HÉLÈNE, GUSTAVE
HÉLÈNE, à part.
J'ai peur;
Il va trancher d'un mot notre doute.
GUSTAVE
Madame, Je viens à vous tremblant et le remords dans l'âme.
â ACTE IV.
HÉLÈNE, avec anxiété.
Eh bien ! Gustave ?
GUSTAVE, avec abattement.
Eh bien! madame
HÉLÈNE
Je comprends.
GUSTAVE
Tous les biens désormais me sont indifférents. L'avenir m'est fermé, l'avenir c'était elle. J'avais fait des projets d'existence nouvelle;
Vous alliez être heureuse Il n'y faut plus penser,
Et c'est à trois bonheurs que je dois renoncer.
HÉLÈNE
J'aurais mauvaise grâce à vous faire un reproche, Quand de vous le malheur est encore aussi proche. Je ne vous en fais pas, et puisqu'enfin je sais Qu'on vous défend d'aimer ma fille, obéissez. , f
GUSTAVE
Qu'on me défend d'aimer, madame? Quel langage ! Eh! sait-on, quand on aime, obéir à mon âge? Si mon père m'avait enjoint de vous haïr, Croyez -vous qu'en bon fils je pourrais obéir? Non, il ne m'a pas fait de semblable défense.
HÉLÈNE
Eh bien, alors, pourquoi désespérer d'avance? De sa rigueur peut-être il se repent tout bas, Il peut permettre un jour ce qu'il ne défend pas. Mais que s'est- il passé chez vous ? Soyez sincère, Voyons.
GUSTAVE
En vous quittant j'allai trouver ma mère.