B. —— ELABORATION DE LA VITAMINE À PAR LES DIATOMÉES
Les diatomées (Vitzschia closterium) cultivées en culture pure sont les meilleurs producteurs du facteur liposoluble À (Hsorr, 1922). Jameson, DrummonD et CowarD voient, en 1922, que le Nutzschia closterium, en culture pure, apporte, à la dose quotidienne de 0 gr. 08 (poids sec), une quantité de vitamine A suffsante pour assurer la croissance du rat soumis à un régime dévitaminé. Les diatomées forment la principale nourriture de beaucoup de crustacés et de mollusques qui constituent le plankton. Comme les poissons se nourrissent de plankton, on peut émettre l’hypothèse que la vitamine de croissance liposoluble A est fournie aux” poissons par des microbes, les diatomées.
En conclusion, les facteurs de croissance des microbes sont de même nature que les vitamines des animaux supérieurs mais ne leur sont pas identiques.
Une série de caractères physico-chimiques les en séparent : nous rapportons plus haut les observations des auteurs à ce sujet.
Nous voudrions signaler ici un caractère distinctif -d’ordre
physiologique dont nous n’avons pas trouvé mention dans la bibliographie :
Il n’y à pas d’accoutumance à l’avitaminose : les troubles graves, entraînant inévitablement une issue fatale, ne sont arrêtés que si l’on rétablit le régime vitaminé. Au contraire, des microbes qui ont besoin, pour leur culture primaire, qu’un facteur de croissance soit ajouté au milieu artificiel, arrivent à s’en passer pour les cultures secondaires. Un Vertébré ne s’acclimate pas à l’avitaminose, un microbe s’acclimate à un milieu sans facteur de croissance (1). Peut-être faut-il penser à la possibilité, dans les générations successives des microbes en culture, de mutations au sens de Hugo de VRies.
Les microbes sont, dans la nature, les grands producteurs des facteurs de croissance pour les animaux, pour les plantes, et pour eux-mêmes. [ls sont les seuls êtres animés qui peuvent synthétiser des facteurs de croissance dans des milieux minéraux chimiquement purs.
En ce qui concerne l’origine des facteurs de croissance pour microbes, LEGRoux fait l’hypothèse suivante: il pense que les facteurs de croissance sont contenus dans les milieux habituels, mais sous une forme ou dans des combinaisons qui ne leur permettent pas d'agir. L’adjonction de certains produits a pour conséquence la formation de combinaisons nouvelles, qui libèrent les facteurs de croissance et les rendent utilisables par les microbes.
Une question se. pose enfin, à laquelle nous ne pouvons pas encore répondre: quel est le mode d’action de ces facteurs de
croissance : est-il nutritif ? est-il catalytique ?
1. Pour conclure, nous serions de l’avis de SAZERAC, qu'il est préférable de réserver le nom de « vitamines » aux substances dont l'exclusion rigoureuse du régime alimentaire est capable de provoquer, chez les animaux supérieurs, l'apparition de symptômes de carence bien caractérisés.