U ACTE H
Une parente à lui, parenle de Bretagne; Mais j'eus tort de pousser le scrupule à l'excès, Ma fille plus grand tort de lui faire un procès. Sa présence animait si bien noire demeure! On discutait, cela faisait passer une heure. Ses colères étaient émouvantes à voir, Et cet homme eut toujours le talent d'émouvoir. Ma fille le comprit, une fois séparée.
Je la vis près d'un an languissante, éplorée... C'est très bien. Pour calmer son mortel désespoir, Elle alla dans le monde et sortit chaque soir. On la voyait parée et riante au théâtre; Elle était dans les bals d'une gaîté folâtre; Puis, rentrée au logis^ bien souvent en secret Elle pleurait, monsieur, enfin elle pleurait. C'est très bien jusqu'ici. Mais voila que sa fille, Sortant du Sacré Cœur, revient dans la famille : La mère change alors, au calme reprend goût, Ne se désole plus, ne pleure plus du tout. J'en ai la joie au cœur. Mais, depuis cette époque, Cette maison a pris un aspect qui me choque; En un mot je m'ennuie ici royalement.
Un jour j'avais parlé de ce rapprochement, Ma fille se fâcha; j'en parlai de plus belle. Tous les jours à présent j'en parle devant elle, Et, comme elle s'obstine, on peut être assuré Que, pour avoir raison, je les rapprocherai.
Vous savez maintenant ce que mon cœur exige. Pour confondre ma fille opérez ce prodige, Renouez, renouez ce lien solennel, Et pardonnez ma ruse à l'amour maternel.