SCÈNE VI1Ï
C'est dans un but de paix que nous sommes ici.
MADAME LÉPINET, Que dit-il ?
M. DE CERNY, à Hélène,
Eh bien; oui, je ne saurais me taire, Madame. Un tel sujet voudrait plus de mystère. Mais mon cœur tout entier déborde malgré moi, Je suis épouvanté de tout ce que je voi. Je sens que mes projets ne peuvent se remettre, Et de plus grands malheurs nous frapperont peut-être, Si vous ne me rendez en ce commun danger Le droit de me défendre et de vous protéger.
MADAME LÉPINET.
L'ai-je bien entendu ? c'est là ce qu'il espère! Quoi ! tu le reprendrais avec toi ?
HÉLÈNE
Non, ma mère.
M. DE CERNY
Mais César m'assurait... Il s'était donc mépris?
CÉSAR
Moi? plus que vous, monsieur, vous me voyez surpris. Un pareil changement est incompréhensible. Ce qu'on pouvait tantôt...
HÉLÈNE
Ce soir est impossible.
CÉSAR, Pourquoi ?
MADAME LÉPINET.
C'est impossible. Il n'importe pourquoi.
Mais songeons a Raoul, ma fille, suivez-moi, Et cherchons au plus tôt quelques moyens honnêtes
De le tirer d'affaire et de payer ses dettes. Venez. — Adieu, messieurs.
RAOUL, bas à sa sœur.
Bon ! l'obstacle est franchi, Et j'échappe à l'horreur de visiter Clichy.
(Madame Lépinet rentre chez elle suivie d'Hélène. Raoul sort par le fond.)