Les faiences d'Aprey
Le goût, chaque jour grandissant, des collections de toute nature, a fait couler des flots d'encre depuis quelque trente ans.
Quelle est la branche de la « Curiosité » sur laquelle on n'ait rien écrit ? La céramique, et particulièrement nos belles faïences françaises, ont été l'objet de nombreuses publications. On peut compter les fabriques, si peu importantes qu'elles aient été, qui n'ont pas eu les hoiuu'urs d'une monographie, d'une notice, voire d'une simple plaquette.
La manufacture d'Aprey est parmi les délaissées.
Sans atteindre aux sommets de Neuers et de Rouen, ses produits peuvent souvent rivaliser avec ceux de Strasbourg et de Marseille, de Sceaux et de Niederviller.
Rares sont cependant les amateurs qui les connaissent, aucun curieux n'agant orienté ses recherches de ce côté.
Le désir de combler cette lacune dans la mesure de nos faibles
moyens, nous a seul engagé à publier les quelques notes que nous sommes parvenu à réunir sur la fabrique Haut-Marnaise ; elles pourront, nous l'espérons, guider les recherches des amateurs et leur faciliter F identification de certaines pièces. C'est dans ce but que nous n'avons fait figurer, dans les planches qu'on trouvera à la fin de cette brochure, que des types caractéristiques, présentant les décors le plus fréquemment employés à Aprey; nous avons délaissé les échantillons exceptionnels, qui ne donneraient qu'une idée inexacte de la production artistique qui nous intéresse.
Nous allons indiquer ici les différentes sources auxquelles nous avons puisé les documents qui ont servi de base à ce travail.
Des archives du département de la Côte-d'Or, nous avons tiré une série de suppliques adressées par les fondateurs de la faïencerie aux Etats généraux de la province de Bourgogne. Ces suppliques, que nous reproduisons in extenso à la fin de cette étude, avec la correspondance qui s'y rattache, nous permettent de suivre le développement progressif de la manufacture.
Les registres paroissiaux et ceux de l'état civil de la commune d' Aprey, nous ont fourni les noms de la plupart des peintres et ouvriers céramistes, et nombre de dates intéressantes.
Enfin, M. le Docteur Baudin, d'Aprey, descendant de François Ollivier, un des directeurs de la fabrique, a bien voulu nous autoriser à consulter les actes, comptes et carnets de fabrication conservés dans sa famille. Nous lui en témoignons notre sincère reconnaissance.
Bien que nous n'ayons ménagé ni temps ni démarches, nous faisons appel à toute l'indulgence du lecteur, qui trouvera, dans le modeste ouvrage que nous lui présentons, de nombreuses imperfections.
Si, malgré ses défauts, cette brochure était favorablement accueillie, cette faveur serait due tout entière :
Aux conseils éclairés de M. le Docteur Marchant, dictés par son amitié et sa longue expérience de collectionneur érudit.
A l'obligeance de M. l'abbé Brocas, curé d'Aprey, qui nous a communiqué les notes prises par lui dans les registres de sa paroisse.
Toute notre gratitude est également acquise à M. Joseph Roger, qui nous a largement ouvert les vitrines de sa remarquable collection. Nous y avons trouvé la plupart des marques que nous reproduisons, et nous avons été à même d'y étudier de visu les plus beaux types de la séduisante faïence qui fait l'objet de cet opuscule.
Dijon, 26 février 1908.