‹ Les fastes de la gloire (volume 2)Chapitre 1 sur 11 · AVERTISSEMENT DES EDITEURS · texte numérisé non relu

AVERTISSEMENT DES EDITEURS

Depuis plus de six mois y nctus sommes en mesure de pablier le troisième volame des Fastes , et de )oiit en jour nous avons différé 4^ le faire , parce que nous espérions y joindre le Précis historique des guerres de là Répolution ^ par M. Tissot , professeur de poésie latine au collège de France et Pun des auteurs du Constitutionnel et de la Minerre. Nous âTODs été trompés dans notre attente : M. Tissot, qui, aux termes d'un marché conclu ayec lui le 22 juillet 1818 , devait nous livrer , le i5 octobre de la même année > la portion de travail qui lui était confiée , n'a »afi pu tenir ses engagemens : de nombreuses occupations et des malleurs imprévus Ten ont empêché, et quoique personne plus que lui ne s'associe de cœur à tout ce qui a rapport à la gloire de nos armées , il est demeuré étranger à nos e£Ports , ainsi qu'à notre empressement : le temps a manqué à son zèle. Telle a été la cause d'un retard qui nous a attiré les jplus justes réclamations de la part de nos Souscripteurs ; ils avaient, raison de s'étonner de ce que les promesses que nous leur avions faites ne se réalisaient pas : l'explication que nous venons de donner leur prouvera du moins que nos torts étaient involontaires. Tant de lenteur pouvait compromettre nos intérêts , et nuire à l'entreprise si son succès n'eût dépendu que de la circonstance ; heureusement pour nous le mérite du livre , l'exactitude , la nouveauté et l'importance des faits ont suppléé à cette activité et à cette promptitude d'à propos qui ne sont \Taiment indispensables que dans de pures spéculations de librairie y c'est-à-dire , dans la publication des ouvrages dont le débit n'est fondé que sur une vo^ue éphémère. Malgré les encouragemens que nous n'avons cessé de recevoir , la crainte de fatiguer par de nouveaux délais , nous engage à faire paraître le 3** volume des Fastes , avant que ,1e Précis soit terminé. Nous n'eussions pas pris cette détermination si elle n'eût présenté à nos Souscripteiurs des avantages capables de les indemniser, en quelque sorte des retards qu'ils ont éprouvés. Le Précis , ayant près de 4oo pages d'impression f dont i5 feuilles sont sorties de la presse ) leur sera envoyé gratis , aussitôt que son auteur y aura mis la dernière main ; nous ne préciserons point l'époque de cet envoi , mais nous pouvons croire , d'après la parole que nous a donnée M. Tissot , qu'il uura lieu vers la fin de mai , ou au commencement du mois de juin 1820. Les abonnés recevront ainsi quatre volumes au lieu de trois , c'est-à-dire , 760 pages au lieu de 5oo ; pour que le Précis leur soit délivré , il leur suffira de représenter le bon qui accompugne cet avis»

Fa*stes de la gloire.

Bon pour un exemplaire du Prëcis historique des Guerres de la Rëvoluliou de 1792 à 181 5 , M.

Paris, le

Libraire, rue de la Bibliothèque , A".* 4.

CONTlNUATIOxV DES FASTES DE LA GLOIRE.

( Souscription libre ).

La publication de ce troisième volume et da Précis hisiori» que qui doit l'accompagner , accomplira les engagemens que nous ayons contracta envers MM. les Souscripteurs ; cepen-. daot notre tâche ne sera encore remplie qu'imparfaitement. L'abondance des matériaux qui servent de base à notre travail nous prouve combien ^tait ëtroit le cadre que nous avions d abord adopta. Il serait absurde , sans doute, de n'envisager d'autre terme que celui de la gloire française. Un champ si vaste ne peut être moisonn^ par un seul bras ; mais sans être injustes envers l'armëe, sans tromper l'espërance du public , nous ne pouvons nous restreindre à une limite qui mutile l'ouvrage que nous avons entrepris , et lui âte cet avantage qui le caractérise et le distingue de tous les autres : celui d'offiîr la collection la plus complète des beaux faits d'armes de notre révolution. Cédant en conséquence aux invitations qui nous ont été faites par un grand nombre de Souscripteurs , et considérant en même temps qu'il ne nous était pas permis d'établir sur les autres une charge à laquelle ils n'auraient point consenti , nous avons résolu d'ouvrir une nouvelle souscription pour le quatrième volume (*) qui ne paraîtra pas avant le mois d'octobre 1820. La difficulté du travail d'une rédaction toujours neuve pour des faits déjà racontés ou imprimés , la lenteur des vérifications et des dépouillemens auxquels on procède avec la pins scrupuleuse exactitude , nous obligent à prendre un terme si éloigné.

(*) Si nous en jugeons d'après les documens que nous avons recueillis et d'après ceux qui nous restent à rassembler , deux yolumes ajoutas aux trois premiers , suffiront pour que nous n'ayons rien omis d'essentiel. La totalité de l'ouvrage pourrait donc être de cinq volumes; si elle devait excéder ce nombre , nous nous engageons à livrer un supplément gratis*

L'ouvrage sera continua dans le méràe esprit , et avec la même impartialité qu'on iui a reconnue jusqu'à ce jour, et il sera facile de se convaincre , à la lecture de nos articles , que les lois d'exception ne peuvent rien changer ni à notre façon de penser , ni à notre manière d'écrire.

Les conditions pour le quatrième volume sont les mêmes que pour les prdcédens , c'est-à-dire , de 6 francs pour les Souscripteurs, et de 8 francs par la poste.

Les volumes ne se vendent pas sëpare'ment * les personnes qui n'ont point encore souscrit devront payer les trois premiers volumes et le Précis pour se procurer l'ouvrage entier.

Il est essentiel de faire connaître dans la lettre de demande par quelle voie on désire le recevoir.

La Souscription demeure ouverte jusqu'à la mise en vente • du dernier volume ,

Chez l'Editeur Ratmond, rue de la Bibliothèque, it.« 4*

P. S, On recevra comme par le passé les matériaux et doçumens qui seront adressés francs de port. Les noms de personnes et de lieux doivent être écrits très-lisiblement , et les dates indiquées avec précision. Les copies d'états de services , d'ordre du jour , brevets , mémoires de proposition soit pour la Légion-d*honneur , soit pour la solde de retraite sont les meilleures pièces dont nous. puissions faire usage. 11 est essentiel de donner quelques développemens aux actions d'éclat , lorsqu'elles ne sont pas suffisamment détaillées. (Les additionis et corrections indispensables à faire aux articles déjà publiés seront placées à^ la fin de l'ouvrage ).

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DE

MaSSÉNA ( André ) , duc de BivoU , prince d'Esling, maréchal et pair de France , grand cordon de la Lëgiond'honneur , commandeur de l'ordre royal et militaire de S£tint*Louis , etc. ^ ne à Nice.

Masséna n'arait pas encore treize ans , lorsqu'en 1768 il embrassa la carrière des armes. Mn vaisseau fut le thëâ* tre dé ses premiers exploits ; à seize ans , il avait fait trois campagnes sur mer; à dix-sept, il entra dans le ré« giment Royal-italien 9 où il ne tarda pas à se faire remarquer et à recevoir de Favancement. Il fat alors le premier sous-officier d'une armée daifis laquelle le régin^ des privilèges ne laissait auc^n espoir au mérite roturier. N4. de paréns peu &vorisés des dons de la fortqne, sans naissance^ sans protecteurs , Masséna ) par l'effet d'un injuste préjugé, se voyait ixrévocablement condamné à l'obscurité des rangs subalternes , quand une heureuse révolution, nécessitée par de nombreux abus, vint tout-à-coup légitimer les droits et la puissance du génie. L^égalité politique, prodamée parla raison, appela sur la scène du monde des hommes que de gothiques prétentions en avaient trop Iong»tempsécartés;cette fidèle compagne d^ toute véritable liberté ; celte fille auguste delà philosophie permit enfin Tom. III. 1

aux plus ardens amis de la patrie , aux amans d'une indépendance éclairée , de sortir de la foule pour marquer leur transcendance et leur supériorité par des talens réels, de beaux services et un dévouement sublime. Les titres surannés et trop souvent équivoques d'une vieille origine, rentrant daiis la tombe des ancêtres, firent place à l'illustration personnelle ; il n'y eut plus que des citoyenir d'une nouveauté très-noble , cipes jiovîtatis nohiliaaimœ , comme le dit Patercule, en parlant de ces Romains qui, de même que parmi nous Chevert, Jean-Bart et Dugày- Trouin, n'étaient redevables qu'à eux-mêmes d'une loua* ble élévation :

Qui sert bien son pajs , n'a pas besoin d'aîciax !

Masséna . n'eat pas même besoin de modèles. Tout en lui émana de lui seul. Dès qu'il parut dan& les armées de la république , il fut Masséna , et ne ressembla à aucun des héros dont l'histoire a gaxdé le souvenir. Les commencemens de sa gloire datent d'une époque où de près* sans dangers et de brillans succès remplissaient tour-àtour d'espérances et d'alarmes tous les cœurs généreux.

Le despotisme yeut étouffer les germes de la liberté. Les rois s'arment contre la oause des peuples. Enchaînées dans une ligue immense, et méconnaissant leurs plus chers intérêts , vingt nations à la fois se ruent aveuglément sur les pas de leurs chefs. Soumises sans retour à l'empire de la coutume , elles redoutent ou dédaignent de suivre un bel exemple , et tandis que la sagesse les convie à imiter la France , elles menacent de l'écraser. Les destins du pouvoir absolu allaient s'accomplir ; mais entraînées par leur propre fatalité, les victimes de l'oppression secondent encore unanimement sa volonté et les caprices des oppresseurs : de perfides manifestes ,

sortis de Paptre ténébreux d^une féodale diplomatie, prêtent à Tesclavage les couleurs du repos , et peignent l'indépendance sous les traits hideux de Panàrchie , de la destruction et de la raort. Paix aux palais ^ guerre aux chaumières , haine aux hommes y aux citûyens qui comprennent leur dignité ! honneur aux satellites , aux ilotes avilis qu'une imbécille docilité verra toujours courbés sous le joug 1 A ce cri, dont retentissent toutes les cours de PEurope , la foule des faibles se réunît aux méchans. Une sainte croisade se prépare : d'innombrables cohortes enveloppent de toutes parts nos frontières. Les modernes Vandales ont déployé leurs bannières dont l'ombre stérile étend déjà son influence funeste sur là terre des Francs : uùe coalition libertîcide s'avance poar venger le pouvoir et punir la plus légitime des insurrections ; la première guerre de la révolution commence , le territoire est attaqué, on court auxarmeô^ des bataillons se lèvent de tous côtés, et Masséna commande le deuxième du Var. Les régimens de gardes nationaux n'avaient jamais vu le feu ; ils n'étaient point encore estimés des troupes de ligne. Dans une action qui d^nandait une tête intrépide , Masséna sauta le premier dans nne redoute et l'emporta. Dès ce jour un bataillon national put marcher l'égal d'un bataillon de ligne. Peu de temps après , à ta tête dé cinq cents hommes , il livra le combat de Castel-Oineste , attaqua à là baïonnette les Austro-Sardes dont il enleva lesi^eti'anchemens, les débusqua de la montagne de Brec , l'une des plus escarpées des Alpes-Marititnes, et les poursuivit de rochers en rocliers y jusqu'à ce qu'iUes eût mis'dans Pïmpossibilité de se rallier. L'abandon de trois camps occupés par l'ennemi , la prise de plusieurs pièces d'artillerie , des bagages et des

munitions du corps d'armëe qui menaçait dé re)eteir le» Français au-delà du Var : tels furent les résultats de cette opération y dans laquelle Masaéna montra autant de bravoure que d'habileté*

En 1794 , le général Dumerbion, commandant en chef l'armée d'Italie , reçoit du comité de salut-public , l'ordre d^entreprendre la conquête d'Oneille et du Faorgio : vingt mille hommes sont employés à cette expédition ; le plus entier succès la couronne : chassés , par Masséna y du poste de Sainte«Agathe , où ils s'étaient retranchés y les Piémontais fuient dans le plus grand désordre , et nos troupes pénètrent Tictorieuses dans la se;ule place qui pût servir au roi Emmanuel à entretenir des communications avec la Sardaigne, et les Anglais ses protecteurs.

L'occupation d'Oneille n'est que le prélude des nouveaux avantages que Masséna va remporter. Dans sa course triomphale y il s'empare de Loano y enlève les re-tranchemens de Ponte-Di-Nave , culbute les Autrichiens sur Ormea et Garessio y entre dans ces deux villes, où il fait un grand nombre de prisonniers , marche sur Saor-* gio; et tandis que les généraux Macquart et Gamier attaque'nt y l'un le camp de JKaous , et l'autre les postes de Bocabigliéra et de Saint-Martin y lui-même se dirige yevs le camp des Fourches , d'où il débusque les Piémontais qui y après une vigoureuse résistance y ^ont forcés de se réfugier dans les retranchemens de la Briga et du Col- Ardente , où ils tentent un dernier effort contre la victoire. Battus sur tous les points à la fois, ils cherchent leur salut dans la fuite. L'étendard aux trois couleurs est arboré dans Saorgio au milieu des trophées de Ij^ valeur française. Déjà le front de nos ' guerriers est paré de l'invincible laurier que Masséna va faire fleurir

en Italie ; mais le cyprès se mêle toujours aux palmes du plus \3eaa triomphe : Parmëe eut à regretter deux de ses plus vaiUans officiers y le gënëral Bruslë qui fut tué en chargeant à la tête de sa brigade , et Tadjudant-gënéral Langlois qui périt dans une redoute où il s'était élancé le premier.

U ne se passait pas de jour que Masséna ne méritât de nouyeanx éloges, ou qu'il n'acquit de nouveaux titres à la reconnaissance de la patrie , en prenant une part active et souvent entièrement décisive aux actions glorieuses qui signalèrent la fortune de nos armes , dans une campagne où la répubb'que répondit par des conquêtes aux insultes de la coalition. A Càiro , où le général en chef Dumerbion défit les Autrichiens , ce fut encore Masséna dont les dispositions hardies contribuèrent le plus à les mettre en déroute ; sa belle conduite le fît alors dési* gner an comité de salut-public comme l'un des héros de cette journée (1).

En 17^5 y il commande sous Kellermann la division de droite de l'armée d'Italie. L'ennemi , ayant percé la ligne française, s'est établi à San-6iacomo et à Melogno; Textrème droite de notre armée se trouvant ainsi séparée du centre, notre situation devient des plus critiques ; mais Masséna va se dévouer : à la tête de quinze cents braves, dont ses discours exaltent encore le courage , il arrive sons les retranchemens que défendent cinq mille Autri«-

(1) Le gënëral Dumerbion cita ëgalenlent les noms des gënëraux de brigade Laharpe et Cervoni ,- ainsi que'eelui du soldat Brimont. Ce dernier , quoique blesse de deux coups de feu k Ia\caisse et de deux coups de baïonnette , tua de sa main quatre Autrichiens qui cherchaient à le faire prisonnier, n fut nom^ë officier sur le champ de bauille par les commissaires conventionnels Salicetti et Albitte , prësens à cette affaire.

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chiens, et maigre les foudres de vingt pièces d'artîlléney il emporte la position ; rien ne résiste aux baïonnettes des républicains : mille prodiges d'audace s'opèrent aux cris mille fois répétés de i>ipe la liberté ^ et les Impériaux épouvantés abandonnent le terrain ^ entraînant avec eux les huit postes qui entourent San-6iacomo,d'où ils se retirent en toute hâte. Jamais ^résrult^t plus important ne fut obtenu avec d'aussi faibles moyens; notre ligne avait été rompue : Masséua la rétablit pour ainsi dire en un clin-^d'i^i^} cî^lme au milieu des plusgi^nds pé* rils , il y fut également invulnérable (x). Les jours de com* bat étaient pour lui des jours de bonheur ; partout scm inr telligeiice et sa bravpu|:e éclataient aux yeux des che& comme à ceux des soldats. Les affaires de Yado^ d'Allasio, de Saint-Bamouille , de SaintJacques , de Campo-di- Fiétri et du Petit-Gibraltar : toute cette suite de batailles journalières 9 où il fallut, ^u milieu des rocheraet des précipices des Apennins , surmonter les obstacles de la nature et lutter contre des ibrces constamment supérieures y Qt rejaillir sur lui une grande partie dé cette gloire dont une guerre, aussi savante que bien conduite , dota l'immortalité du vainqueur de Valmy. que remplaça «dors Schérer. Ce nouveau général voul^int profiter des plans sagement conçus par son dc^vancier , chargea Masséna de le diriger dans ses opérations. Kellermann avait formé le projet de reprendre l'offensive ; Schéi^er, bien décidé à tout tenter pour rétablir ses communications avec Gènes ,

(i) Ce fut à la suite de cette aciion que mourut de ses blessures radjudaut-général Laserre , faisant les fonotions'de général de brigade, et coxomandaet ^ à Melogno , les troupes sous les ordres de Masséna. Il fut regretté de toute l^arméc qui le regardait ayec raison comme un de nés meilleurs officiers.

la mère-nonmcîère de l'armëe , ordonna de faire des dispoàtiôtis pour Pattaque prochaine qu^il méditait. Le 25 novémbte 1795, an point du jour , Masséna, à l'exemple des grands capitaines de Pstntiquité, harangue ses troupes ; il leur promet la victoire ; mais à Pardeur qui les aùicûe ^ on tOîI déjà qu'elles n^ont pas besoin d'encouragement. A peine a-t-îl achève de parler, que se^ colonnes s^ébranîefft ; elles s'avancent ayant à leur tête les génératix Laharpe , Charlet , Cervotii , Saint-Hilaîre , Mercier , Chahran , Bizaimet et Joubert. Tandis que le centre se met en mouvement , Schérer et Serrurier qui commandent, Pun la droite, et Pautre la gauche de Parmëe , obéissent aux combinaisons de Massëna. Des redoutes hâri^es de canons, des retranchemens formida* WeSy des mamelons escarpés sont emportes au pas de charge, et le combat s'engage successivement sur toute la ligne ennemie; Les généraux Aùgereau, Miolis, Victor, Pigeon ^ Dammartîn et Bànel (1) se montrent partout où est le danger , partout ils font des prodiges de valeur: ici, Pad- )udantsgénéral Rusca , courant à travers la mitraille et les boulets , escalade cinq positions sans s*arrèter ; plus loin , le chef de brigade Lanties ne déployé f^as moins de valeur , tandis que son amî , h brave chef de bataillon Suébèt (2) y s'empare avec un courage héroïque des

(1) Le.gëaér^ Banel enleva le iriUage de . Tiâra^o» Cet intrépida officier , qui s'était déjà signalé dans plusieurs combats , rendit les plus ^ands services' peiJdant la batailfe de Loano : il y fut renversé d'un coup de feu au moment où , à la télie dSxn batïdUoh , il gravissait une hauteur. Cimq mois après, il 'périt aa chantp dfhonnenv en monteint à l'assaut du château de Cossebia , devant laqud fut tué l'adjudant-géné^ rai Quénin.

(2) Aujourd'hui maréchal et pair de France , duc d'Albuféra.

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cim'és presque inaccessibles du Mont-Calro. Au mSiea de cet assaut g«énëral , Masséna , qui en est Pâme , utilise rimpétuositë de ses soldats , en la subordonnant à la science des manœuvres ; son bras frappe des coups mortels ; mais alliant le sang-froid à Paudace , il rachète sa tëmërité par sa perspicacité et la promptitude deson<Minpr d'œil. Forcé de suspendre sa course, par la violence d'un orage qui couvre d'une nuit obscure les deux armées y il arrête tout-à-coup ses bataillons , et bivouaquant sur les. hauteurs de Gora et de San<-Pantaleone , là il attend qu'un nouveau jour vienne luire sur la dé&ite des Autrichiens , à qui son active prévoyance a déjà, coupé la retraite.

Dès que les ténèbres se dissipent, im corps ennemi, vi-« vement poursuivi par Augereau , veut s'échapper par les gorges deSan-Giacomo; mais Masséna, qui l'y a devancé, se présente à la tête de son avant-garde pour lui disputer le passage. Pressés par derrière, sur leur front et sur leurs flancs , l'éduits à l'impossibilité de se défendre , les Autrichiens se débandent et se dispersent à travers mille sentiers. Afin de rejoindre l'armée fugitive dont les débris, après s'être un.instant ralliés dans Yado et sur les bduteurs de Savonne , se précipitent vers Alexandrie , ils se répandent dans la vallée de la Bormida , où l^rmée piémontaise , chassée à son tour par le général Serrurier qui jusqu'alors s'était contenté de la contenir ,va chercher un refuge contre les baïonnettes françaises. Telle fut l'issue de la bataille de Loano , dans laquelle trente^deux mille républicains , sans cavalerie^ sans pain , sans souliers , vainquirent soixante mille Autrichiens et Piémontais abondamment pourvus de toutes les choses nécessaires à^ la guerre , et protégés dans leurs retranchemens par plus de cent bouches à feu. Cette brillante victoire, qui contri-

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boa moins à là rëputatîon de Schërer y qa^à celle de Masséna , offint deà avantages immenses. Outre qu'elle fit toinber entré les mains des Français tous les approvisîoimemens de l'ennemi , elle leur ouvrit encore le Milanais; et quand, l'année suivante , Schërer remit au jeune Bonaparte le commandement en chef, on put dire qu'en le rendant héritier des avantages remportés a Loano, il lui cédait la clef de l'Italie. '

he^xà avril 1796 ,. Bonaparte débuta à Monienote par une victoire. Masséna j après avoir enlevé avec deux brigades un poste des plus important , attaqua les généraux Autrichiens Argenteau et Bocavina , mit en pleine déroute , ' le corps qu'ils commandaient , tua quinze cettls hommes et fit deux mille cinq cents prisonmexs. Deux jours après , il décida du gain de la bataille de jtf iliesîmo , où il fit mettre bas les armes à cinq bataillons , et enleva à l'ennemi vingt pièces d'artillerie. Le lendemain , il concourut à la reprise de Dego.

Turin ^ Milan , et la vengeance que nos soldats veulent exercer à Rome contre les assassins d'un ambassadeur de la république, excitent l'ambition de l'armée. Masséna passe le Tanaro et se rend maître d'Alexandrie, avant que les Autrichiens aient eu le temps d'évacuer les maganns qu'ils y avaient formés : en dik jours Tortône , Coni et Céva tombèrent au pouvoir des Français. Le 7 mai, il franchit le Pô vers Plaisance. A la célèbre journée de Lodi , il fut un des généraux , qui , an moment où les grenadiers hésitaient à s'élancer sur le pont , les électrisèrent par l'exemple d'un généreux dévouement. Trente pièces de canon vomissaient la moirt: dans les rangs denoe braves ; Masséna se place en avant de ses

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soldats , et marche avec eux contre cette batterie (i). D reçoit alors Fordre d^investir Pizsdghetone, et après avoir pris possession de cette place qu'il a fait canonner, il se dirige sur Milan , où s<m entrée fut un tricmiphe; les autorites soumises vinrent à sa rencontre et lui présentèrent les clefs de la ville.

Bonaparte a résolu de passer le Mincio poàr chasser les Autrichiens de Fltalie : Masséna combat a Borighetto , et traverse le fleuve. Vallegio est enlevé à la baïonnette; Feschiera , Rivoli et Véronne , cette cité qui avait long-temps donné l'hospitalité au Frétendant , se soumettent aux armes des Français. Retranché sur les hautes mon^ tagnes qui défendent l'entrée du Tyrol , Tetinemi avait fortifié sa; ligne qui s'étendait entre FAdige et la tête du lac Garda; Masséna, placé en observation, le fit attaquer par la Boc^hetta^di-Campion , et le 7 juillet une brigade guidée par Joubert, ayant sous ses ordres les chefs de bataillon Becco et Marchand ^ gravit , Fârme au bi^as ,. et emporte d'assaut , des positions que la nature et six mois de travaux se^iblai^nt cendre inexpugna^ bles (3).. j , - .

(1) Lcfi généraux Berthier , Cerroni , Oallemagne , le chef âe brigade Lannes , aitasi qu^e le chef debatfûUon Bupaa , aujourd'hui lieutenant* général^ se dévouèrent delà même manière. E'un de5 aides-de-caçgip de Masséna , le brave Lautour , après avoir fait , dan^ cette ocç^sign , des prodiges de bravoure ; fut blessé de plusieurs coups de sabre; il fut élevé sur le champ de bataille au gtadè de chef die bataillon. ( Voy. tôtn.ïl , page 3o5).^ , .

(2] Cet assaut donna lieu à un grand nombre de traits de bravoure dont le souvenir mérite d'être conservée

Le'sdoJs^liâil^antÂrdionne; dé' la 11° demi-brigade l^ère*, sauta Pun des prfeinijBja^dans les retranchem^ns' ennemis, où il fit des prodiges de valeur. Son exemple contribua puissamment à électriser ses soldats qui

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L'armée atttricliienne qui , deux mois auparavant , menaçait d'envahir le midi de la France, n'offrait plus que des débris, dispersés sur lès monts qui séparent le Trentîn dn Yéronaîs. Le cabinet de Vienne , effi-a jé de tant de défaites , s^ hftta d'envoyer en Italie une seconde armée au secours de celle qui avait été vaincue. Son dessein était de débloquer Mantoue. Le 29 juillet , Wurmser , qui commandait les nouvelles troupes impériales , manœuvra pour accabler Masséna. Fort de la supériorité du nombre, il s'était flatté de l'écraser, et l'enlèvement dés positions de Brentino et de Corona , qui furent cédées après des prodiges de valeur , acheva de le confirmer dans cette espérance. La reprise de Salo , celle de Véronne et de Brescia , que nous avions été forcés d'abandonner , lui persuadèrent bientôt que , pour anéantir les Français , il sufiSsait de le vouloir. Mais eês succèâ àe furent pas de longue durée. Le 6 août, Masséna traverse Pescbiera , attaque l'ennemi dans son camp retranché sous les mtirs de cette place , le culbute , détruit les travaux qu'il avait élevés , lui enlève

voulurent rÎTaliser d^ntrépidité avec lirî. La belle conduite de cet offi^ «ier , dans c«tte ]OBrnë« , rappela qu'au combat de la Bor^hetto on Tavait yu, à la tête de quelques carabiniers , charger sur une pièce de l5 y dont il réussit à s'emparer.

Le carabinier Roche ( Claude)^ , de la 2^ compagnie de la même demibrigade , devança le sous-lieutenant Ardionne ; ce brave , ayant tué un officier autrâchien ,'nfi Iiq pri^ «pie sojxsdbre;, et fonçant, aussitôt sur quatre grenadiers , il pouifeudii 1q premier qui' lui opposa de. la résistance et désarma les trois ^utreç qu'il fit prisonniers.

Gérin ( Jean ) , de la même compagnie , combattit seul contre douze Atttiicbiens. Il les avait d'abord couchés en joue ; mais son fusil ayant fait long £eu,, .il se. précipita sur eux le sabre en main > abattit le pcûgnet du sergent qui les .commandait , blessa u-ois de.ses camarades ; les autres ^ tombant à ses genoux , se constituèrent prisonniers.

douze pièces de canon , sept cents prisonniers y le re-^ jette au-delà du Mincîo y et complète les victoires de Lonato et de Castîglione , auxquelles il ayait concouru ^ en vengeant 9 à Monte-Baldo , à la Corona et à Prea— bocoyles revers que, sur ce même terrain, il avait éprou* vés quatorze jours auparavant.

Masséna franchit l'Âdige , et dans les journées des 4 et 5 septembre , il bat et disperse, a Roveredo , le corps du général Davidowich. Après cette action , qui^ sans contre* dit, fut l'une des plus heureuses de cette cahipagne si féconde en hauts &its militaires , il marche sur Trente qui lui ouvre ses portes, pénètre 1- un des premiers dan» Bassano, d'où Wurmser venait de s^échapper comme par miracle , se met à la poursuite de ce maréchal dont il harcèle l'arrière-garde , et entre dans Vicence au moment pu elle sort de cette ville.

Wurmser veut se réfugier dans Mantoue : Pavant» garde de la. division. Masuéna ,etivay^ pour lui fermer le passage , s'étant trompée de chemin , rencontre l'ennemi ; enveloppée de toutes parts , elle parvient à se dégager : son sang-froid et sa bravoure triomphent de la supériorité du nombre , mais ib ne peuvent vaincre le temps qui s'écoule. La fatale méprise est irréparable , Wurmser , qui fuit avec là vitesse de l'épouvante , a profité d'un relard imprévu pour effectuer sa retraite sans être inquiété et sauver son armée d'une destruction totale.

Les combats de Due-Castelli et de Saint-Georges , qui terminèrent les opérations contre Wurmser , furent pour Masséna de nouvelles occasions de faire briller ses talens militaires.

L'Âutrîche était encore parvenue à créer une dernière armée; elle était commandée par le marquis d'Alvinzy,

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€t s^approchait de l'Adige. Bonaparte ^ Masséna et Âugereau tinrent lui livrer bataille : ils se proposaient de frapper un grand coup j d'ëtonner comme la foudre et de balayer tout du premier pas ; mais l'affaire de Caldieroy qui commença, une nouvelle sërie d'évënemens^ fut loin d'être décisive pour nos. armes. Alvinzy Ija regarda , au contraire y comme un gage non équivoque des succès qui l'attendaient en Italie. Toutefois , il ne tarda pas à perdre de son assurance. A la première attataque d'Arcole y une de ses divisions fut culbutée par Masséna qui commandait l'aile droite de l'armée. Le lendemain le combat s'engagea jusqu'à la nuit. Après des efforts inpuïs, dans lesquels la fortune trahit le couri^e des Français^ Bonaparte se voit contraint de désirer le dénouement de cette lutte sanglante;, une troisième attaque est résolue: dès le point du jour, nos bataillons sMbranlent: soldats et généraux tous ont fait le serment de vaincre ou de périr. Fendant que tontes les divisions sont animées au combat, Masséna marche droit au village d'Arcole , s'en empare, et poursuit l'Autrichien jusqu'à Boni&cio.

Bonaparte lui ordonna de repasser l'Adige pour i:epousser le général Davidowich : l'ennemi, un moment victorieux sur l'aile gauche de notre armée , fut défait à la Corona, à Campara, à San^Michele , à Rivoli, à Royerbella , à la Favorite, à Bellune, au pont deCasa-Sola , et à Carpenedolo. Ces combats ressemblaient à des courses rapides ; les légions romaines disaient vingt-quatre milles par jour, nos demi-brigades en faisaient trente, et se battaient dans l'intervalle.

41rinzy avait subi le sort de Wurmser ; l'archiduc

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Charles parut à la tète de nouyeaux combalians. Ce jeune prince, ne avec un grand courage , adoré des soldats, et le dernier espcûr des états de son frère, ne put arracher la victoire à des troupes guidées par Bonaparte et les plus habiles généraux que l'on eût jamais opposés à la puissance autrichienne. En moins de vingt jours , il vit son armée battue et fuyant devant les Français* Le lo mars 1797, Massénase dirige sur Feltre, cerne, aux environs de Cadore , le général Lusignan qu'il fait prisonnier au milieu de son arrière-garde réduite à mettre bas les armes , se rabat sur Spilllmbergo , afin de se jeter , par Gemona , sur la droite des Autrichiens, force le passage du Tagliamento, pénètre dans la Carinthie, s'empare de Chiusa-Veneta , entre dans Ponteba presque sans coup férir, se rend maître de Tarvîs, après avoir culbuté* la brigade du général Ocskay , disperse la division du gé-' néral Gontreuil et la pousse , l'épée dans les reins, jusque dans les gorges de Gaitizbach, s'avance sur Rai bel , où il fait quatre mille prisonniers du corps de Bayalisch , dont il enlève l'artillerie et tous les bagages , attaque, sur la route de Klagenfurt , Pavant-garde du général Mercantin , la chasse devant lui, et la suit avec tant de vitesse , que le prince Charles , pour se couvrir , est obligé de tirer de son corps de bataille huit bataillons de grenadiers , seules forces dont il put disposer encore. Le combat devint alors plus furieux; les positions hérissées de canons ne retardèrent que de quelques înstans la défaite de l'ennemi. Le lendemain au point du jour , Neumark fut au pouvoir des Français. Masséna poursuivait sur là route de Vienne les restes des troupes qu'il venait de vaincre j mais l'armistice et les préliminaires du traité du Leoberi,

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DE LA GLOIRE. lÔ

dont bientôt il devait être charge de porter à Paris la ratification, Farrêtèrent au moment où les remparts dQ la capitale d'un vaste empire n'étaient plus même le dernier terme que Ton pût assigner à sa conquête.

Dans cette campagne , pendant laquelle on vit deux cent quatre-YÎngt mille ennemis détruits par cinquante a soixante mille Français , Masséna , que cette époque, seule eût immortalisé , commanda constamment la division d'avant-garde. Ce fut à ce poste périlleux y qn'exécalant sur les flancs y sur les derrières de l'ennemi , des mouvemens où la plus haute capacité le disputait à l'inti^pidité la plus rare , il décida presque toujours du sort des batailles , et justifia de plus en plus ce beau surnom d^ Enfant chéri de la f^ictoire , que lui avait décerné la publique admiration.

Après avoir recueilli , an sein de la patrie y les plus éclatans témoignages de la gratitude civique y il repartit pour l'Italie y où il succéda à Bonaparte dans le commandemait de l'armée. Rome était alors le centre d'où il fallait tout diriger ; c'était là que la politique devait achever ce que la guerre avait commencé. Au sein de cette vieille métropole du monde y de cette antique cité , où le volcan des révolutions y depuis longtemps éteint y s'étonnait de fumer de nouveau y Masséna y qui devait donner tous ses soins à élever les institutions républicaines sur les ruines scandaleuses d'une méprisable Théocratie , parut trop oublier qu'il était l'homme de la liberté. Les Romains , qui nous regardaient comme leurs libérateurs, ftn^nt traités CQmme un peuple conquis. Les passions, dont le jeu devait être mis à profit, furent maladroitement comprimées. Ardent, impétueux, le guerrier manqua de cette douceur et de cette flexi-

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bilitéquî tempèrent et qui coi^cilient. Des rîgaears dé* placées entrainèrent à leur suite tous les maux delà guerre ; de y ils coàcussionnaires flétrirent par leurs déprédations les lauriers d'Arcole et de Rivoli ; Parmée, jalouse de son honneur et de sa probité , que proclamait le dénuement afi&eux dans lequel elle se trouvait pion* gée , osa se plaindre de la condescendance de son chef ^ qui négligeait de réprimer de si coupables excès. La révolte dans Rome humiliée , et la sédition parmi les irou^ pes courroucées de ce que de justes remontrances de* meuraient sans effet , furent portées à leur comble. En vain Masséna voulut-il rétablir l'ordre , sa fermeté n'imposa pas aux séditieux ; et , quoiqu'il pût , comme un autre Scipion , répondre à ses frères d'armes qui l'accusaient d'une malheureuse tolérance : <( AUons au Ca-> » pitole rendre grâces aux Dieux des victoires quej'cd i> remportées ! » , il vit son autorité méconnue , et dut se démettre d'un commandement qu'il ne pouvait plus garder sans compromettre les intérêts de la réptiblique. De retour à Paris , il ne dissimula pas ses torts : et , loin de dénoncer au directoire les auteurs d'une émeute dirigée contre lui y il fut le premier- à les disculper. Le souvenir d'une semblable générosité ne sera pas perdu pour sa gloire.

Les intrigues de l'Angleterre dont l'or avilissait tous les cabinets de l'Europe, la lenteur perfide des n^ociations à Rastadt , les ressentimens de l'Autriche , et les mouvemens des Russes , préparaient entre les souverains une alliance nouvelle plus redoutable que la première. Cette coafition menaçait. la république dans un temps où Bonaparte et l'élite, de nos guerriers combattaient en Egypte. Le directoire envoya trois armées

sur

tùt le TOiin : Maaaéna , gënëral en chef de celle dUel^ vétié ^ entjra chec les Grisons , franchit lé Rhin ^ emporta les relvancheniens de Steig, et fit' mettre bas les armés au corps d'Aifiemberg , qui sobit Ini-tedme le sort de sa troupe. Deux jours auparavant ce général avait été intxtilement sommé d'évacuer le territoire des Grisons : « Monsieur y lui dit Masséua en le voyant » au nombre des prisonniers , je vous ai écrit avant hier » au^oir ; hier matin j'ai reçu votre réponse , et aujonr- )» d'hui j'ai le plaisir de vous donnera diner».

Ce premier triomphe était d'un heureux augure. Nos soldats , guidés par un chef dont le nom leul va-^ lait une armée y bravant Fipreté de l'hiver et la faim y s'avancèrent à travers des précipices : leur passage était marqué par l'enlèvement de redoutes et de posi*tions presqu'inexpugnabks. En cinq jours ils firent dix mille pris<Hiai«S9 prirent quarante |Nèces de canon, cinq drapeaux et se rendirent maîtres de tout' le pays. Mais to.ut chanta de &ce à la retraite du général Jour^ dan : Farchiduc Charles y uni i l'année russe du général Korsakow, s'avançait avec des forces quatre fois plus nombreuses que celles des Français. La situation de la république devenait d'autant plus critique, qu^il ne s'agis**. sait plusseuleoient d'une de ses armées, mais de son propre salut. . L'Italie ^vait vu s'éloigner nos bataillons j.noatcoQpes da Rhin, s'étaient repliées vers la fronr tière; Mas^Sha bî^tiu.^ l'invasion était inévitable ; les destinées delà patrie se trou vMent dans ses mains. En proie aux plus vives alarmes, le; gouvernement le pressait de combattre ,. et. lui faisait un crime de ce qu'il appelait des lenteurs. Une pareille injustice rendait la position du général encoreplus difficile. Un honune. ordinaire eût.cédé; Tom. IIL 3

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Massëna, inébranlable dans ses rësoludons , attendit le moment qu'il avait fixé, pour agir. Dès qu'il fut temps , ses. soldats opposèrent aux ennemis des prodiges de cou-rage: il avait une colonne sumoiAmëe V Infernale; ce corps terrible , qui se composait de quatre mille des plus yailians et des plus beaux grenadiers , était sa ressource dand les plus grands périls ; placé à la t6te de ces invincibles , rien ne pouvait Parréter ^^il renveraait les plus épais bataillons. Dans les premiers combats devant Zurich, cent fois les4>lus intrépides tremblèrent pour ses jours; mais au milieu de mille trépas glorieux y la mort semblail le contempler sans oser l'atteindre; on eût dit qu'ail fort de l'action et de la mêlée la plus meurtrière , son coup-d'œil charmait les balles. Qui. n'a pas.admii^é sa valeur et son sang-froid dans cette journée pendant h^quelle l'acharnement entre lés deux armé^ fqt porté à un si haut degré que la nuit ne put pas même les se*parer 7 A la vue des monceaux de morts dont ils avaient couvert le champ de bataille , les Autrichiens et les Français s'attribuaient la victoire. A la fin notre armée affaiblie fut dans l'impuissance de défendre Zurich. Maa^ séna, balançant les intérêts d'un peuple allié avec la gloire d'une résistance inutile y péda aux larmes d'une foule d'habitans et de mères éplorées qui vinrent le supplier d'épargner à leur ville les horreurs d'un bombardement. Les Français s'éloignèrent y après cinq jours d'un horrible carnage. On les vit, dans leur fureur, jeter leurs armes pour se prendre aux cheveux avec les Atitrichiens , se battre deux à deux & l'arme blanche ou se serrer corps à corps dans des luttes où ik s'étoufiàient.

Masséna eutbient5t & profiter d'une faute de l'archiduc Charles* Ce prince venait d'abandonner la Suisse

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ponr porter -vingt-cinq mille hommes sur- les bords du Rhin. Cette manœuvre ai&iblissait prodigieusement l'armée de ses allies. Massëna , s'étant avancé sous les mûrs de Ziinch 9 leur présenta la bataille. Les fleuves et les montagnes offraient de véritables Thermopyles : pour forcer ces passages couverts d'artillerie , il fallut un cou* rage au-dessus de l'humanité ; Farmée entra dans Zurich en marchant sur les cadavres de ses ennemis : la ville fut présenrée du pillage ; Mâssénâ lui-^ême parcourait les rues afin de veiller à la sûreté des citoyens, et de faire respecter leur domicile et leurs propriétés. Le généralrusse ^uvarow n^'an^ta que pour être témoin de Panéantissë*ment de la moitié de son armée. Vingt mille prisonniers , qninfise mille morts ou blessés , cent pièces de canon , des bagages innombrables , neuf généraux tués ou pris , le Bas^Rbin ainsi que Pllelvétie délivrés , et là vieille opinion, qu'une armée russe était invincible , détruite par la première victoire des Français sur ces barbares , placèrent Masséna au même .degré d'estime qu'autrefi>is Marins i Bome , après la défaite des Ciml^*es et des Teutons.

Bavure isur le sort de la France qu'il vient de sauver, Masséna, par un beau dévouement, quitte sonarmée victorieuse et éaw Pabondancepour commander en Italiea quelquessoldats affiunés et sans vètemens, qui se disputaientla chair de leurs chevaux au milieu des monts glacés de la Ligurie. des maUieurenx désertaient en foule ; Masséna les ramena 4093 letiH drapeaux par le seul sentiment de l'honneur et de la patrie* Il dut ce succès k l'ascendant de son caractère et de sa renommée. A Nîoe j il arrêta l'épidémie par la sagesse de ses r^glemens. A Gènes, il prodigua ses soins et 6es veilles^ il y fut bloqué le jour même où les magasins n'avaient p^s de vivres pour vingt*qualre

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hieures. LVnnemi s'empara de Vado, et isola ainçi Taile droite de notre, armëe. Ce fut cette aile droite qui défendit Gènes contre les forces réunies des Autrichiens , des Napolitains et des Anglais. Avant de s'enfermer dans la Iplace y Masséna voulut tenter le hasard d'une résistance extérieure. Le 28 avril 1800^ il livra un combat des plus sanglans, et dans lequel il fut constamment à la tète des tiraillem*8. Ce fut sur la fin de celte action^ qu'après avoir perdu un général de brigade sur deux, deux ajdjudans-généraux^sur trois, et trois aides-de-camp sur cinq , on l'entendit s'écrier à différentes reprises, en s'adressant à l'adjudant*général Thiébault : «La mort n'a » donc pas voulu de nous! • • Comment ! pas une balle pour » moi!» répétait-il, en chargeant un instant auparavant y avec le général Oudinot et une trentaine de guides , con* tre. des régimens entiers que son audace parvint k enfoncer. Cinq. fois dans un jour, il rencontra et battit L'ennemi. A sa rentrée dans Gènes, les habitans firent éclater les signes de la plus vive admiration. Le lendemain , il divisa son aile en deux cot*ps; le premier^ aux ordres du général MioUis, devait défendre la ville ; et le second, tenir la campagne sous les ordres du général Soult et de Masséna en personne : à Macarollo , au torrent d'Âlbissola , à l'attaque de Sasello , on vit de quelle constance les soldats français sont capables; ils marchaient à l'ennemi sans pain et presque sans cartouches. Ces brillantes expéditions donnèrent au général en chef une force qui. le mettait à même d'entreprendre tout ce qui était humainement possible pour le salut de la ville et de l'armée. Le prestige dé sa gloire sembla par leur dévouement doubler le nombre de nos guerriers , et foi'ça une immense population à une patience qui n'eu^

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jamais d^exemple.' Ce qui excite l'ëtonnement , c'est que ^ dans une capitale où la famine s'annonçait dë)à , il se soit trouyë' dès vivres pour deux mois pendant le blocus le plus rigoureux y et qu'on ait soumis à la discipline , à de racles travaux 9 des soldats qui semblaient né pouvoir plus supporter une marche. L'homme ^ qui n'est pas habitué à interroger les causes morales des ëvënemens , contem* plera ces résultats sans les comprendre^ celui dont Fintellîgence est bornée dans son étroit savoir voudra douter dé ce qu'il né concevra pas; le penseur i^onnaitra seul, dans ces faits merveilleux, l'influence salutaire des grandes conceptions et des grands exemples.

L'ennemi se rendit miutre des Deux-Frères, d'où il pouvait bombarder les forts et la ville. Les Français engagèrent un combat pour les reprendre : les Autrichiens, attaqués trois fois par une faible colonne, la repoussèrent dans une mèléè sanglante j les soldats trop pressés combattirent à icoups de crosse 'et de pierres.. Lès Autrichiens enveloppaient eetté poignée debravesj lorsque , suivi de quelques officiers de son état-major, Masséna , qui n'avait dans sa réserve que quatre compagnies, se met & leur tète, is'élance à travers u^e grêle de pierres et de mitraille, opère sa jonction avec la colonne dont Thiébault enflamme la bravoure , réussit à la dégager, et par ce môuveinent liardi décide de la victoire. Au mèïne instant , k l'aile fkoite , le général Hector , manœuvrant' sur Monie-Railti , enlevait à l'ennemi ses deux dernièros Fe«doutes, et br&Iait neuf cents échelles destinées à l'escalade de Gènes. La position des Déux-Prères. fat reprîôe par les Français^ les Autrichiens j perdîi*ent quatre mille homméSic

Cependant le grand nombre de prisonniers faits de^

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piiis le. oommencement du JblocQs épmssàt hs tiTl?e8^ et excitait des alarmes , cbaqae fois que nos troupes &!•<• «aient des sorties : poar calmer les craintes des- habitana^ Masséna se détermina à les rendre } mais le général mx* nemi les faisant servir dé nouveau sass renvojrer des Français en échange , on se vit contraint de les eabsa^ quer sur des vaisseaux* Le gouvernement de G^es pou* vait à peine , dans la détresse puUique j leur distribuer , comme au peuple , quelques cuillerées d'une mauvaise soupe d'herbes. Ces soldats^ devenus furieux^ mangè^ rent leurs souliers, leurs havi^ - sac» et leore gibernes; on fuyait leur bord par l'efiFroi d'être dévoré. Le général en chef invita rainement le gAiéral autrijphieii Oit k leur envoyer chaque jour par mer les rivres que la place n'était plus en âat de leur donner» Plusieurs et cef malheureux se précipitèrent dans la mer^

Gènes fut bombardée par les Napolitains et lea Anglais : alors le peuple y dont la patience était- poussée à bout,. murmura, demanda du pain et la fin denses maux. Cent soixante mille habitans voyaient la mort toujours présente ; les femmes poussaient des crispe dé^ sespoir , tandis que les en&ns et les vieillards exba^ laient le dernier souffle de la vie près des cadavres dont les rues étaient encombrées: une multitude pale et livide se disputait les chevaux morts qu'on portait 4 la voirie* An moment où le général Masséna passait près d^nn de ces groupes , des vociférations se firent entendre; il s'arrêta , fixa les séditieux , et son regard les réduisit au si^ lence. Telle fut, pendant plusieurs Jours , l'horrible cala^ mité d'une vilte si florissante et si fiè|:e de son origine. Ce peuple inanimé voyait l'abondance entrer par tontes les portes, si le général en chef ecrnsentait à one.capi^

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DEXA GLOIBE. aS

tidaiion. La Tue des Taisseanx anglaÎB chargés d« pTOTi«> sions , et la fiiiblesse de la gamisoa provoquaient i la xévolte > ploneoFS fois Massëna sut l'ëtoaffer par et cafane intrépide qui impose aux mutins sans Pappa** ml de» supplices» Cependant des avis sur les premiera succàs de Bonaparte dans le Piémont vinrent relever les courages abattus ; mais Pespoir iû^anouit bientât* Des enrèlemens clandestins ont lien, il se forme des conciliabules , on projette d'assassiner le général en chef ; on m'bésîteplusqu'entreie fer ou le poison. On répand des proclamations d'Assaretto , dans lesquelles ce traître emploie tour^-tour la séduction et les menaces ; on les col* porte avec tant de secret , que , pour les connaître , le ministère delà poUoe , en pa^e un exemplaire jusqu'à cent yimgi &anes; on solde des hommes, des femmes et des en* fans pour courir les mes presque sans vètemens , en jetant descriaaigus. Dan cea circonstances funestes , les généraux ennemis demandaient une entrevue. Le premier mouvement du général français , habitué à ne traiter que les armes à la main , fut de rejeter cette proposition; mais la ville et Parmée étant parvenues au der-* ' nier terme des calamités humaines, c'eût été une, faiblesse barbare de ne pas se résigner à un revers que de nouveaux efforts ne pouvaient plus retarder. La moitié des ti*oupes était dans les hôpitaux f la garnison , exténuée par la disette et les maladies , se plaignait hautement : Masséna rassembla les che& de corps , il voulut savoir d^eux s'il pourrait tenter une trouée : « Camarades, leur dit-il , )» nous avons rempli notre tâche ; mais qu'il ne soit pa^ » dit qu'on a triomphé de nous , abandonnons ce vaste » tombeau; n'emportons que nos armes et notre gloire^ » et faisons-^nous jour à travers Tennemi » • Tous lui dé*

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clàrèrènt que les sdidats n'ayant plus même la force dé porter un fusil , les oflEciers seraient les seuls à le «aîvre. Une ^songea plus dès-lors qu^à conclure tin tràîlé digne

' dé sa belle défense. 'L'ennemi présenta une capitulation par laquelle il consentait à ce que l'armée retournât en

* France , mais il exigeait que le général restât prisonnier : « Vous valez seul tingt mille hommes, écrivait le lord » Keîlh à Masséna ».

- Là réponse de ce dernier fut qu'il mourrait les armés

^ à la main avant d'entendre une négociation où le mot de

' capitulation entrerait ^ et toute l'armée fut convaincue qu'il tiendrait parole. « Avant de se rendre, disaient les

' » soldats, le général en chef nous aura fait manger Jus- » qu'à ses bottes »•

^ ■ La publicité donnée aux premiers ai^licles du traité rendit un peu de calme aux habitans dont plus de quinze mille avaient péri par le tourment de la faim.

Le 1 5 juin i8ôo, le général Masséna, le lord Keith, commandant les forces navales combinées^ ainsi que les généraux autrichiens Oit et Saint-Julien, se réunirent pour signer la convention. Fendant cette entrevue,

^ Masséna montra uûe si grande sérénité et une ame si supérieure à l'adversité , qu'on eût dit que c'était l'ennemi qui capitulait. Une seule chose faiQit rompre tout-à-coup la ' négociation j le général Oit refusait de laisser partir par terre huit mille hommes de nos trouîpés : Masséna , reprenant sa fierté , rompt la conférence , en laissant cet adieu aux généraux ennemis : « Vous ne voulez pas ? eh bien ! messieurs , à demain! » Cette fermeté en imposa , on le rappela et Pailicle fut accepté i « On nous avait bien . assuré que le général Mas- >> séna était vif, dît à cette occasion un oflScier autri-

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» chien , mais nous ne pensions pas qu'il le fût autant! » L'amiral Kèith fut celui des généraux ennemis dont il reçut le plus de marques d'estime ; à chaque article con-« testé 9 il répétait : a Monsieur le général ^ votre défense ». est trop héroïque pour que Ton puisse rien voua » refuser )» . «

Un des moyens dont Masséna se servit pour atteindre son hnt fut d'alimenter la mésintelligence qu'il savait exister , quant aux individus , entre les Anglais et les Autrichiens ;ce fut ainsi que , flattant à pro- . pos l'orgueil des uns aux dépens de l'amour propre des autres, il se fortifia des&iblesses de tous. D'après ce plan , il lui arriva de dire au lord Keith : « Laissez entrer un ^> peu de blé dans Qènes ^ inonsieur l'amiral ^ et je vous » donne ma parole , que ces messieurs , en montrant » les généraux autrichiens , n'y mettront pas les pieds » • Vers la fin de la conféi*ence y il iui dit encore : « Milor^ y » si la France et l'An^eterre pouvaient jamais s'enten* )» dre , elles gouverneraient le. monde ». Comme le général. Saint-Julien, dans une objection relative au gouvernement de ,1a Ligurie , s'appuyait des instructions de l'eospereur sqi: les changeme|is à y opérer y Masséna s'ér cria : « Ëh bien ! monsieur, vos opérations seront aussi )) pea solides que le projet en a été prématuré, et je vous » donne ma parole d'honneur , qu'avant vingt jours, je » suis devant .Qànes..T-.Vousy trouverez des hommes » à qui vous avez appris à le défendre y répondit avec » esprit un des officiers ennemis » •

Masséna insistait pour emmener cinq corsaires fran-» ç^is qui se trouvaient dans le port, et contre cette demande , l'amiral Keith alléguait les dispositions d'un

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bilL « Quoique tous ne soyez pas 'tenu de le con« » naître^ dit-îlan géaëral français y je dois le respecter f » d'ailleurs, ajouta-t*il , nous avons y vous le savez, un )i parlement et deux partis en Angleterre »• Ces raisons étaient trop bonnes pour être, combattues par des raisons: Massëna le sentit; aussi , reprenant le ton de la plaisan-^ terie : « Monsieur l'amiral , dit-il , quelle satisfaction la » possession dequelques chétifs corsaires peut-dle ajouter » pour vous k k prise de Gènes qui est votre ouvrage ?•• » Allons , milord , iiprès nous avoir enlevé tous les gros, » c'est bien le moins que vous me laissies les petits.^» )» Eh bien! monsieur le général^ répliqua Keitli^ n^ea T> parlons plus )»• •

Malgré quelques débats qui s'élevèrent encore, le traité fut enfin signé , et l'on se donna réciproquement des ota* ges. Ainsi se termina ce blocy mémorable, que la France citei*a toujours avec un sentiment d'orgueil. Dans la campagne précédente , Masséna avait seul sauvé la ré^ publique; sa résistance dans Gènes , en contribuant si puissamment è la victoire de Marengo remportée peu de jours après, nr'était pas un moindre titre à la reconnais^ sance nationale : h Fins beorenx que Léonidas , ce guer« » rier , disait le prince Henri de Prusse , frère de Frédéric » le Grand, et si grand général bii^mèrae, a deux ibis y> défendu et sauvé sa patrie ; deux fois avec des forces )» inférieures il a battu des armées qui , itères de leur » supériorité , ne comptaient que sur la victoire )^.

Après avoir conquis l'olivier de la paix , les soldats de l'armée d'Italie revirent encore une fois à leur tète le général sous lequel ils avaient cueilli tant de lauriers* La renommée publiait partout ses explcûts^ etson retour ,

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^imi ses anciens compâgnans d'armes, fut un vëri-^ table iiionphe. Massëna ne resta que peu de temps au mille» de nos phalanges victorieuses. Rappelé dans sa patrie^ il yint an sein dn repos îouir des honneurs méritée par d'inuaortek travaux consacrëB à assurer l'in^ dépendance de son pays. Sa modestie ne put le dérober aux regards de ses concitoyens , qoi l'appelèrent plusieurs fois aux plus honorables fonctions dé Pétat. Devenu maréchal de l'empire en 'i8o4 , il vit s'accumuler sur sa iete toutes les distinctions que venait de ressusciter le despotisme. Pont cette fcns ^ les cordons, les titres et ks dignitésfiimit accordés an mérite ; mais ces hochets, absurde création d'une jonglerie politique, intéressée à séduire la basse vanité des âmes serviles, avaient moins pour hnt de rehausser la ghnre de Masséna , que de la borner au temps présent en la circonscrivant à une ré^ compense dont le signe dispensait la nation de perpétuer sa gratitude pour des services déjà évalués , et payés d'après le tarif du monarque. Masséna ne tarda pas & prouver que, pour les grands cœurs, il est un prix plus snbHnte que les &veurs des princes. Comblé de richesses et d'honneurs , il peut dans le loisir d'une vaste opulence coolor des jours tranquilles , mais il a une patrie à défendre, et il nourrit l'ambition de léguer tonte entière à l'histoire une ^ie dont les plus bettes années appartinreirt à la liberté.

L'Autriche arme pour une nouvelle guerre. La campagne de i8o5 commence , Masséna sollicite un commandement ; Napoléon lui confie celui de l'armée d'Italie y qui devait être opposée à celle de l'archiduc Charles sur les bords de PAdige : ainsi les mêmes lieux

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reconnaissent, pour la troisième fois , le même vainqueur, et les deux plus habiles stratégistés des temps modernes vont se trouver encore enpnbenoePun de l'autre. Une ]utte savailte s'engage; mais Masséna, qui 9 conti^ lui la supériorité du nombre , ne manoeuvre qu9 pour occuper son ennemi , ne combat que pour Pempê^ cher de secourir à temps une armée plus considérable , et s'expose même à être battu pour favoriser sur le Danube des victoires décisives. La prise de Vérone ; les redoutes de Caldiero emportées à la baïonnette sous le feu de trente pièces de canons; le général autrichien Hillinger et six mille des siens faits prisonniers ; la Brenta , la Piave et le Tagliamento franchis après de brillans suc^ ces ; le prince de Rohan cerné à Castel-Franco , et forcé , à la tôte de huit mille hommes , de mettre bas les armes; licence et Trieste occupées par nos troupes ; un grand nombre de pièces d'artillerie enlevées dans divers cpm->bats ; des magasins , des bagages , des drapeaux , et en^ fin l'entière dispersion de Parmée du prince Charles! tels furent les avantages remporté» par Masséna , qui , après avoir poursuivi vigoureusement l'arrière-gardé au-r trichienne, opéra sans obstacle sa jonction avec la grande armée.

A la paix de Presbourg en 1806 , Napoléon résolut de punir le roi de Sicile d'avoir osé manquer à la foi des traités. Masséna , envoyé pour détrôner le monarque parjure , arrive le 6 janvier à Bologne avec viugt-cinq mille hommes , marche sur Naples , où , le X2 février , le nouveau souverain, Joseph Napoléop, Cht reçu aux acclamations du peuple , fait capituler la forteresse de Gaëte si vaillammeut défendue par lepriuce deHesse Philipjjfadt,

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sQiimel la Calabre, force les troupes napolîtaînes à' déposer les armes où à passer en Sicile , dissipe plusieurs rassemblemens d'insurgés qui s'étaient formés à Lango- Negtx>, ainsi qu'à Lauria, et achève, dans l'espace de quelques mois, la conquête de ce royaume. Lorsque MaWna quitta ces contre d'où il ayait banni le meurtre, l'incendie et le pillage , pour aller commander le 5*' corps de la grande armée avec lequel il occupa une partie de la Pologne, quoiqu'il dût alors agir isolément pendant les glorieuses citmpagnes qui amenèrent le traité de Tilsitt, et qu'il eût constamment à combattre ou à contenir des forces supérieures, son habileté et sa prudence balancèrent avantageusement la puissance du nombre , et mirent seules quelque équilibre dans une lutte où toutes les probabilités matérielles étaient en faveur de l'ennemi, f

La guerre de 1809 contre l'Autriche rappela dans l'Allemagne l'élite de nos guerriers. Dès les pi^emierst )burs , l'heureiise issue des combats de FfaffenhofFen et de Taun annonça que le chef de la maison de Lor^ raine n'avait oublié la trop facile générosité du vain— queur que pour se voir de nouveau réduit à implorer son inépuisable clémence. Le prince Charles était entré dans la Bavière à la tête de cent vingt mille hommes : Napoléon résolut de détruire cette armée; il parut, et chaque jour fut marqué par une victoire. Le 20 avril, les Autrichiens furent battus à Abensberg. Le 21 , Mas- 8éna,qui,en manoeuvrant sur leurs denîères pour couper leurs communications, avait contribué au succès ^de la veille , les attaqua dans Landshutt , et décida de la prise de cette ville ^prçs un,, combat qui fit tomber en notre

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pouvoir trente pièces de canon , neuf mille prisonniers 9 six cents caissons j tous attelés et remplis de munitions ^ trois mille voitures de bagages , trois équipages de ponts ^ les hôpitaux et plusieurs magasins considérables. Le moment de frapper un coup terrible élait arrivé. Napoléon partit de Landshutt , et le 22 fut livrée cette fameuse ba-« taille d^kmiilh , dans laquelle les Autrichiens perdirent vingt mille hommes ^ quinze drapeaux^ et plus des deux tiers de leur artillerie. Dans cette journée y si glo-rieuse pour nos armes , Masséna , dont le corps élait encore en arrière y prit à l'action une part des plus actives. Constamment près de l'empereur y il ne le quitta que pour porter ses ordres , ou pour aller dans la mêlée, sous une pluie de mitraille et de balles , faire exécuter des dispositions qu'il avait lui-même conseillées. L'affaire d'Ebersberg , où sept mille Français mirent en déroute trente-cinq mille Autrichiens y après leur avoir tué cinq mille hommes y et fait plus de sept mille prisonniers y ne fut pas moins honorable pour Masséna que sa belle conduite à Essling y où y dans la position la plus désespérée ^ son intrépidité sauva l'armée , et lui fit répondre à dé vives instances pour tenir seulement trois jours : « Dites )) que j'en tiendrai douze ». Il avait fait à Gros-Aspem des miracles d'audace et de contenance. Quarante jours après , il renouvela les mêmes prodiges à Enzersdôrff* et à Wagram , où y malade et souffrant y il commanda couché dans sa calèche, et se fit conduire paitout où le danger était le plus imminent.

A la paix de Vienne en 1809 , la France se vit libre de toute guerre dans le Nord y et l'Europe entière crut que • TEspagne et le Portugal allaient enfin succomber sous le

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DE LA GLOIRE, 5i

poids des forces immenses donjt Fempereur Napoléon pouvait disposer; il avait annoncé qu^il chasserait les Anglais de la Péninsule , tt qu'avant une année, on verrait ses aigles triomphantes plantées sur les tours de Lisbonne. L'armée destinée à cette invasion était forte de quatre - vingt milk hommes ; elle était commandée en chef par IVlasséna , et avait à combattre le lord Wellington qui réunissait sous ses ordres plus de cent cinquante mille hommes , sans compter la population armée du Portugal ^ animée par le patriotisme , la haine, la vengeance, et le souvenir récent des maux qu'elle avait soufferts, les deux années précédentes, pendant les expéditions des maréchaux Junot et Soutt, quelque infructueuses qu'elles eussent été.

Masséna s'étant d'abord emparé de Ciadad^Rodcigo (i)^ qui ne se rendit qu'après vingt-cinq jours de traucliée ouverte , passa la Coa , repoussa les avaut-poistes anglais^

(i) Le ti^e de Ciudad-Rodrigo , dont toutes les opérations iiirent con- Suites par le iouurëclial Ney , donna lieu k plasieurs actes du plus grand courage.

Deux cents Espagnols étaient enfermes dans le courent de la Ste.^CroiSy d'où, par nn feu continuel et des plus meurtriers, ils inquiétaient nostra- Ysilleurs. Le capitaine du génie Maltzen, i la tête de cent cinquante grena- (lierset de yingt sapeurs , s'aran^ au milieu d'une grêle de balles jusque sons Ica mnrs de cet édifice , et apris en aroir hnaê les portes à coups de bâche , il y pénétra de vive force. Déjà le capitaine des grenadiers «rait ét^ blessé mortellement , et Ittaltxen renaît d'être atteint de deux coups dfr Un i les soldats, hésitaient à l'aspect d'un si grand danger : a £h quoi 1 > leur dit-41 , ne royez-roos pas que nous arons à faire plus de chemin a pour nous en retourner que pour adierer ce que nous arons entrepris? a Puisque nous ne pourons prendre d'asssmt ce repaire , essayons du moin* » de rinoendier ». Maltzen était affaibli par la perte de son sang ^ nais il fte voulut pas quitter son pos|a , sans aroir atteint le but qu'il

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5d LES FASTES

investit Almeïda (i) , place frontière du Portugal , la força de capituler le 27 août , pénétra un mois aprèsdans la vallée qu'arrose le Mondego, passa te fleuve à Celorico , le repassa ensuite au pont de Fornos , conduisit son armée sur la rive droite , arriva au pied de la Siéra de Busaco, que les Anglais abandonnèrent à la suite d'un combat des plus opiniâtres (2) ,' et se dirigea sur Coïmbre , où il fit son entrée dans la soirée du 1.*' octobre au milieu des illuminations ordonnées par Wel« lington pour éclairer le pillage et la dévastation de cette

ê^étik proposé. Bientôt des flammes «'élevèrent de toutes parts ; les Es* pagnols chassés du rez-de-cbayssée s'étaient réfugiés dans les étages supérieurs , d'où ils faisaient un feu terrible de moosqueterie ; Maltzen les somme alors de se rendre , il est prêt à les secourir : inutile générosité , les assiégés ont juré de périr ^ et ils disparaissent dans l'embrasement général. Ce fut seulement alors que l'intrépide capitaine consentit à aller se faire panser.

La belle conduite du caporal Tbirion , du carabinier Bomboix et du chasseur Billaret les fit admirer de toute l'armée de siège. Aussitôt que la brèche fut praticable , ces trois braves s'y élancèrent les premiers , tirèrent leun coups de fusil sur la garnison épouvantée , et agitèrent en l'air leurs schakos aux. cris de pipe Vempereur .'

Les généraux d'artillerie Eblé et Ruty , le commandant du génie Valazé , ainsi que les généraux Loison^ Mermet, Simon et ,Ferey déployèrent „ sous les murs de Ciudad-Rodrigo , autant de dévouement que d'habileté. •

' (1) Le siège d' Almeïda ne fut pas moins fécond en belles actions mîli^ taires que celui dé Ciudad-Rodrigo : les talens*et la valeur des généraux ThreiUardy Loison, Gardanne y Ferey » Eblé et Lciowski y brillèrent de tout leur éclat.

(a) Ce fut à Bosaéo , où le général Eeyuier affronta les plus grands périls pour ramener la victoire sous nos étendards ,' que fut blessé le vaillant général Simon : atteint dé deux balles pendant la charge , il fut laissé sur la hauteur où les Anglais le recueillirent.

superLô

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superïe Tille que ce lord ne voulut quitter qu^après avoir permis a ses troupes de se livrer à des horreurs, dont Fatrocîte' répugnerait même aux hordes les plus barbares* Après onze jours de marches forcées, au milieu des pluies , les avant-gardes françaises parvinrent à Aleaquer, à neuf lieues de Lisbonne. Près d'arriver à l'extrémité la plus reculée du Portugal, Masséna regardait déjà ce pays comme uA conquête assurée ; croyant que les Anglais ne songeaient plus qu'à se rembarquer, il comptait les atteindre , leur pr&enter la bataille dans la précipita^ tion d'un départ j et les accabler avec des forces supé-* rieures. Mais des reconnaissances , «ivoyées sur divers points (i) , trouvèrent l'armée de lord Wellington re-'

(i) Le gënëral Saltite-Crôir p^t dans liiiede'ëes reôoniiaissances. Il B^était avance sur une ëminence pour faire des observations , lorsqu'un, boulet f parti des éanonnieres stationnées dans le l'âge, le coupa en deux*. Jeune encore , ce gênerai avait déjà fourni un carrière militaire des plus glorieuses. A Ësslîng ^ oii il était colonel , ce fut lui qui ^ sous le feu de l'artillei-ie ennemie , passa le premier dans une barque sur la rive gauche du Danube. A Wagrani , il déploya la plus tare intrépidité , et fut ^ compte parmi les blessés de cette journée* La guerre d'Espagne et de Portugal mit le comble à sa haute réputation de bravoure. Le 4 avril 1810, on le vit , à la tête dé trois escadrons , attaquer trois mille hommes de troupes de ligne ^ six cents chevàuk espagnols ^ et un régiment de hussards portugais qui défendaient les approches de Villa-Verde , ou il pé* nétra après avoir sabr^ les carrés ennemis. Le combat de Pénilla lui fournit une 'nouvelle océasion de se signaler par de brillans exploits. Le 6 juin , à Mônbucq et à Bratbcintios ^ il enleva de vive force la ligne des postes ennemis; et ce fut principalement à sa valeur, ainsi qu'à celle du chef d'escadron Fische et des capitaines Talon et LetermeiUer , que Ton dut la réussite de te coup de main qui assura lé succès des opérations du corps commandé par le duc d'Abrkntès. Le lendemain , il se dirigea avec deux régimens vers Âlcanitsi , ou l'ennemi avait réuni quatre mille fantassins et six cents cavaliers sous les ordi'cs du général Eschaveiia. Cette troupe s'était VetranChée sur des hauteufs protégées par l'escarpe*

Tom.IIL 3

Ixanchée dans une position qu'il était impossible d'aità* qaer sur la chaîne des montagnes qui s'étend depuis Alhandra jusqu'à Torres-Vedras ; inopinément arrêtés au moment où ils se croyaient à la yeille d'atteindre le terme de leurs travaux , les Français , cernés de toutes parts , et dont les communications étaient interceptées par des corps volans , restèrent au pied des lignes de Torres^Vedras , souffrant avec patience des privations lans nombre qu'ils enduraient par l'espérance de réduire dans peu leur ennemi au désespoir. Il y avait déjà un mois qu'ils étaient dans cette situation critique , lorsque Masséua résolut de tourner les positions anglaises , a&i de manœuvrer sur Lisbonne. Dans la nuit du i4 au i5 novembre, il leva son camp et se mit en retraite pour

ment des robher» et d'afireux précipices. Ces obstacles , qui font la sécurîië des Espagnols , enflamment le courage du général français ; en un instant , il a gravi les hauteurs : électrisés par son exemple , les dragons , mioitié à pied , moitié traînant leurs cheyaux, s'élancent après lui ; surpris , mais non déconcerté par tant d'audace , l'ennemi veut opposer de la résistance ; c'est en yain : au premier choc , sa ligne est enfoncée par le yaillaut Sainte-Croix , qui , toujours ei| ayant d'un escadron qu'il guide , ya chercher une nouyelle blessure au poste du péril ; une balle Je frappe ; « Camarades , s'écrie-t»il alors , le plomb des Espagnols ne » tue pas aujourd'hui ; montrons-leur que nous ayons des sabres qui S) coupent ». Â ces mots , les dragons redoublent d'impétuosité , tout ployé deyant eux ; culbutés sur tous les points , les Espagnols sont mis dans la déroute la plus complète , sept cents des leurs tombent sur le champ de bataille , un plus grand nombre se rend prisonnier , le reste s'enfuit en jetant ses armes.

Ce fut peu de temps après cette action , qui mérita les plus grands éloges aux officiers d'Hautefeuille , Leieu , Turing et Labourdonnaye , ainsi qu'à raide->de-camp EcqueyiUey , que fut tué le général Sainte- Croix ; il fut regretté de l'armée entière et particulièrement du maréchal Masséna qui le regardait ayec raison comme un de nos meilleurs généraux de cayalerie.

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aller prendre positron à Santârem , oà îl se foillfia en attendant le coi*p« ^€ r^i've commandé par le général Drouof y qui , parti âe Valladolid ^ ne tarda pas & lé rejoindrii. Notre armée étendait ssT Kgne entre la mér et ie Tttge. t'iHU?ntion dtk^'ué^^I en cht:*f était de wdescendre le fleuve , «et , après Pav<rtr traVei-sé , de s'em* parer de la prescju^te dané laqnelle Sont diluées les villes de Falineia et de Setuvé! ;; de se rendre maîtie du cours du Tage et des hautears it'Almef da , afin de pou^ Toiren m^me tem^s affaâier et bombarder Lit^bonnel i)éjà deax cents bateaux «ivaient été construits, et tous les pi^* pai^aUfs étai^l teitiâinés , lôi'sqn'une dépêche du Cabinet de Saînl*<^<K«l empêche d'aceomplir une énti-eprise dont le succès né pontail pas étiie donteax. Ma^na reçut l'ordre fonnd de ne rïén 'iènta:t{tti pftt déterminer les Anglais à ^Itter le Pot^tlgaï $ et ièèt ordte arriva au moment où il était moins diiB!<^ite à Varinéé de sortir par un coup hardi «I décîstf <le ta situation piéiiible dans laquelle elle se trouvait^que d'effectuer' dneretinité à travers un pajs où elle allait acberer de s^pâi^ en luttant contre les obstacles et les dangers gui à éhaqae instant se multipliaient autour d'elle. Masséna crut dévoir immoler Tintéi^t de sa prc^re renommée aux vues d'une politique dont il ne devait pas cbei^her â pénétrer les mystères* L'abondance était dans Lisbonne, et c^élait là qu'après sept mois de privations et d'eflEiHis , les soldats s'attendaient à voir finir leurs misères, quand ils ém^ent la dou** leur d'apprendre qu'il leur fallait enfin abandonner le Portugal sans âvoii'.livré une seule bataille rangée. Le 5 mars i8 1 i, Masséna ordonna la retraite ; le lo^ il atriva à Fom* bal , d'où , le lendemain , son arrière-garde qui avait arrêté toute une journée l'avaut-garde de Wellington , vint y

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pendant la nuit occuper une forte position en avant du déûlé de R^dinha sur PAdançor. Chaque jour y il soutenait des combats dans lesquels rayantage était prescjue toujours du côté des Français : « La supériorité de génie du géné- » rai en chef, dit un narrateur anglais* (i) , se mon* )> trait à tous les instans j il ne laissait échapper aucun » des avantages qu'offrait le terrain; ses arrière - gardes » n'abandonnaient une position qu'elles venaient de dér )» fendre , que lorsqu'elles étaient çomplèteinent tournées, » et c'ét^t pour en prendre une autre et la défendre en* » core. Les colonnes françaises se retiraient lentement » sur un seul point central dans une position choisie ou » elles se réunissaient en masse pour se reposer, résister » à leurs ennemis, les.r^opsser et recommencer leur » marche. Le maréchal Ney soutenait la retraité avec des » corps d'élite , tandis quç le maréchal: Masséna toujours » prêt à appuyer au besoin l'arrière-g^de, dirigeait les » mouvemens du eros de l'armée. » Lee talens de ce grand capitaine ^ est-il dit dans le Journal Militaire an* glais, n^ont jamais paru ai éminena; rien ne peut égaler Vhahileté qu'il déployait alors {p).

Masséna prit position sur la Caïra, repoussa les Anglais à Foz de Aronce; franchit l'Alva ,. dont il rompit les ponts, arriva à Guarda qu'il évacua à l'approche des Anglais , alla se poster à Ruivinha , s'y maintint quelque temps, et repassa la frontière de Portugal , après avoir défendu avec avantage le gué de Rapoula de Coa.

De retour en France, Masséna fut généralement blâmé :

(i) History of Europe. Edimburg, annual Register ^ to1« 4, 1811 j j. '267. . . ,

(a) Military chronide^ tom. a, p. 4o5.

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on lui fit un crime cj'avoîr abandonne le Portagal , et de ^ètré laâsë rëdaîre à la néce^té de rétrograder. Les reviera qu*il venait d'ëprpuvér furent injustement attrîboés à Fenvie de conserver les richesses qu'il avait acquises dans ce pays ; et cette opinion fut accrédilëé par Pempereur lui-même^ qui, en rejetant sur un de ses inarëcliàu:ip les torts de sa politique , se hâta de saisir l'occasion favorable pour ternir une réputation dont Péc\at devait PoflFusquer. Aux yeux de l'Europe, Masséiia était tombé en pleine disgrâce ; mais l'empereur , qui demeurait convaincu que la conduite militaire de ce général était exempte de reproche, lui garda toujours cette estime intérieure , qu'il ne put s'empêcher de manifester encore par des preuves de confiance. Masséna conserva le commandement de Toulon, jusqu'à la déchéance du gouvernement impérial. Maintenu dans ce poste après la rentrée des Bourbons, il devînt, à l'époque du débarquement de Bonaparte, l'un des pairs de cette chambre des cents jours, où il montra autant de patriotisme que de modération. Lorsqu'on eut reçu la triste nouvelle du désastre deM6ntSaint-7ean, il prit le comtnandement de la gardie nationale de Paris , et dans ces momehs d'inquiétudes et d'alarmes , qui précédèrent le second retour du roi , la capitale lui dut l'ordre qui régna dans ses murs, €t la tranquillité dont jouirent ses habitans , jusqu'à ce que ie drapeau des lys eût remplacé les couleurs récohnuesdepuis vingt-cinq ans. Masséna ne s'occupa plus alors des afikires publiques. On assure même qu'il était prêt à quitter la' France pour passer aux Etats-Unis , quand une maladie dangereuse l'einpêcha d'accomplir ce dessein. Quelques Marseillais , à la tête desquels se trouvait lin habitant de Riez, que peu d'années auparavant la protec-

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