‹ Les famillesChapitre 46 sur 108 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

VALENTÏNE, DENISE, puis GUSTAVE.

DENISE

Je comptais bien vous voir sur mon chemin ! Vous ne vous trompez pas; c'est lui, mademoiselle.

(Gustave entre avec cérémonie; puis, n'apercevant que Valentiue, il regarde autour de lui et change d'allure.)

GUSTAVE, à demi-voix,

Valentine !

VALENTÏNE,

Gustave !

DENISE, à Gustave.

Eh bien! seul avec elle, Monsieur? Ces hasards- Fa n'arrivent qu'aux amants.

(A Valentine.)

Je préviens votre mère.

VALENTINE

Attends quelques moments.

DENISE

Rien ne presse en effet.

(A part.)

Écoutons leur ramage.

Vous ne devinez point, Valentine, je gage, Quelle bonne nouvelle on vient vous apporter : Mon père est près d'ici, mon père va monter.

DENISE

Est-il possible ?

GUSTAVE

Oui, oui, vraiment, je vous l'amène.

Il vient voir votre mère, et ce n'est pas sans peine. Depuis deux mois entiers je lui dis chaque soir Que l'on se plaint ici de ne jamais le voir, ïl répondait toujours : « Demain j'ai de l'ouvrage » , Et de perdre un moment n'avait pas le courage. Il est a quatre pas chez un de ses amis Et va venir me joindre, il me l'a bien promis.

VALENTINE

J'ai ma nouvelle aussi, monsieur, à vous apprendre. GUSTAVE.

Quoi?

VALENTINE

Mon père consent et vous êtes son gendre.

Page 1