MARINE
Officiers morts en combattante.
Le contre-amiral Brueys (3).
Casablanca , capit'aîne de vaisseau (4).
. Dupdtit-Thouars, idem (S), Martinet , capitaine de frggate (6), Morandi y enseigna de vaisseau (7).
(1) Aujourd'hui colonel, chef d'état-major de la 1 1« division militaire à Bordeaux. U^ composé des mémoires sur les campagiies d'Bgyptie. Avant la chute de rerapire , il servait dans la garde du roi Joseph , en Espagne.
(2) Favre (Â. P. )J 11 était à la tête de la pharmacie de Farmée , et seconda puissamment le docteur Desgenettes. De retour en France, Favre a publié : I. Instruction sur le^s moyens à employer pour rappeler à ht i/ie le§ personnes asphyxiées , 1816. II. De la sophistication des si^bs^ tances médicamenteuses et des moyens de la reconnaître. 181 5, z/i-8. Favre est aujourd'hui l'un dés pharmaciens de la capitale.
(5) Brueys ( Françoifr-Paul d'Aiguilliers , comte de) , frappé mortellement par un boulet.
(4) Casabianq^ (Lucio ou Lucien), commandant V Orient de 110 canons, périt avec son fils à la bataille d'Aboukir.
(5J Dupetit-Thouàrs , commandant Je Tonnant de 80 canons , tué à la bataille d'Aboukir.
(6) Au moment ou le capitaine Gillet fut mis hors de combat, il prit le commandement du Franklin , et fut également blessé. Feu de temps après la bataille d'Aboukir , il passa dans le service de terre comme adjudaut-géuéraï; il fut alors chef de la légion nautique , et périt à la prise du fort d'Aboukir,
(7) Il commandait le bâtiment V Italie ; sou équipage ayant été mis hors de combat , il se fit sauter pour ne pas tomber vivant 4iu pouvoir des Arabes.
Officiers blessés au poste d'honneur ou qui se signalèrent par des actions d'éclat.
Barre, capitaine de frégate (i). i
(i) Barré de Saint -Leu ( Jean-Baptiste^Henri ) , aujourdliui contreamiral en retraite ; né À Paris , département de la Seine , en lyôS , cheyaîier de l'ordre de Gincinnatus et comnumdant de la Légion-d'honneur.
Lors de l'expédition d'Egypte, il commandait PAlces te'fVRmiràlBrueyilt: chargea de sonder et de baliser les passes du port-vieaxd'AIexandrie.Il recon<- But qn'avec quelques précautions^ les vaisseaux de ligne pouvaient y entrer. Malheureosement cm négligea d'y chercher un abri , et l'escadre fut détruite presqu'eu eii entier dans la baie d'Aboukir, A la suite de ce désastre, Barré, envoyé près de l'amiral Nelson pour traiter de l'échange des prisonniers , déploya beaucoup de talens et d'adresse dans cette négociation qui eut poux résultat de renforcer l'armée française d'une grande partie des équipages des vaisseaux, pris ou brûlés par les Anglais. Barré continua de servir avec distinction en Egypte , où il reçut un sabre d'honneur, i^a malheureuse expédition de Saint-Domingue lui fournit de nouvelles occasions de signaler son zèle et son dévouement. Capitaine de vaisseau, commandant les forces navales restées au cap en i8o3 , il se trouvait dans la rade d^ cette ville , lorsque Dessalines et Christophe , au mépris d'un traité condn avec le général Bochambeau , se disposèrent & fiiire tirer à bouleta rouges sur les bâtimens français. La veille 4a jour fixé pour l'évacuation , le captuine Barré, envoyé à terre pour réclamer contre cette 'violation^ obtint , des chefs noirs , qu'ils ne recommenceraient les hostilités qu'après l'expiration du délai convenu. En 1812 , le capitaine Barré, commandant le vaisseau le Riifoli , fut pris par les Anglais après une action sanglante dans laquelle il eut cinq cent vingt-sept hommes hors de combat , et presque tous se» officiers tués ou blessés; lui-même fut atteint de plusieurs cqiips de feu.
Les débuts du capitaine Barré, dans la carrière navale, furent des plus brîIUns. Gaide-marine, et à peine âgé de seize ans , il passa k Boston pour combattre avec les insurgés. Durant la guerre qui assura l'indépendance des Etau-Unis , il se fit connattre par plusieurs actions d'éqjat , notamment dans un combat de cinq heures,, qu'une frégate américaine soutint contre nn vaisseau de ligne anglais ; retenu prisonnier de guerre à bord de ce der* nier biitiment, il tenta de s'en emparer en Êaisant révolter ses compagnons d'infortune^ mai» ayant échoué dxixB cette périlleuse entreprise, il courut
Blanquet Duchayla, çoatre-arairal (i).
Cambon, lieutenant de vaisseau (2)..
Collot^- enseigne de vaisseau (3).
Dalbarade , capitaine de vaisseau (4).
Decrès, contre-amiral (5).
nsque d'être puni dé mort , et fiit mi« aux fers jusqu'à stm arrivée à Plynouth où il fut jeté dans un cachet. Au retour de sa captivité , il reçut^ des Américains, la décoratiox^ de Cincînnatus. Depuis cette époque, Barré, rentré au service de France, a commandé, en 1791 , le brick Vlmpatient, armé au Havre et destin^ à une expédition secrète. ( On assure que ce bâtiment devait recevoir Lrfluis XVI et le conduire bors de France, s'fl eut réussi â .s'évader de Paris ). De 1793 à 1798, Barré remplit diverses misiAons bouorahU» ', il fut gouverneur des îles de Saint-Fierre et Miquelon , et commanda une division navale en station aux États-Unis.
(i) Dev^u depuis vice-amiral; à Aboukir , où il montait le JPrahklirif de 80 canons , il se battit jivec intrépidité contre le Bellérophôn, reçut un coup de fetpftà la figure et fut pris*
(2) Cambon (Pierre-Philippe ), né à la Canne , département du Tarn. Volontaire dans l'artillerie, il y devint officier en 1791 > et entra dans la marine militaire le 9 mai 1796 : il était lieutenant de vaisseau à Aboukir, où il commanda le Mercure de 74, en l'absence de Ferrée son capitaine : il fut grièvement blesse dans cette bataille , et fut peu de temps après élevé au grade 4e capitaine de frégate.
(3) Il fit partie de Vexpédition dirigée contre Suez.
(4) Commandait à la bataille d'Aboukir le Conquérant, de 74 canons*
(5) Decrès (Denis, le d^c), yice-amical, grand cordon delà Légion-* d'honneur, chevalier.de Saint-Louis; né en 1763, à Château-ViBain , département de la Marne* I.
Garde-marine à l'âge de 18 ans, il se\ronva le i3 avril 17S2 , sous les or^ dre$ du comte de Grasse , a bord du. Glorieux , dans le combat que ce vaisseau soutint contre le vaisseau aillais le Richemond, Sa conduite dans cette action, lui mérita des éloges. £n 1786, Decrès îat nonftné lieutenant de < vaisseau. Fendant les premières campagnes de la révolution, il remplit les fonctions d'aide^major général de la divisîqn de Vhnàt, et fut éltvé successivement aux grades de capitaine de vaîsseau-en 1793, de chef de division en 1795 , et de contre-amiral le 16 avril 1797. Il commandait en cette qualité , sur la Méditehranée, une division de Fesoadre àè Faminil Brueys.
DE LA GLOmE. 55
Emeriau, capitaine de vaisseau C0«
Etienne y idem (2).
Gantheaume, capitaine de vaisseau (5).
Bloqué par les Anglais dans l'île de Malte , il tenta d'en sortir le 7 raart 1800 ; pris dans la traversée, il fi|| conduit à Minorque; échangé quelque temps après , il revint eh France , et fut nommé préfet du 4*^ arrondlMement mariùme, à Lorient. Le i<" octobre 1802, il fut appelé au ministère de la marine et des colonies; le 10 mai i8b4y il fut créé viceâmiràl , chef de la 10* cohorte, et grand officier de la Légion-d'honneur. Le 1" février i8o5, l'empereur lui confia l'inspection générale des côtes de la Méditerranée^ et lui conféra le titre de duc en i8i5. En 1820, le vic8-amir»l Deexès est mort à Paris des suites d'un accident ëfireux.
(1) Emeriau (Maurice-Julien)^ vice-amiral, grand officier delà Légiond'honneur etpairde France, né àCarlaix, département du Finistère en 1763»
Il débuta dans la marine militaire en 1777. Admis dans ce coi^ps comme Tolontaire d'honneur, il assista sur V Intrépide au combat d'jDuessant ; fut cité à la prise de la Grenade ^ reçut des témoignages de Satisfaction du comte d'Estaing , pour sa belle conduite à l'attaque de la ville de Sar> vanah, pendant laquelle H fut blessé, et fut à Page de dix-sept ans, élevé au grade de capitaine de frégate, et décoré de l'ordre deCincînnatus. Capitaine de vaisseau, et bientôt après chef de file de Fàrmée, commandant la division d'avant-garde dans la campagne d'Egypte , £mei*iau entrA le premier dans Malte sur le vstisseau le Spartiate, suivit ensuite le sort de rexpéditioD , et fat atteint de deux blessures graves à la bataille d'Aboukir ^ depuis cette époque , il a successivement été nomnié contre -« amiral , préfet maritime de Toulon, et chef militak-e de ce port, vice-amiral, et eo i8i3, inspecteur-général des côtes delà Lignrie.
(2) B commandait P Heureux, de 74 canons , à la bataille d'Aboukir ^ et STait Gonmiaudé antérieurement le Northumberland , au combat du. 1*' juin 1794.
(3) dndieanime (le coiAte , Honoré), vice-amiral, gr»nd cordon de 1» Légion-^'honneur , commandeur de Sftint-Louis, pair de France j né en 1 759 à la Ciotat , dépaitemènt du Var." i^
D se destina de bonne heure au service de Ist marine, et débuta dans la guerre d'Amérique. Officier auxiliaire en' 1778, il se distingua au combat de la Orenade 5 se trouva ensuite sur Tescadre^du bailli de Suffren dans l'Inde, et devint lieutenant de vaisseau en 1788» En 1791 et 1792,
Gillet , capitaine de vaisseau (i).
Lejoille, idem (2).
Martin , idem (3).
Ferrée, capitaine de vaisseau (4),
il commanda mi vaisseau de la compagnie des Indes ; fut fait prisonnier en 1793; devint chef de division en lygS , et fut chargé d'une expédition dans l'Archipel , où il débloqua l'escadre française retenue da^s le port de Smyme. En 1799) il accompagna Bonaparte en Egypte, en qualité de chef d'état-major de l'escadre, et déploya beaucoup de talens et de sang-froid à la bataille d'Aboukir , où sa conduite lui valat le grade de contre-amiral. En 1802 , il fut désigné pour diriger l'expédition de Saint-Domingue. Nommé préfet maritime à Toulon , et ensuite vice-^amiral , il fut décoré du grand-cordon de la Légion-d'honneur le 1*^'^ février i8o5. En janvier 1808, il partit de Toulon pour ravitailler Corfou , bloqué alors par une escadre anglaise. De jrelour le io avril , il fut appelé à l'inspection générale des côtes de l'Océan. Après la seconde rentrée des Bourbons en i8i5,Gantheaume fut créé pairie France et conunandeur de Saint-Louis. Cet amiral est mort le 28 septembre 1818.
(1) Commandait à Aboukir le Francklin , de 80 canons , et fut blessé grièvement. Le Franklin était monté par Blanquet Duchayla.
(2) Commandait à Aboukir le Généreux, de 74 canons. Au combat du 1"' juin 1794, il avait commandé la fî'égatc VAlceste, Cet officier, /l'un des plus distingués de la marine française , fut tué en 1799 , devant le Château-de-Mer (îles Ioniennes].
(3) Commandait à la bataille d'Aboukir , la Sérieuse, de 36 canons.
(4) Ferrée (Jean-Baptiste-Emmanuel), devenu contre - amiral 5 né à Saint- Valéry, départénient de la Somme ^ en 1762.
Il fut succeiBsivemeut mousse, timonier, pilolin , aspirant et enseigne de vaisseau. De 1786 à 1793^ ilpaixourut les mers du Nord, et fut, à son retour , promu au grade de lieutenant de vaisseau. En l'an 3 , il fbt chargé d'uue mission près du gouvernement de Tunis ; se rendit de-la à Bone et à Alger , et ramena vingt-cinq prises dans les porU de France. Le 17 germinal an 5, il fut nommé capitaine de vaisseau et chef de division -y il fut un des marins qui suivirent Bonaparte en Egypte. Arrivé à Alexandrie , i) soutint, sur le Nil, un combat inégal et des plus opiniâtres. L'intrépidité dont il fit preuve dans cette occasion, où il fut grièvement blessé, lui valut le
dbyGobgk
Raccord, capitaine de vaisseau (t).
Saulnier idem (2).
Soleil , capitaine de frégate (3).
Standelet , idem (4).
Thëvenard , capitaine de vaisseau (5).
TruUet aîné , idem, (6),
Truliet cadet idem (7 ).
Villeneuve, contre^amiral (8).
brevet de contre-amiral, et un sabre dont Bonaparte lui fit présent. Perrw, avec une faible division , porta de puissans secours à Farmée qui assiégeait Saint-Jean-d'Acre^ et croisa pendant quarante-deux jours sur la côte de Syrie, entre deux'divisions ennemies dont chacune était de beaucoup supérieure à la sienne. Au mois de frimaire an 8 , il reçnt Tordre de raviuiller Malte , et détruisit, pendant la traversée , plusieurs bâtimens anglais : assailli^ le TTj pluviôse, par des forces imposantes , il eut la cuisse droite coupée par un boulet et expira peu de temps après. Son corps fut inhumé à Syracuse, le 2 ventôse.
(i) Commandait U Peuple Souperain , dès^4 canons , et fut blessé à h bataille d'Aboukir.
(a) Voyez, tome i'^' des Fastes , page 446.
(3) Aujourd'hui capitaine de vaisseau, commandait i Aboukir la jyiane , de 4o canons.
(4) A Aboukur^ il commandait Vjirthémise , de 36 canons^ et plus tard une fLotiUe.destinée au transport de Fartillerie et des munitions , pendant le siège de Saint- Jean -d'Acre.
(5) A la bataille d' Aboukir, il commandait /'u^^ui/on, de 74 canons.
(6) n commandait /« Guerrier, de 74 canons, et fut, pendant la ba- Uille d'Aboukir , le seul qui eût le bonheur d'échapper aux coupa de Fennemi;
(7] Commandait le Timoléon, de 74 canons, àla bauille d' Aboukir.
(8) Villeneuve ( Pierre - Charles - Jean-Baptiste-Sylvestre ) , contreamiral.
Après avoir servi avec distinction dans ksgrades inférieurs , Villeneuve devint capitaine de vaisseau en l'an a de la république. En Fan 5 , il commanda une divison qui sortit de Toulon le 9 frimaire^ et fit voile pour e réunir à Fescftdre de Brest ] Villeneuve passa devant Gibraltar, et écfaap-
Villeneuve , capitaine de frégate ( i ). '
A la suite de cette longue liste se trouvaient inscrîls les noms des savans artistes , médecins et autres Français qui, hors des emplois militaires, avaient rendu des services à Parmée par leurs talehs, leur zèle, leur activité et leur dévouement. L'Institut d'Egypte se trouvait en première ligne ; il se composait ainsi :
Classe des mathématiques, Andréossy (2) , ^ . . . •
pa à la vigilance delà flotte anglaise qui s'y trouvait reunie. Dans le mois de pluviôse an 5 , il fit partie de l'expédition d'Egypte; ce fut lui qui, dans le combat d'Âboukir, prit le commandement après la mort de l'amiral Bnieys ; rallia les vaisseaux qui n'étaient pas tombés au pouvoir de l'ennemi , et les conduisit a Malte , dont la défense lui fit ensuite beaucoup d*bonneur. En l'an a , il fut charge du commandement des forces navales à Cayenne et aux îles sous le vent : vice-amiral en juin i8o4, et chef de l'escadre de Toulon au mois de septembre suivant, il fit sa jonction avec l'eS' cadre de Cadix, se rendit aux lies du Vent , revint en Europe, et, ayant rencontré la flotte sous les ordres de l'amiral Calder, il l'attaqua, perdit deux vaisseaux espagnols^ conserva l'avantage du vent et rentra au Ferrol. En octobre i8o5,' Villeneuve à la tête des forces navales combinées d'Espagne et de France, livra aux Anglais, près du cap Trafalgar., un combat où les trois quarts de ses vaisseaux furent détruits ou pris , lui-nrême fut emmené tn Angleterre sur le vaisseau le Bucentaure, de quatre-vingts canons. Renvoyé en France, il avait fixé sa résidence à Rennes, lorsque , croyant son honneur compromis par une défaite dont les suites avaient été si funestes à sa patrie, il se donna la mort le aS avril 1806.
(1) . Commanjdait , à la bataille d'Aboukir , la Justice , de 4o canons.
(a) Andréossy ( le comte Antoine-François) , général de division, d'artillerie , et Fun des inspecteurs généraux de l'arme , grand-aigle de la Lé-^ gion^'honneur , commandant de l'ordre de la Couronne de fer , grand chancelier de Tordre des trois Toisons-d^Or , etc.
Comme membre de l'institue ibrmé au Caire , il fut chargé de plusieurs travaux . scientifiques ; il observa et décrivit divers points imporuns ,
DE Lk GLOIRE. Bq Beauchamps (i), Bonaparte (2), Bouchard (3),Costas (4), Dagua(5)
tels qae la rade de Damiette, l'embouchure du Nil , le lac de Menzaleh, les vallées de Natrou , etc. Deux mémoires , qu'il a écrits sur ces opér»tioDSy font partie da grand ouvragé dé la commission d'Egypte.
(1^ Beauchamps (Joseph) , astronome, consul français , correspondant d£ VÂcadémie des sciences et membre de l'Institut de France , né à Vesoul, département de la Haute-Saône.
11 était consul à Maseate , en Arabie, lorsque Bonaparte l'appela en Bgjpte, où, arec Nouet, il dressa un aUnanach contenant cinq calendriers, celui de la république française, et celui des églises romaine, grecque , oophte et musulmane. Envoyé à Consuntinople-avec une mission secrète, il Ait pris pai' les Anglais et livré aux Turcs comme espion : dans cette circonstance , il ne dut la vie qu'à l'intervention pressante des ambassadeurs d'Espagne et de Russie. U fut enfermé dans un château sur les bords d,e la mer Noire, où il demeura trois ans, et d'où il ne sortit qu'en 1801. Il mourut en arrivant à Nice, le 19 novembsede la même année , au moment où il venait d'être nommé commissaire des relations commerciales à Lisbonne. On doit à Beauchamps une foule d'observations astronomiques , une carte du cours du Tigre et de l'Euphrate , depuis DiaA>ekir jusqu'à Bassora ; et une autre de la mer Caspienne , dont û avait déterminé la situation. Ce savant, qui avait appartenu à l'ordre des Bernardins , était^l'ami et l'an des nombreux élèves du célèbre Lalande. Beauchamps a pubfié , dans le Journal des Savans , des relations de divers voyages en Perse , à Baisora et dans d'autres lieux , plusieurs firagmens sur les mœurs et les antiquités du Levant. Ses travaux les plus impor* tans ont été consignés dans le grand et magnifique ouvrage sur l'Egypte.
(3) Ge fut par ses soins , sous sa direction et d'après ses vues , que furent entreprises toutes les explorations qui eur^t lieu en Egypte.
(3] n fut choisi pour accompagner le général Andréossi dans la re« connaissance du lac Menzaldi.
(4) Costaz. ( le baron Louis ) , officier de laXégion-d'honneur , né danjB le Bugey , à Belley , département de l'Ain.
Il fut chargé de créer plusieurs établissemens industriels et manultcturiers , utiles au pays et à l'armée. Il rédigea aussi un jouinal.
(5) Voyez f article Dugua , tome lY des Fastes , page 12^. .
6o LES FASTES
Fourier ( i ), Girard (2), Lanorey (5), Leroi (4), Malus (5) , * .
(1) Fourier ( le baron Jean-Baptiste-Joseph). U était professeur à l'école polytechnique , lorsqu'il demanda à faire partie de Vexpédition. A son retour en France, il fut nommé préfet du département de Flsère^ pendant les cent jours il administra le département du Rhône.
(2) Girard (Pierre - Simon), ingénieur des ponts et chaussées, membre de la première classe de Tlnstitut , section de physique générale, né à Caen, le 4 noTembre 1766 , département du Calvados.
En 1792, il publia sm* les écluses un mémoire qui fut couronné par FAcadémie des sciences. En 1793 , il fit partie de Farmée d'Orient. II traça arec soin le plan d'Alexandrie , et fit un trayail fort étendu sur tous les canaux de la Haute-Egypte. Il a fourni , dans la collection in-8.® , des mémoires sur cette contrée , plusieurs morceaux relatifs aux mesures agraires, à l'agriculture ^ à la contribution foncière du pays , etc. On trouTe aussi de lui , dans la Décade Egyptienne , tome III, un mémoire curieux sur Vagriculture et le commerce du Saïd; et dans le tome l.^'^ > nne intéressante notice sur l'aménagement et le produit des terres dé la proi^incede Damiette, L'ingénieur Girard a été chargé des travaux du canal de l'Ourcq, dès le commencement de cette grande entreprise en 1802, et ensuite de la direction générale des fontaines de Paris.
(5) D dirigea plusieurs constructions maritimes , fit la reconnaissance d'Abou-Menedge , et dirigea les travaux du. canal d'Alexandi'ie.
(4) Euit ancien ingénieur - constructeur de la marine. Sa coopération fut de la plus grande utilité pour établir la navigation sur le Nia.
(5) Malus ( Etienne - Louis) , colonel du génie , membre des Instituts de France et d'Egypte , officier de la Légion-d'honneur ^ né à Paris , département 4e la Seine.
Parmi les trop nombreuses omissions de la Biographie militaire , qui lait le complément de l'immense ouvrage des Victoires et conquêtes, celle du nom du colonel Malus est, sans contredit, l'une des plus étranges : nous nous estimons beureut d'être les premiers à rendre à cet officier distingué une partie de la Justice qu'il mérite.
Malus , encore enfant , se destûia à la carrière des lettres : ses dispositions furent précoces et ses progrès rapides. En 1793, il composa une tragédie en cinq actes et en vers, intitulée : la Mort de Caton. U était à
DE LA GLOIRE- 6i Mtcbâin (r) ,
peine âgé de dixrsept ans, et la réflexion lui montrait déjà que l'époque qui allait salyre serait moins celle des poètes que celle des penseurs et des saTana. Four Tivre comme son siècle et dans son siède , il s'adonna aur mathématiques , et se fit l'ecevoir à Fécole du génie. Il allait en sortir avec le rang d'officier , lorsqu'il fut repoussé comme suspect par les bu-^ reaux du ministre Boucholte , et perdit ainsi tout espoir d'aTancement. Mais son dévouement à la patrie ne s'éteignit point par cette injustice : le territoire était menacé, il s'enrôla dans les bataillons qui allaient défendre la fiiontière , et marcha avec le i5® des volontaires parisiens. Malus ne tarda pas à être remarqué : en 1793, il seconda avec beaucoup d'habileté les officiers du génie employés aux travaux des fortifications de la p]ac« deDunkerque, et fut bientôt après appelé à l'école poIytechnique.il y montra, à son arrivée, une aptitude et des talens extraordinaires y mais la force dame , l'énergie et l'impatience de son caractère lui firent abau-^ donner la carrière dos sciences pour celle des armes. Il suivit Bonaparte en Egypte, et fit , avec Lefebvre , la reconnaissance du canal de Moëz. A wa retour , ses organes afiaiblis, et sa santé détruite dans ses sources pa^ deux atteintes de la peste, ne lui permirent plus de soutenir habituellement les fatiguas de la guerre. Il fut chargé de diriger des constructions importantes , et , ce qui eût été pour tout autre. une tâche difficile et pénible, devint pour lui une sorte de délassement ; il consacrait aux sciences tous ses loisirs , et ne fut pas long-temps à prendre place au premier rang parmi lès inventeurs. Les savans français et étranger^s'empressèrent également de reconnaître la transcendance de ses talens» La classe des sciences de l'Institut le reçut au nombre de ses membres, et la société royale de Londres lui décerna une méfia ille d'or. L'empereur avait résolu de lui confier la direction des études de cette école polytechnique qu'il avait tant chérie, et dont il connaissait si bien le but et les avantages , lorsque , le 27 février 1S12 , la mort vint le frapper et l'enlever à l'Age de trente-sept ans à ses nombreux amis. Il tomba dana sa fleur , au moment où , honoré d'emplois éminens , qu'il ne devait qu'à son vaste savoir^ k ses services, à sa probité , et déjà cé-^ lèbre depuis quatre ans par de grandes découvertes, il voyait s'ouvrir de»vaut lui un brillant avenir de travaux et de gloire*
(1) Méchain (Pierre-François-André ), astronome, membre de l'Âca-» demie des sciences et de l'Institut national , n#en l'J^ , àL'aon, département de l'Aine.-
Méchain ayant montré de bonne heure' des dispositions pour l'astro-
Monge(i), Nouel (2), Peyre (3), Gueshot , Say (4).
nomie, se lia avec Lalande , qui , en 179a , le fit venir à Paris. Epris de la science , il travailla avec ardeur , et , dès le i5 août 1774 , il présenta à l'Académie un mémoire sur une éclipse qu'il avait obsei'vée à Versailles le 11 aviil. Il était alors attaché au dépôt de la marine , où il a fait d'immenses calculs pour la peifection des cattes. 11 découvrit et traça la marche de plusieurs comètes, remporta, en 1781 , le prix de TAcadémie sur la comète de 1661 , dont>oti espérait le retour pour 1790, et fut admis dans le premier des corps savans de l'Europe^ £n I79a> il fut chargé, avec Delambre, du grand travail de la Méridienne, depuis I>unkerqtie jusqu'à Barcelonne. De retom' en 1798, il suivit Bonaparte en Egypte, où , avec Nouet , il détermina les latitudes d'Alexandrie , du Caire , de Salahié , de Damiette et de Suez. En i8o3 , il voulut compléter l'opération qu'il avait commencée avec Delambre , et partit afin de prolonger la Méridienne jusqu'aux îles Baléwes. Après avoir surmonté des obstacles et des difficultés sans nombre, il avait reconnu toutes les stations, et en avait terminé trois , lorsqu'il mourut le 20 septembre l8o4, emporté par une fièvre que Tair des marécages et des rivières fait régner périodiquement chaque année sur la côte de Valence. Méob^iin est auteur de plusieurs ouvrages astronomiques singulièrement estimés.
(1) Monge ( Gaspard ) , comte de Peluse, ancieu ministre delà mariné , sénateur , grand* officier de la Légion-d'honneur , grand-croix de l'ordre de la Réunion ,pair de France, meml^re de l'Institut, né à Beaune, département de la Côte-d'Or.
Gaspard M'onge était fils d'un coutelier. H s'illustra par de grandes découvertes et par un beau caractère. II suivit Bonaparte en Egypte , et contribua à répandre dans ce pays , des idées et des connaissances toutes louVeUes pour les peuples qui l'habitent. Le célèbre Lagrange disait de Monge qu'il était doué de beaucoup d'imagination , et qu'il possédait le génie au plus haut degré : M'Monge, ajoutait-t-il , ^5* un savant qui ne sait pas faire le courtisan; Laplace , au contraire, est un courtisan qui ne sait pas faire le savant. x> Nous rapportons cette opinion* singulière , sans cependant en parlagêl: l'exagération.
(2) Nouet. Il détermina , avec Méchain , les latitudes iFÂlexandi'ie , du Caire, de Salahié, de Damiette, de Suez.
(3) n leva \e plan d'Alext&drie', et fit plusieurs projeU d'embcUissemens pour le Caire. ,
(4} Voy^z ton)e IV des Fastes^ page 285, aiticle Say.
Classe de physique el histoire naturelle*
Arnolet (i) , BerthoUel (2), Champy père et fils (3), Conté (4), Delisle (5), Descotils (6), Desgenettes (7),
(i) Arnolet et Champy fils reconnurent les bords de la Mer-Houge , et eu obsenrèrent les minéraux.
(2) BerthoUet ( le comte Claude - Louis ) , membre de FAcadémie des sciences de Paris , de la société royale de Londres , de celles de Turin, Harlem, etc., ancien sénateur, pair de France, né à Talloire , département du Mont-Blanc.
fin 1795, BerthoUet, Pun des premiers cliimistes de notre âge, suivit en Egypte Bcmaparte, avec qui U s'était li,é en Italie, Ce fut pendant le cours de Texpédition , qu'examinant les lacs de !Natnim , il vit que la formation du carbonate de soude avait lieu par une décomposition contraii e aux lois des affinités ordinaires. Il étudia ce phénomène, et reconnut que la puissance des masses changeait l'ordre des attiactions. Il appliqua cette' nouvelle loi aux anomalies , et parvint à les expliquer. Berthollet , après avoir signalé son patriotisme par des travaux qui fuirent utiles à l'armée d'Orient, revint en France vers le milieu d'octobre 1799. Bonaparte , qui avait apprécié son mérite et ses servicef , le cdmbla de faveurs et de dignités.
(3) Ils créèrent et dirigèrent des ateliers pour la fabrication de la poudre à canon.
(4) Chef du corps des aérostiers. Conté , doué du génie Ir pins m-» dustrieux, étonua les Français eux-mêmes par la multitude de ses. ÎDventious et par ses talens en physique et en mécanique. Cet homme vraiment extraordinaure , éleva , dans les murs du Caire , des fonderies, des usines et manuÊictures de tons genres, d'où sortirent des canons, de» boulets , de l'acier, des sabres, des inslrumens d'optique , de mathématiques et d'agriculture ; des inécaniques^v des draps , des toiles peintes , du carton , du papier, enfin presque tous les produits des arts européens : toutes ces créations avaient Ifeu comme par enchantement. L'œil étonné des Egyptiens vit pour la premièi*e fois des moulins à vent «ur les hauteurs du Mokatan.
(5) Il fit un herbier des plantes de la Basse-B^pte. ^ * , (6) Il fit plusieurs explorations utiles.
(7) Desgenettes (René — Dùfriche), parent de Dufriche Vakzé; ins* -:
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pecteur-gén^al da service de santé , médecin en chef des camps et armées , professeur k PÉcoIe de médecine, commandant de la Légion-d'honneur, membre des sociétés de médecine de Paris , de Londres / de Montpellier , de Lyon, de Marseille, des académies et sociétés littéraires de Rome^ Bo^ logne^ Florence , Sienne, Tortone, Rouen, Âlençon, etc.; né en 176a à Alençon, département de l'Orne.
Après avoir commencé ses études en pnovincc , Desgenettes fut envoyé à rage de quinze ans à Paris, dans la communauté de Sainte-Barbe^ où il passa deux années. Au sortir de cette maison austère et principalement destinée à former des ecclésiastiques , il se livra %. des études plus variées , dans lesquelles il fut dirigé par une femme aimable et d'une grande instruction , que des infirmités accablèrent avant l'âge et précipitèrent au tombeau 9 c'était madame de Pommerai du Oage^ son alliée , dont Linnée a imnoorta- Usé le nom et consacré les connaissances en botanique. Desgenettes fi.-équenta le collège de France et le goût des sciences qui servent d'introduction et de base à la théorie de la médecine, le disposa à embrasser cette pro* ifession. Le célèbre Pelletan , dont il suivit les leçons , ne tarda pas à reconnaître en lui un sujet de la plus haute espérance j après trois ans de travaux assidus, Desgenettes obtint le doctorat.
Il fit alors un voyage en Angleterre, et fut accueilli, quoique fort jeune , dans la société du chevalier jjSanks et de plusieurs médecins distingués de Londres. Dix-huit mois après son retour à Paris, il partit pour l'Italie, où il resta depuis 1786 jusqu'en 1789.
Là il cultiva l'amitié du célèbre et malheureux Dolomieu , celle de Scarpa , de Félix Fontana , de Mascagni , de Fabroni^ de Cottugno , de Cirillo, de Girardi , de Rosa,.etc. A Montpellier , où il se jour oa près de trois ans , il eut également d'honorables liaison» avec Barthez , Fouquet et Gouan , qui étaient l'ornement de cette fameuse école.
Revenu à Parb en 1792 , DesgeneUes demanda à servir la patrie dans les armées qu'elle était i^rcée d'opposer à l'invasion étrangère ; et , dès ]« commencement de 1793, il fut nommé médecin ordinaire de l'armée d'Ita- ' lie; ce fut à cette époque que s'ouvrit sa carrière publique.
Dès ses premiers pas il montra le plus grand zèle pour la conservation des soldats, et fut chargé des postes et des établisseraens où il y avait le plus de difficultés àvaiucre^es circonstances ayant obligé de réunir le» principales forces de l'armée sur le territoire génois, Desgenettes fut envoyé ^ar Lorentz , médecin en chef de l'armée , pour le .remplacer dans celte iin^
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maise dWision qai se trouvait sous les ordres delfasséna. D y déploya une tclÎTitë étônnaate ; il dirigeait , surreillait par sa correspondance ou sa prë~ lence tout le service médical , et quand il ne parcourait pas les cantonnemens , les campemens , les magasins de subsistances , les hôpitaux d'Oneille à Oimiéa et d'Oneille à Yado, il pratiquait lui-même à Loano, et se chargeait toujours des cures les plus diflîciles. Son crédit fondé sur des succès inespérés, et sur son courage à protéger les malades contre la rapacité de plusieurs agens , fut encore augmenté par l'éclat avec lequel il parut souvent devant les conseils de guerre comme défenseur nonomé d'office.
n contracta y dans ces travaux pénibles et dangereux , une fièvre putride, k laquelle il aurait probablement succombé sans les soins que lui prodigua , à Albenga, Vamitié du général en chef Masséna. A peine convalescent , il se rendit à Toulon pour y prendre les fonctions de médecin en chef d'une expédition qui échoua par l'impéritie ou la trahison. Trois mois après il fut destitué; mais cette disgrâce que lui avaient attirée les intrigues de quelques employa ministérids irrités de sa probité , ne pouvait être de longue durée. A la formation du Directoire exécutif, Desgenettes, sur la proposition de l'ordonnateur Ghauvet , secrétaire-général du ministère de la guerre , fut nommé médecin ordinaire de l'hôpital mili<^ taire de Paris , et peu de temps après , médecin en chef de l'armée d'An- ^^terre. H venait de se marier lorsqu'il reçut l'ordre de s'embarquer avec les troupes destinées à l'expédition d'Egypte ; ce beau choix suffirait seul pour sa gloire ; il saisit avec ardeur les espérances que ce voyage présentait aux amis de l'humanité, et dès qu'il fut aux bords du Nil, il conçut le sublime projet de fiiire siur le trépas de nouvelles conquêtes ; le succès couronna ses efforts ,et la mort étonnée lui céda ses victimes.
Des rapports officiels et multipliés ont fait connaître à l'Europe entière son dévouement magnanime dans la campagne de Syrie , et surtout pendant le mémorable siège de Saint-Jean-d'Acre; c'est là que furent dits de lui , par le plus juste appréciateur du courage , ces mots qui retentiront dans la postérité la plus reculée : descenettes est monté a la bhèchb p£ SA vaoFEssioir.
Le général Berthier s'exprime ainsi sur son compte * c^ Le médecin en s chef de l'armée parcom*t les hôpitaux , visite chacùh de malades et calme » d'abord leur ijnagination effrayée. Il soutient que les bubons qu'ils pren- ^ nent pour des symptômes de peste , appartiennent à une espèce de fièvre » maligne qu'il est très-facile d'extirper ayec des soins et dçs ménagemensj