‹ Les fai˜ences d'ApreyChapitre 23 sur 30 · C. 44, liasse · texte numérisé non relu

C. 44, liasse

22 janvier 1776

Chambre des États

Faïencerie d'Aprey

« Supplie humblement

« Le S' Lallemant de Villehaut, chevalier de S'-Louis,

« Et dit qu'après avoir servi 30 ans dans le même corps, fait

« prisonnier à Rosbach et blessé pour la dernière fois, fut con- « traint par ses infirmités après les dernières campagnes, de « prendre sa retraite au sein de sa famille, dont les affaires d'un « père de neuf enfants (dont trois au service), par l'éducation qu'il « leur avait procurée, ne lui laissait entrevoir pour toute ressource « qu'une petite terre délabrée et endettée considérablement. Le « S"" de Villehaut conçut dès lors le dessein d'être utile autant à sa « patrie qu'à sa famille en établissant dans sa terre une branche « de commerce dont ses connaissances, jointes à celles qu'il avait « acquises en Saxe où il a été trois ans prisonnier, le mirent bien- « tôt à portée de réussir dans le genre qu'il entreprenait.

« Ses premières épreuves furent favorablement accueillies des « Chambres des Etats, qui renvoyèrent l'affaire à Nos Seigneurs les « Élus généraux, qui ordonnèrent que le S"" de Villehaut serait « autorisé de faire un emprunt de 12.000 livres dont il justifierait, « ainsi que de l'employ, ce qu'il a exécuté dans le temps, pour « laquelle somme il lui serait alloué pour satisfaire aux intérêts « de la somme empruntée, celle de 500 livres par an.

« MM. Berlin et de Montigny de Trudaine s'étant fait rendre « compte des différents ouvrages que faisait exécuter le S"" de « Villehaut dans sa terre d'Aprey, tant en fayance qu'en porce- « laine, les fit soumettre à l'examen de MM. de l'Académie des « sciences de Paris, qui en ont rendu l'éloge le plus complet par « l'extrait des registres qui a été remis entre les mains du S"" de « Villehaut, ce qui lui a mérité du Conseil une ordonnance qui « lui accorde un encouragement de 300 livres, tant qu'il ne démé- « ritera pas de celle de 500 que lui accorde la province.

« Le S'" de Villehaut demande donc d'être maintenu dans la « jouissance des 500 livres qui lui est indispensable aussi pour « recevoir celle de 300 livres qu'il touche sur la caisse du Com- « merce, tant qu'il n'aura pas démérité, ce dont il ose se flatter.

« puisqu'il vient tout récemment de rétablir une verrerie à l'imita- « tion de celle de Bouhaime (sic), où l'on taillera et dorera.

« Tous ces différents ateliers entretiennent mieux de 80 per- « sonnes sans compter les externes.

« Vu la présente requête et l'étal des londs, les Elus ont débouté « et déboutent le suppliant de sa demande, et certifient néan- « moins à tous qu'il appartiendra, que la manufacture du sup- « pliant n'a point démérité l'encouragement qui lui était accordé, « et qu'il n'a été supprimé qu'à raison du manque de fonds sur « cet objet.

« Fait en la Chambre desdits Elus généraux « à Dijon le 22 janvier 1770.

Ont signé : « L'abbé Delagoutte.

« Delamotte. Crestin (?).

« Raviot. Piffond. Maufoux. Rol'sselet. »

Page 1