‹ Les Facteurs de Croissance des Microbes sur Milieux ArtificielsChapitre 50 sur 66 · CONCLUSIONS · texte numérisé non relu

CONCLUSIONS

I. — On peut cultiver un grand nombre de microbes (1) sur des milieux artificiels, composés de substances organiques stérilisées, ou même simplement de sels minéraux purs, chimiquement définis. Cependant, un certain nombre de microbes,surtout des pathogènes, ne peuvent s’accommoder de cette alimentation, au moins pour les cultures primaires, que si le milieu nutritif est additionné de certaines substances, actives à très petites doses.

Ces substances sont désignées sous le nom de «facteurs accessoires de la croissance des microbes », ou, simplement, de «facteurs de croissance », ou encore d’«hormones de croissance» et on leur attribue les caractères suivants :

Substances de nature organique indéterminée, ne pouvant pas être remplacées par des composés chimiquement définis ; agissant à doses imfimes, à la manière des catalyseurs, sur le métabolisme, et ne constituant pas elles-mêmes des aliments ; leur action est spécifique ; l’action de ces facteurs n’a été éprouvée jusqu’à présent que sur la culture des microbes en milieu artificiel.

Il. — Les propriétés des facteurs stimulant la culture des microbes les rapprochent des facteurs favorisant le développement ou le fonctionnement de l'organisme des animaux ou des végétaux. Mais ces différentes substances activantes diffèrent les unes des autres par des caractères physico-chimiques et par des caractères biolo

1. On appelle « microbes » les êtres unicellulaires dont l’étude morphologique, à tous les stades, ne peut se faire qu’au microscope : Végétaux inférieurs (Champignons, Levures), Bactéries, Animaux inférieurs (Protozoaires)

giques. Il est préférable de réserver l’appellation de « vitamines » aux substances dont la carence entraîne des troubles graves chez les animaux supérieurs, le terme d’«auximones » aux substances qui activent la végétation des végétaux supérieurs, et d'employer le terme de «facteurs de croissance » pour les substances qui favorisent la culture des microbes sur des milieux artificiels.

III. —Les facteurs qui favorisent la culture des microbes peuvent provenir de trois origines : les uns sont fournis par des microbes, vivants ou morts, d’autres par des sucs ou des tissus végétaux, d’autres enfin par des humeurs ou des tissus animaux. .

Les facteurs de croissance des microbes ont reçu différents noms, dont les rapports respectifs sont mal établis

Bios de WiLpiers, tiré de substances organiques diverses.

Vitamine D de Funk, trouvée dans des microbes, des tissus animaux et des tissus végétaux.

Facteur X et facteur V de THJôTrA et AvVERY, trouvés dans le sang, dans les tissus animaux ou végétaux. Le facteur V a été trouvé aussi dans des microbes.

L’extrait globulaire » d’AGuLHoON et LEGROUx, tiré des globules rouges et qui contient l’essentiel des facteurs X et V.

Le « filtrat de Mucor » de P. Goy, etc...

Aucune classification ne sera possible tant qu’une étude expérimentale systématique ne réunira pas les résultats disparates des recherches accomplies jusqu’à présent.

IV. — Lorsque l’on veut apprécier l’action d’un facteur de croissance des microbes, il faut considérer les quatre points suivanis :

19 Le départ de la culture sur des milieux additionnés de ces facteurs, tandis que les milieux «témoins », sans ces facteurs, restent stériles.

20 La rapidité d'apparition de la culture, ou durée de l’incubaton, ou diminution du «retard initial ».

39 L’abondance de la culture, mesurée soit par la pesée de la

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masse microbienne, soit, lorsqu'il s’agit d’un ferment, par la mesure du CO? produit.

40 La longévité de la culture.

V. — Les facteurs de croissance des microbes qui existent dans les humeurs normäles des animaux semblent ne plus agir, lorsque l’organisme qui fournit ces humeurs est en état de nutrition déficiente par avitaminose. On peut supposer soit qu’ils ont été détruits, soit que leur action est masquée par celle de substances empêchantes.

Mais les facteurs de croissance ne semblent pas diminuer lorsque les organismes qui les fournissent souffrent d’un état pathologique qui ne relève pas d’une avitaminose.

VI. — Si, d’une façon générale, les vitamines vraies (pour animaux) ne sont pas actives pour les microbes, elles sont souvent, dans là nature, mêlées aux facteurs de croissance des microbes. Par exemple : des substances contenant la vitamine liposoluble A paraissent agir favorablement sur des bacilles acido-résistants cultivés sur des milieux artificiels : Nocardia asteroides d'Eppinger.

VII. — On n’a jamais trouvé de facteurs de croissance dans un milieu minéral chimiquement pur.

Les animaux et les végétaux sont incapables d'élaborer eux-mêmes leurs propres facteurs de croissance : les animaux empruntent leurs vitamines aux végétaux et aux microbes; les végétaux empruntent leurs auximones aux microbes. Seuls, les microbes sont capables d'élaborer, par synthèse, aux dépens de substances minérales, les vitamines pour les animaux, les auximones pour les végétaux, et les facteurs de croissance nécessaires à d’autres microbes ou à eux-mêmes. Ainsi se précise le rôle important Joué par les êtres unicellulaires dans le cycle de la vie à la surface de la terre.

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