À. — ELABORATION DE LA VITAMINE B PAR LA LEVURE
La question de l’élaboration par la levure ou par d’autres microbes de la vitamine B est encore controversée : les deux thèses opposées ont des partisans. Peut-être la levure ne fait-elle que concentrer en elle cette vitamine B, sans la fabriquer elle-même. Il faudra, pour résoudre la question, de nouvelles expériences
avec des techniques perfectionnées qui puissent mettre sûrement
hors de cause les «impuretés » que risquent d'introduire les substances employées pour les milieux de culture. RanDoin et LEecoo
1. Les microbes n’exercent pas seulement les uns à l'égard des autres des actions stimulantes de mutualisme et d’entr’eide, ils exercent aussi in vitro et in vivo des actions d’antibiose et d’antagonisme, qui sortent du cadre de notre sujet. (Voir le livre de G. Papacosras et J. GaTÉ sur les
Associations microbiennes.) b
A. Sergent ; 9
ont montré que la richesse de la levure de bière en vitanune B peut s'expliquer par l'abondance de celle-ci dans les milieux de culture employés.
1er cas. — Exemples de microbes n’élaborant pas, par synthèse, des vitamines pour les animaux.
WozLMAN, en 1921, montre qu'il n’y a pas formation de vitamine C (antiscorbutique) par le Bacille bulgare cultivé en lait stérilisé.
Il montre, en même temps, qu’il n’y a pas non plus trace de production de vitamine antibéribérique B par l’Amylomucor & (DELE- MAR) cultivé sur riz glacé. On sait que cette vitamine B est abondamment fournie par la levure. ;
Dans des expériences sur des rats, publiées en 1922, WoLLMAN et VAGLIANO voient que ni le Bacille bulgare, ni l’'Amylomucor B ne produisent de la vitamine B (facteur de croissance soluble dans l’eau), n1 de la vitamine A (facteur de croissance soluble dans les graisses).
Il en est de même, d’après Damon, pour le B. typhoïdique, le B. paratyphoïdique B, le B. du colon et le B. subis.
BreziNG publie des résultats analogues. Des expériences faites avec le B. pyocyanique, le B. coli, et un mélange de bactéries intestinales du cheval, n’ont pu déceler la production de vitamine B de croissance (pour de jeunes rats), de vitamine C antiscorbutique (pour des cobayes scorbutiques), ni de vitamine B antinévritique (pour des pigeons).
KoLLATH et LEICHTENTRITT constatent que lé B. de Friedländer, le B. du colon, ainsi qu’un mélange de bactéries intestinales du
cobaye, sont incapables de produire de la vitamine C (antiscorbutique).
2e cas. — Exemples de microbes élaborant, par synthèse, la vitamine hydrosoluble B.
Cependant Damon lui-même cite quelques expériences sur le rat d’après lesquelles le B. de Pfeiffer et un bacille acido-résistant élaborent la vitamine B.
NELSON, FURMER et CEssNA obtiennent en 1921, par culture de la levure dans des milieux synthétiques, des vitamines stimulatrices de la croissance (vitamine hydrosoluble B).
Mac Donarp et Mac Coczum (1921) font, en un an, 180 passages successifs de levure sur un milieu synthétique, la semence comportant chaque fois 1 cmc. provenant d’une culture antérieure de 50 eme. La concentration maxima possible des substances apportées par la semence initiale se trouve ainsi ramenée, dans la levure obtenue finalement, A COUT
Cette levure contient de la vitamine B. Elle a done dû la fabriquer elle-même.
Mac DoxaLp constate, en 1922, que des rats soumis à un régime dévitaminé se comportent comme des animaux témoins si on
. ajoute à leur régime une culture de levure sur le milieu synthétique
suivant :
BUCLCR TOR CANNE ee TOO ee TE TEEN 50 gr.
Phosphate acide de potassium. ....…........!... DROIT Sullate d'ammonifnts, 11... FAR TS Des 2 gr. 35 GIE Ur de, CAlCIUM Lr4. HALOsree 0Mpr225 Dullaté-de magnésium... 04.4. Lin ic 0 gr. 25
Donc la levure réalise la synthèse de la vitamine B.
ErsKMAN, van HooGEnHuizE et DErks concluent de leurs expériences, en 1922, que s’il est exact que la levure fabrique par synthèse la vitamine soluble B, il n’en est pas de même de la vitamine antinévritique. La levure ne fabrique pas celle-ci, elle la
résorbe quand elle la trouve dans le milieu de culture (c’est une résorption, non pas une adsorption).
Heccer affirme en 1923 que, contrairement à l'opinion de Eiskmax et de ses collaborateurs, la levure peut, en milieu défini, faire la synthèse non seulement de la vitamine B de croissance, mais aussi de la vitamine B antinévritique.
Mac Dowazn publie, la même année, des recherches aboutissant aux mêmes conclusions, sur la synthèse dela vitamine B par la levure.