‹ Les famillesChapitre 2 sur 108 · SCÈNE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIERE

DENISE, assise à gauche et travaillant. PIERRE, rangeant le salon. Ils restent un instant sans parler.

DENISE

Pierre, — c'est votre nom, je crois, — vous plairait il D'avancer ce coussin et de tenir mon fil ?

PIERRE

Oui.

(11 prend le fil maladroitement!)

DENISE

Mais en seriez-vous a votre apprentissage, Mon bon ? — D'où sortez-vous ?

PIERRE

Je sors de mon village.

DENISE

On le voit. Mais pourquoi Pavez-vous donc quitté ?

PIERRE

Ma mère a treize enfants

1 Les vers marqués d'un astérisque ne se disent pas au théâtre.

DENISE

Quelle fécondité!

PIERRE

Et je viens en service ici, mademoiselle, Pour déblayer un peu la maison paternelle.

DENISE

C'est très bien. Restez pur, et vous vivrez heureux. Vos gages seront bons, vos profils peu nombreux ; Vous ne roulerez point sur l'or, Madame est sage.

PIERRE

Ah!

DENISE

On ne peut avoir tous les biens en partage, Soyez discret surtout, ne soyez pas causeur; Car la langue a perdu votre prédécesseur.

PIEBRE.

Bon.

Pour moi, jamais rien de mes lèvres ne tombe. Je vois tout, j'entends tout et suis comme la tombe. Vous pouvez vous asseoir.

(Il s'assied devant elle et la regarde parler, l'air ébahi.) Cependant, Dieu merci, J'en aurais à conter sur cette maison-ci ! On croit Madame veuve a la première vue. Eh bien, non, d'un mari ma maîtresse est pourvue. Mais par prudence, après bien des petits discords, On les a séparés de biens comme de corps.

PIERRE

De corps ?

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