d’urée sanguine est de 2 gr. 82, la réfrac- É tométrie, de 72, la pression veineuse, de 23.

À L'examen du sang indique un certain degré d’anémie.

&- Globules rouges : 3.390.000.

“ Globules blanes : 5.700 se divisant en :

; Petits mononucléaires : 78.

À Grands mononucléaires : 5.

4 Moyens mononueléaires : 16.

7 Lymphocytes : 1.

4 Le 4 juin, la quantité d’urée sanguine est de 3 gr. 19; la réfracto- - - métrie, de 74.

PE £ Es . , . N . : li dl d li id r Le 5 juin, nous ponetionnons l’ascite. Nous retirons un litre de liquide ; jaune citrin où l'examen cytologique montre : de nombreuses hématies,

#4 quelques cellules, de rares lymphocytes, l'absence de polynucléaires. 4 Ce liquide contient 28 gr. d’albumine.

LE Le juin 1918, à 16 heures, nous ensemençons les trois souches À | B et C de Gonocoques provenant de la collection de l’Institut Pasteur sur de la gélose additionnée de liquide d’ascite du malade recueilli le matin même. D'autre part, des ensemencements semblables sont pratiqués sur de l’ascite artificielle de l’Institut Pasteur, pour servir de contrôle.

Le lendemain, 6 juin, à 16 heures, donc 24 heures exactement

après l’ensemencement, nous constatons, sur les 2 milieux, des résultats identiques.

La souche À de Gonocoques n'avait pas donné de colonies, tandis que la souche B montrait des colonies isolées, arrondies, punetiformes, d’un blanc grisâtre, légèrement translucide. Ces colonies n'étaient pas très abondantes. Au contraire, la souche C donnait des cultures très abondantes et plus opaques.

L'examen microscopique montre, dans les cultures des souches B et C, des Gonocoques de morphologie normale.

48 heures après l’ensemencement les résultats se confirment La souche B donne des colonies isolées disséminées sur le milieu. La souche C couvre le milieu de colonies presque cohérentes. La

souche À ne pousse pas.

En résumé, le liquide d’une ascite d’origine cardiaque, provenant d’un cas de néphrite chronique azotémique, dont le pouvoir favorisant est essayé sur 3 souches de Gonocoques, À, B SAR OR provoque une culture abondante de la souche C, médiocre de la souche B et ne provoque aucune culture de la souche A.

Les ensemencements pratiqués sur des tubes témoins contenant de la gélose à l’uascite artificielle » de Legroux donnent exactement les mêmes résultats.

O8s. X. — Maladie mitrale avec hypertension et ascite.

Mme B..., âgée de 56 ans, ménagère, entre le 2 décembre 1927 dans le service du prof. LEMIERRE, salle Louis, de l’hôpital Bichat, pour dyspnée violente et constante et pour œdème des malléoles.

Ces accidents ont débuté, il y a 6 mois, par de la dyspnée d’effort et de la fatigue générale et un léger œdème survenant le soir.

Dans les antécédents personnels, on ne note aucune affection antérieure ni aucun rhumatisme articulaire aigu.

Le jour de son entrée dans le service, on est en présence d’une malade très dyspnéique, avant les extrémités froides ; les lèvres, le nez et les oreilles sont cyanosés. La face est œdématiée et l'examen de l’abdomen montre une paroi œdématiée, une augmentation de volume de l’abdomen sans circulation collatérale. À la palpation et à la percussion, on

constate une matité des flancs, mobile avec les positions de la malade et une sensation de flot tout à fait caractéristique. Une ponction exploratrice permet de retirer ua liquide jaune citrin, contenant 22 gr. d’albumine. |

Le foie est difficile à palper mais paraît gros et sensible. L'examen de l’appareil cardio-vasculaire décèle un souflle systolique de la pointe, irradiant vers l’aisselle.

Le pouls est rapide, irrégulier ; 120 pulsations.

T. À. : 23-15 (Vaquez).

A l’auscultation de l'appareil pulmonaire on entend, à la base gauche, une Inspiration très rude et un foyer de râles humides ; à droite on per çoit de la matité avec souffle expiratoire. Une ponction exploratrice permet de retirer un liquide jaune citrin contenant 13 gr. 8 d’albumine.

Dans les urines on ne trouve ni albumine, ni sucre, ni urobiline.

La quantité d’urée sanguine est de 0 gr. 50.

La quantité d’ascite augmentant rapidement, on est obligé de fair, plusieurs ponctions :

Le 22 février 1928, première ponction qui permet de retirer 6 litres 300 de liquide d’ascite, dans lequel l'examen cytologique met en évidence de nombreux lymphocytes et des cellules isolées. Quelques placards endo théliaux. Pas de polynucléaires. Ce liquide contient 38 gr. 6 d’albumine.

Le 16 mars, deuxième ponction de 6 litres 300, avec même formule cytologique. ,

Enfin, le 22 avril, troisième ponction. Ce n’est que le 10 mai que nous avons retiré, par ponction exploratrice, le liquide ascitique qui nous a servi à faire nos milieux de culture.

Nous ensemençons avec les 3 mêmes souches de Gonocoques À, B,et C les milieux préparés avec le liquide d’ascite de la malade.

Vingt-quatre heures plus tard, nous constatons que les souches À et B donnent de petites colonies blanchâtres, arrondies, extrémement nombreuses, tandis que la souche C qui, dans l’expérience précédente, sur une ascite d’origine cardiaque, avait donné une culture très florissante, ne donne ici que quelques colonies assez grosses et disséminées sur le milieu de culture.

Au microscope, on voit des Gonocoques typiques dans les trois préparations provenant des souches A, B et C.

En résumé, le liquide d’ascite provenant d’une malade atteinte

de maladie mitrale, dont le pouvoir favorisant est essayé sur 3 souches de Gonocoques, provoque une culture abondante des souches A et B et une culture très médiocre de la souche C.

Os. XI. — Cirrhose de Laënnec.

M..., âgé de 38 ans, garçon de bureau, entre dans le service du prof. Lemierre, le 40 avril 1928, salle Bazin, de l'hôpital Bichat, pour augmentation du volume de son abdomen et fatigue générale. Le début de cet état remonte à quelques mois environ.

A l'examen, on constate une ascite libre, mobile avec les différentes positions du malade, et une ponction exploratrice permet de recueillir un liquide jaune citrin.

Après la ponction, on constate un petit foie et une rate normale. Tous les autres appareils sont normaux.

T. A. : 13 1/2-8 (Vaquez).

Dans les urines, pas d’albumine, pas de sucre mais de l’urobiline.

Le 14 mai, nous ensemençons les souches B et C de Gonocoques sur le liquide ascitique. Nous observons, le 15 mai, de très nombreuses petites colonies réparties sur toute la surface des milieux de culture ensemencés avec les deux souches.

En résumé, le liquide d’ascite, provenant d’un cas de cirrhose de Laënnec, dont le pouvoir favorisant est essayé sur les 2 souches

de Gonocoques B et CG provoque une culture abondante des deux souches.

B. — EXISTENCE DE FACTEURS DE CROISSANCE POUR TROIS SOUCHES DIFFÉRENTES DE GONOCOQUES DANS DU LIQUIDE PLEURAL.

O8s. XII. — Asystolie avec pleurésie droite.

François P..., âgé de 62 ans, cimentier, entre dans le service du pro. LEMIERRE, salle Bazin, de l'hôpital Bichat, pour Re de côté droit et dyspnée très violente.

Ces symptômes ont débuté il y a quelques mois, et n’ont fait qu’aug-

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