‹ Les farces de mon ami JacquesChapitre 16 sur 34 · LA THÈSE DE CLODOMIR B · texte numérisé non relu

LA THÈSE DE CLODOMIR B

— Merci, me dit-elle quand je la rejoignis. Et un baiser fou fut ma première récompense.

— Vite une voiture, maintenant !

Dix minutes après, ma compagne et moi étions déposés, par un fiacre, devant la porte d'un petit hôtel borgne de la rue Saint-Jacques, qu'Olympe connaissait et oii elle avait logé déjà.

— Là, me dit-elle, ce sont de braves gens, et puis on \ous cire vos bottines.

Au moment de nous installer. Olympe regarda d'une façon singulière le gros paquet que je lui avais jeté et que nous n'avions pas encore défait. Elle le prit, l'ouvrit, changea de couleur, fit un geste d'impatience, puis éclata de rire.

— Gros étourdi, me dit-elle, vous vo^is êtes trompé de chambre !

— Hein?

— Aucun de ces effets-là n'est à moL Vous avez déménagé une voisine I

— Mon Dieu ! est-ce possible?

— Parfaitement. Au reste, ajouta-t-e!le avec une philosophie charmante, si ces nippes me vont, il n'y a pas grand mal. Elles valent à peu près les miennes. Et puis, quand nous nous ferons de la bile, il est impossible de les reporter, n'est-ce

pas? La propriétaire nous ferait arrêter. Ile ! vogue la galère !

Et, sur ce dicton marin^ Olympe essaya sa nouvelle garde-robe, la trouva à son gré, se remit h rire, m'embrassa de plus belle et n'y pensa plus.

Et maintenant, si vous le permettez, je vous mettrai à la porte de notre chambre.

Deux jours après nous étions brouillés. Elle m'avait déclaré que je ne la retrouverais plus le soir, et moi j'avais pris le parti d'aller au cours, pour tuer le temps et oublier mon chagrin. En en sortant, j'aperçus Clodomir, pâle comme un mort et qui semblait véritablement aCTolé.

— Qu'as-tu ? lui demandai-je.

— Ah ! mon ami ! ma thèse '

— Eh bien 1

— Eh bien, j'ai perdu le manuscrit. Impossible de faire imprimer I Je suis au désespoir 1 Je vais me jeter à l'eau !

— Mais comment as-tu fait, malheureux ?

— Les femmes, mon cher ! toujours les femmes I En te quittant, l'autre soir, je fis la sottise d'aller voir une ancienne maîtresse. Elle me demanda de lui faire faire un tour au Bois. J'avais laissé le manuscrit dans sa chambre.

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