‹ Les famillesChapitre 57 sur 108 · SCENE VIII · texte numérisé non relu

SCENE VIII

Voyons, que puis-je faire ici qui vous oblige, Monsieur Dubreuil?

M. DUBREUIL, interdit,

Monsieur..

M. DE ÇERNY.

Eh bien! Votre embarras Est naturel du reste et ne me surprend pas. Pour ces demandes-là ma gêne serait grande. Mais quand on est d'accord, à quoi sert la demande ? J'aime mieux avec vous en user franchement, Monsieur, et vous sauver l'ennui du compliment. Ma fille a cru pouvoir sans moi disposer d'elle. Aux plus brillants partis sa naissance l'appelle; Mais j'ai mis de côté le sot orgueil humain,

(A Gustave.)

Et je consens, monsieur, à vous donner sa main,

GUSTAVE

Ah ! monsieur, sera-t-il jamais en ma puissance De vous prouver ma joie et ma reconnaissance ?

M. DUBREUIL

Oui, Gustave, monsieur, est surpris, confondu, Ou comme moi peut-être a-t-il mal entendu.

Comment!

(Se tournant vers Gustave.;

Mais votre trouble en dit bien plus encore. N'aimez-vous point ma fille?

GUSTAVE

Ahî monsieur, je l'adore.

M, DUBREUIL, Vo ;s oubliez, mou fils, ce que vous me ck~\\/

GUSTAVE

.le ne dois pas mentir.

M. DUBREUIL

Ainsi vous me bravez ?

GUSTAVE

Mais ce serait ici lâcheté de me taire.

M. DUBREUIL

C'est donc courage alors de manquer à son père?

GUSTAVE

Non, mon père, cela ne peut finir ainsi. Je suis fils, il est vrai, mais je suis homme aussi. Quand monsieur de Cerny veut m'ouvrir sa famille, Je dois dire bien haut que j'adore sa fille, Qu'elle m'est à présent plus chère que jamais. Mais votre volonté peut tout, je me soumets. Vous pouvez repousser l'honneur qu'on nous propose, Et, bien que pour mon cœur dans une telle cause Un refus de raisons ne puisse tenir lieu, Mon sort est dans vos mains, décidez-en. Adieu.

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